La controverse des pièces de 2 euros offertes aux écoliers pour les JO : une opération évaluée à près de 16 millions d'euros

La distribution de livrets et de pièces aux écoliers pour les JO passe mal Un petit kit pédagogique doit être distribué aux quatre millions d'élèves du CP au CM2. Une opération à 16 millions d'euros déjà critiquée...

Le chiffre qui a mis le feu aux poudres en février 2024 est un chiffre rond : près de 16 millions d'euros pour offrir à des écoliers un kit pédagogique sur les Jeux olympiques, pièce commémorative de 2 euros comprise. Ce montant a circulé pendant une semaine sans jamais être ventilé. Or, selon ce qu'on met derrière, il ne raconte pas du tout la même histoire, et c'est précisément ce flou qui a nourri la polémique.

Ce que le ministère a annoncé, et ce qu'il n'a pas détaillé

L'opération, présentée par le ministère de l'Éducation nationale, consistait à envoyer dans les écoles un kit autour des Jeux de Paris 2024 : supports pédagogiques et pièce commémorative frappée par la Monnaie de Paris. Le principe se défend, l'année olympique étant un support de cours commode pour parler d'histoire, de géographie ou d'éducation civique.

Ce qui n'a pas été communiqué, c'est la ventilation. Combien pour la frappe, combien pour l'impression des livrets, combien pour l'acheminement vers plusieurs dizaines de milliers d'écoles ? Sans cette ligne à ligne, le débat s'est réduit à un affrontement entre un chiffre unique et une intention.

Les syndicats parlent d'opération de communication

Les organisations syndicales de l'enseignement ont dénoncé une dépense de vitrine. Leur argument portait moins sur le montant que sur l'ordre des priorités : remplacements non assurés, effectifs par classe, matériel informatique vieillissant. Des enseignants ont aussi fait remarquer qu'un objet de 2 euros distribué à des enfants pose des questions très concrètes de classe, entre l'élève qui la perd le jour même et celui qui la fait circuler dans la cour.

Le ministère, de son côté, mettait en avant la dimension mémorielle : une pièce que l'on garde, un objet daté qui reste dans un tiroir vingt ans après. L'argument n'est pas absurde. Il ne répond simplement pas à la question posée, qui était celle du moment choisi.

Reste une question que la controverse a laissée de côté : que sont devenus ces kits une fois arrivés dans les écoles, y compris dans les classes de Loire-Atlantique ? Aucun bilan pédagogique de l'opération n'a été rendu public. Sur une dépense présentée comme un investissement éducatif, c'est peut-être le vrai reproche à formuler.

Résumer cet article avec :

Partager :