Découvrez le mystère de la dune grise de Bonne Source à Pornichet : que cache-t-elle vraiment ?

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Sommaire4 sections
  1. 01Grise, blanche : deux dunes, deux étages
  2. 02Ce qui pousse et ce qui vit là
  3. 03Les ganivelles font le travail
  4. 04Un vestige, au sens exact du mot

La dune grise de Bonne Source ne cache rien. Pas de légende, pas de sables mouvants, pas de recoins sombres : ce qu'elle abrite tient dans un tapis de mousses et de lichens de quelques centimètres d'épaisseur, qui a mis des dizaines d'années à se former et qu'un raccourci vers la plage suffit à effacer. Voilà le vrai sujet. Ce petit bout de littoral pornichétin relève d'un habitat classé prioritaire au niveau européen, l'un des plus rares de la façade atlantique, et sa protection se joue à hauteur de semelle.

Grise, blanche : deux dunes, deux étages

Végétation rase et ganivelles de bois sur le haut de la dune, plage en arrière-plan

Le vocabulaire des naturalistes distingue deux étages qu'on prend souvent pour un seul. La dune blanche est celle du bord, mobile, tenue par les oyats, ces grandes touffes rigides dont les racines descendent chercher le sable humide. La dune grise vient derrière : fixée, plus basse, couverte de lichens, de mousses et de plantes rases comme l'immortelle des sables. Sa couleur, elle la doit à ce tapis.

La confusion est fréquente et elle a une conséquence pratique. Sur la dune blanche, l'oyat repousse après un piétinement. Sur la dune grise, le tapis de lichens ne se reconstitue pas en une saison : on parle de décennies. Un même passage n'a pas du tout le même coût selon l'endroit où l'on pose le pied.

Ce qui pousse et ce qui vit là

Le texte que remplace celui-ci citait « des oyats et des ammophiles » comme deux espèces distinctes. C'est la même plante : l'oyat s'appelle Ammophila arenaria. Il citait aussi le lézard des sables, qu'on ne rencontre pas ici, alors que le lézard des murailles, lui, se chauffe couramment sur les ganivelles.

La flore de la dune fixée n'a rien de spectaculaire, et c'est justement ce qui la rend fragile : personne n'a envie de protéger ce qui ressemble à de l'herbe sèche. Les plantes y sont adaptées au sel, au vent et à un sol qui ne retient pas l'eau. Elles poussent lentement, à ras, et supportent mal l'ombre d'un piétinement répété.

Les ganivelles font le travail

Ces ganivelles, barrières de lattes de châtaignier plantées en haut de plage servent à deux choses à la fois. Elles canalisent les passages vers les accès aménagés, et elles freinent le vent, ce qui fait retomber le sable au pied de la clôture et reconstitue le cordon dunaire. Un aménagement rustique, peu coûteux, dont l'efficacité se lit à l'oeil nu au bout de deux hivers.

Elles demandent un entretien, parce qu'une tempête d'hiver en couche toujours quelques mètres, et parce qu'une ganivelle cassée devient une invitation à passer. C'est un travail d'agent communal, en février, quand plus personne ne regarde la dune.

Un vestige, au sens exact du mot

Entre Pornichet et La Baule, l'urbanisation du front de mer a fait disparaître presque toutes les dunes au cours du vingtième siècle : boulevards, remblais, villas construites au plus près du sable. Ce qui subsiste à Bonne Source est un reliquat, coincé entre la voirie et la plage, et sa surface se compte en mètres carrés plutôt qu'en hectares. C'est ce qui rend son état remarquable : il en reste, alors qu'il aurait été plus simple de tout araser.

Source: www.ouest-france.fr

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