Valence : incendie spectaculaire dans un immeuble de 14 étages en Espagne
Ce qui a frappé les pompiers arrivés au pied de l'immeuble d'El Campanar, dans la soirée du jeudi 22 février 2024, ce n'est pas la taille du feu. C'est sa vitesse. Un incendie parti du quatrième étage d'une tour de 14 niveaux avait gagné la façade entière en quelques dizaines de minutes, sous les yeux des riverains qui filmaient depuis le trottoir. Un bâtiment de logements ne brûle pas comme ça, sauf si son enveloppe extérieure y participe.
Une propagation par l'extérieur, pas par les cages d'escalier
Les images diffusées en direct sur les télévisions espagnoles montrent des flammes qui courent verticalement le long des murs, avec une fumée noire épaisse, très différente de celle d'un feu de mobilier. Des architectes espagnols ont pointé dès le premier soir le revêtement de façade de cet immeuble livré au milieu des années 2000, un système de panneaux dont le cœur isolant peut se comporter comme un combustible une fois la première flamme installée. La comparaison avec la tour Grenfell, à Londres en 2017, est venue dans la même heure.
Le vent a fait le reste. Ce soir-là, des rafales soutenues balayaient la ville, et plusieurs témoins ont décrit un bâtiment qui s'embrasait « comme une botte de paille ». Les secours ont travaillé dans ces conditions: 22 équipes de pompiers, 8 unités médicales, un hôpital de campagne monté sur place pour trier les blessés sans les évacuer un par un vers les hôpitaux de la ville.
Les sauvetages racontent l'urgence mieux que les chiffres. Deux personnes bloquées sur leur balcon ont été récupérées à la nacelle, en direct, devant des caméras. A l'intérieur, les secours ont tendu de grands tapis dans les parties communes pour que des résidents piégés puissent sauter d'un niveau à l'étage inférieur. Ce genre d'improvisation ne figure dans aucun manuel.
Les réactions politiques sont tombées dans la soirée. Le maire de Barcelone, Jaume Collboni, a adressé un message de solidarité aux victimes et à leurs proches. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s'est dit consterné et a proposé toute l'aide de l'Etat aux autorités locales.
Reste la question que la ville aura à trancher: combien d'immeubles construits dans les années 2000 portent la même façade que celui d'El Campanar. Le parc espagnol compte des milliers de tours résidentielles montées pendant la bulle immobilière, avec des matériaux qui répondaient aux normes thermiques de l'époque. Personne, ce soir-là, n'a voulu avancer un chiffre.
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