Bal Forro : Une Nuit Envoûtante Masquée
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Un bal forró masqué au Café du Quai, à Pornichet, fin décembre 2024 : le masque est un prétexte, l'intérêt de la soirée est ailleurs. Il tient dans l'heure d'initiation prévue de 19 h à 20 h, avant que la musique ne démarre pour de bon. Le forró est une danse de couple qui s'apprend vite, et c'est à peu près la seule occasion de l'année, sur cette portion de côte, d'en essayer les trois pas de base gratuitement, sans inscription et sans venir accompagné.
Le programme annoncé était simple. Ouverture des portes à 17 h, entrée libre, petite restauration sur place. Initiation à 19 h. Bal de 20 h à 22 h. Le tout au 2 avenue Camille Flammarion, face au port, à quelques pas des pontons.
Le forró, c'est quoi au juste
Le mot désigne à la fois une famille de musiques du Nordeste brésilien et la danse qui va avec. L'instrumentation classique tient en trois éléments : un accordéon, un triangle et une zabumba, ce tambour plat qu'on frappe des deux côtés. Luiz Gonzaga, dans les années 1940 et 1950, en a fait un genre national avant qu'il ne revienne à la mode chez les jeunes brésiliens dans les années 2000.
La danse se pratique à deux, très près, avec un pas latéral et un déhanchement qui vient des genoux plus que des hanches. Le pé de serra, la version la plus lente, s'attrape en un quart d'heure. Les variantes plus rapides, xote et arrasta-pé, demandent quelques soirées. Rien à voir avec la salsa côté technique : il y a beaucoup moins de figures, et beaucoup plus de contact.
Venir seul, ça marche
C'est la question que tout le monde se pose avant ce genre de soirée. Dans un bal forró, les couples tournent : on danse trois ou quatre morceaux, on remercie, on change. Arriver sans partenaire est la norme, pas une exception. Pendant l'initiation, l'animateur fait tourner la ronde toutes les deux minutes, ce qui règle le problème avant même qu'il se pose.
Le masque, ce qu'il change et ce qu'il ne change pas
Autant le dire franchement : un bal masqué en décembre, c'est une idée de décoration, pas une tradition brésilienne. Le carnaval nordestin a ses masques, mais il tombe en février et n'a pas grand-chose à voir avec le forró de bal. Ici, le masque sert à mettre un peu de jeu dans une soirée d'hiver, et à donner un fil conducteur visuel à des photos de fin d'année.
Ça n'en fait pas un gadget inutile. Dans une salle où beaucoup de gens se connaissent de vue sans se parler, un loup sur les yeux abaisse le seuil pour aller inviter quelqu'un. C'est un effet réel, à condition de choisir un modèle qui tient : les masques à élastique glissent au bout de dix minutes de danse, ceux qu'on tient à la main sont ingérables dès qu'on a les deux mains occupées.
Le Café du Quai, une salle qui fait la différence
L'adresse compte. Le 2 avenue Camille Flammarion donne sur le port de plaisance, à l'endroit où les mâts s'alignent le long des pontons. En hiver, la lumière tombe vers 17 h 30 : ceux qui arrivent à l'ouverture ont la fin du jour sur l'eau, ceux qui viennent pour le bal ont les guirlandes et les reflets des bateaux. La salle n'est pas immense, ce qui explique le format en deux temps : on ne fait pas tenir cinquante couples et un buffet dans la même pièce au même moment.
Avec la petite restauration sur place, on tient toute la soirée sans reprendre la voiture. Pour ceux qui viennent de La Baule ou de Saint-Nazaire, la gare de Pornichet est à un peu plus de dix minutes à pied, ce qui est rarement le cas pour ce genre de soirée.
Reste le principal, qui tient en peu de mots. Deux heures de danse en décembre, dans un café face au port, avec des musiciens qui jouent en direct plutôt qu'une playlist. Sur la Côte d'Amour, en pleine basse saison, ça ne court pas les rues.
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