Attention à l'interdiction des cheminées à foyer ouvert dans certaines régions
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Non, votre cheminée à foyer ouvert n'est pas interdite en Loire-Atlantique. La rumeur circule chaque automne, portée par des titres qui parlent d'interdiction sans préciser où ni pour qui. La réalité de la réglementation, telle qu'elle se présentait à l'automne 2023, tient en deux lignes : le foyer ouvert est proscrit dans les constructions neuves depuis 2022, et son usage est restreint dans Paris et une partie de l'Île-de-France. Partout ailleurs, un foyer ouvert existant peut servir, à deux conditions. Le reste de cet article explique ce qui s'applique vraiment quand on habite l'ouest, et pourquoi beaucoup de propriétaires changent quand même d'appareil.
Ce que dit le texte de 2022, et ce qu'il ne dit pas
La réglementation thermique applicable aux constructions neuves depuis le 1er janvier 2022 écarte de fait le foyer ouvert des maisons récentes, en raison de son rendement et de ses émissions. Elle ne concerne que le neuf. Une maison de 1975 avec sa cheminée d'origine n'est pas visée, et personne ne viendra la murer.
Le cas parisien est différent et repose sur la qualité de l'air francilien. Le préfet y a limité l'usage du bois de chauffage d'agrément dans certaines communes, avec des variations selon les épisodes de pollution. Des dispositifs comparables existent dans d'autres bassins d'air, la vallée de l'Arve en Haute-Savoie notamment, où le chauffage au bois non performant est encadré depuis plusieurs années. La logique est toujours la même : une cuvette, un air qui stagne, des particules qui s'accumulent. Le littoral atlantique, ventilé en permanence, n'a pas ce problème, et rien n'indique qu'un arrêté de ce type y soit envisagé.
Pourquoi un foyer ouvert chauffe si mal
Le mécanisme est simple à comprendre une fois qu'on l'a vu. Le tirage aspire l'air de la pièce, l'air chaud monte dans le conduit et part sur le toit, et de l'air froid entre par les défauts d'étanchéité de la maison pour le remplacer. Vous chauffez le rayonnement devant l'âtre et vous refroidissez le reste du logement. Dans certaines configurations, le bilan thermique d'une soirée de flambée est même légèrement négatif pour la maison entière : le salon est agréable, les chambres sont plus fraîches qu'avant.
S'ajoutent les particules fines. Un foyer ouvert en émet nettement plus qu'un appareil fermé récent, et une partie reste dans la pièce, ce qui pèse sur les personnes asthmatiques et les jeunes enfants. Et le risque d'incendie : une braise projetée sur un parquet ou un tapis, pendant qu'on est parti chercher une bûche, est la cause banale d'un sinistre domestique que le pare-feu aurait évité.
Passer à l'insert ou au poêle : le calcul
Poser un insert dans un âtre existant coûte le plus souvent entre 2 500 et 5 000 euros, tubage du conduit et pose comprise. Un poêle à granulés se situe dans la même fourchette, avec l'avantage de la programmation et de l'alimentation automatique, et l'inconvénient d'un ventilateur audible et d'une dépendance à l'électricité. Un poêle à bûches reste plus simple et plus silencieux, mais il faut le recharger et disposer d'un endroit sec pour stocker les stères.
Les aides existent et elles conditionnent la décision. MaPrimeRénov' finance l'installation d'un poêle à bois ou à granulés, avec des montants qui dépendent des revenus du foyer, à condition de passer par un professionnel qualifié RGE. Les certificats d'économies d'énergie s'y ajoutent souvent. Le point de vigilance porte sur l'ordre des démarches : le dossier se dépose avant la signature du devis, et un devis signé trop tôt fait perdre l'aide. C'est l'erreur la plus courante, et elle est irrattrapable.
Ce qu'il faut surveiller
Trois choses peuvent changer la donne pour un propriétaire de l'ouest, sans qu'aucune ne relève de l'interdiction pure et simple. Le règlement de copropriété d'abord, qui peut condamner les conduits lors d'un ravalement ou d'une réfection de toiture, et qui se vote en assemblée générale sans que personne y prête attention. Les arrêtés préfectoraux ensuite, pris lors des pics de pollution hivernaux et qui suspendent temporairement le chauffage d'agrément dans les départements concernés. Le contrat d'assurance enfin, dont les clauses sur l'entretien du conduit se durcissent progressivement.
Reste la question de fond, à laquelle chacun répond selon ce qu'il attend de son salon. Si la cheminée est un plaisir de dix soirées par an, le foyer ouvert garde du sens et son remplacement se justifie mal. Si elle sert de chauffage d'appoint de novembre à mars, le calcul penche nettement vers l'insert, et le surcoût se rattrape en bois économisé sur quelques hivers. Le charme du feu ouvert existe, personne ne le conteste. Il coûte simplement quatre fois son poids en bûches. Si vous conservez l'installation en l'état, la prévention des feux de cheminée devient le sujet à traiter en priorité.
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