Pornichet : l'intelligence artificielle se dévoile lors de la 10ème édition des Konkours IBM du Numérique

Sommaire6 sections
  1. 01Une date qui a bougé
  2. 02Ce que fait concrètement un élève de CM2
  3. 03Deux sites, deux ambiances
  4. 04L'intelligence artificielle générative, telle qu'elle a été présentée
  5. 05Ce que la ville y gagne
  6. 06Comment suivre les prochaines éditions

Un concours de robotique scolaire ne ressemble pas à ce qu'on imagine. Il n'y a pas de robots humanoïdes ni de démonstrations de laboratoire : il y a des tables, des tapis de parcours, des équipes de quatre élèves qui refont un réglage de capteur pour la douzième fois, et beaucoup de bruit. C'est cela qu'annonçait la 10e édition des Konkours IBM du Numérique à Pornichet, au printemps 2025, avec quelque 1 200 jeunes attendus du CM2 aux écoles d'ingénieurs. Cet article regarde l'événement par le bas, du point de vue de l'élève qui s'y présente, plutôt que par le communiqué.

Une date qui a bougé

Premier point à régler, parce qu'il a semé la confusion : deux fenêtres de dates ont circulé pour cette édition. La version diffusée en mai 2025 annonçait les 14, 15 et 16 mai. Le site municipal, lui, publiait une page consacrée aux Konkours des 29, 30 et 31 mai, avec un programme centré sur le numérique et la cybersécurité. Les deux ne peuvent pas décrire les mêmes journées. Quiconque voulait s'y rendre devait vérifier la page officielle avant de poser un jour de congé, et c'est encore la règle pour les éditions suivantes.

Le principe, lui, n'a pas varié depuis dix ans : IBM France apporte le cadre technique et les intervenants, la Ville de Pornichet et Saint-Nazaire Agglomération fournissent les lieux et le lien avec les établissements scolaires, et les enseignants inscrivent leurs classes plusieurs mois à l'avance.

Ce que fait concrètement un élève de CM2

Les épreuves sont graduées par niveau. Pour les plus jeunes, il s'agit le plus souvent de programmer un petit robot roulant sur un parcours imposé : suivre une ligne, éviter un obstacle, ramener un objet dans une zone. La programmation se fait par blocs, sans écrire une ligne de code. Ce qui bloque n'est presque jamais l'algorithme, c'est le matériel : une roue qui patine, un capteur de luminosité perturbé par l'éclairage de la salle, une batterie à moitié vide qui fait perdre en couple.

Les collégiens et lycéens travaillent sur des scénarios plus longs, avec conditions et boucles, parfois un peu de capteurs à ultrasons. Les étudiants d'écoles d'ingénieurs, eux, sont sur des sujets de développement, avec des jurys professionnels. La progression est lisible, et c'est probablement ce que le format a de mieux : un enfant de dix ans et un étudiant de vingt-deux ans se retrouvent dans le même hall, sur des versions différentes du même problème.

Deux sites, deux ambiances

La première journée se déroulait sur la plage des Libraires, face aux Océanes, avec des démonstrations en extérieur. Le choix a du sens pour la visibilité, beaucoup moins pour la robotique : le sable, le soleil rasant et le vent d'ouest ne font pas bon ménage avec des capteurs optiques et des connectiques ouvertes. Les deux journées suivantes se tenaient à l'hippodrome de Pornichet, en intérieur, ce qui correspond mieux aux besoins réels des épreuves.

Pour un visiteur, l'hippodrome reste le meilleur choix : c'est là que se concentrent les tables de concours, les jurys et les ateliers. Le site est desservi par la route de la côte et dispose d'un vrai parking, ce qui n'est pas le cas du front de mer en pleine saison.

L'intelligence artificielle générative, telle qu'elle a été présentée

L'édition mettait l'accent sur l'IA générative, avec des tables rondes et des conférences. Xavier Vasques, présenté comme le directeur technique d'IBM France, y intervenait. Le programme incluait aussi un volet cybersécurité, qui recoupe assez naturellement les préoccupations des enseignants.

Un mot sur le fond, puisque c'est le sujet du titre. Montrer l'IA générative à des enfants de dix ans pose une difficulté que peu d'ateliers traitent bien : l'outil produit une réponse qui a l'air juste dans tous les cas, y compris quand elle est fausse. Un robot qui rate son parcours donne une correction immédiate et visible ; un modèle de langage qui invente une date ne signale rien du tout. Les ateliers les plus utiles sont ceux qui font vérifier la sortie du modèle plutôt que ceux qui la font admirer.

Ce que la ville y gagne

Pornichet vit d'une économie balnéaire concentrée sur quatre mois. Accueillir 1 200 jeunes et leurs accompagnants en mai, hors saison, remplit les hébergements et les restaurants à un moment creux. L'intérêt est réciproque et personne ne s'en cache : une commune de cette taille n'attire pas seule un partenaire industriel de ce calibre, et un industriel n'organise pas trois jours de concours scolaires uniquement par philanthropie. Cela reste un bon échange tant que le contenu pédagogique tient, et sur ce point les enseignants qui reviennent chaque année sont le meilleur indicateur.

Comment suivre les prochaines éditions

Les informations pratiques sont publiées sur la page municipale consacrée aux Konkours IBM du Numérique, qui centralise le programme et les modalités d'inscription des classes. Le volet numérique et cybersécurité fait l'objet d'une annonce distincte sur le site de la Ville de Pornichet, avec les dates de fin mai. Pour la soirée thématique consacrée à l'IA et à l'IA générative, la billetterie était ouverte ici.

Une remarque pour finir, sur le nom. « Konkours », avec un K, sonne comme une trouvaille de service communication du début des années 2010. C'est anecdotique, mais cela dessert un événement dont le contenu est sérieux et dont les élèves, eux, repartent avec quelque chose.

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