Panneaux photovoltaïques : La solution miracle pour réduire sa facture d'électricité ?

les panneaux photovoltaïques produisent de l'électricité gratuitement grâce à la conversion de l'énergie solaire en énergie électrique. Cette électricité peut être utilisée pour alimenter les appareils électroménagers de la maison, le chauffage, l'éclairage, etc.
Sommaire4 sections
  1. 01Pourquoi le surplus rapporte si peu
  2. 02Le calcul, avec des ordres de grandeur réels
  3. 03L'autonomie complète, une illusion coûteuse
  4. 04Ce qui reste solide dans l'argumentaire

Non, les panneaux photovoltaïques ne suppriment pas la facture d'électricité. Ils en retirent une part, et cette part dépend presque entièrement d'un seul chiffre dont personne ne parle sur les plaquettes commerciales : le taux d'autoconsommation, c'est-à-dire la proportion de ce que vous produisez que vous consommez au moment même où c'est produit. Selon que ce taux vaut 25 % ou 70 %, la même installation met sept ans ou dix-huit ans à se rembourser. Voici comment faire le calcul avant de signer, plutôt qu'après.

Pourquoi le surplus rapporte si peu

Le tarif d'achat du surplus pour les petites installations résidentielles est fixé par arrêté et révisé chaque trimestre. Il a tourné ces dernières années entre 6 et 13 centimes le kilowattheure selon la puissance et la date de raccordement. Sur la même période, le kilowattheure acheté au réseau au tarif réglementé a franchi les 25 centimes.

L'écart signifie une chose simple : chaque kilowattheure que vous parvenez à consommer chez vous au lieu de l'injecter vaut deux à quatre fois plus. Un projet solaire résidentiel n'est donc pas un placement financier, c'est d'abord un exercice de décalage d'usages. Présenter l'installation comme une source de revenus est une erreur d'échelle : sur 3 kilowatts-crête, la vente du surplus rapporte quelques dizaines d'euros par an.

Le calcul, avec des ordres de grandeur réels

Prenons une installation de 3 kWc posée par un professionnel sur la façade atlantique, orientée sud, inclinée à 30 degrés. La production annuelle attendue se situe autour de 1 100 à 1 200 kilowattheures par kilowatt-crête installé, soit environ 3 300 à 3 600 kWh par an. Le coût, prime à l'autoconsommation déduite, se situe couramment entre 6 000 et 8 000 euros.

Avec 30 % d'autoconsommation, vous évitez d'acheter à peu près 1 050 kWh, soit quelque 260 euros, et vous revendez le reste pour une centaine d'euros. Gain annuel : environ 360 euros. Le retour sur investissement dépasse alors dix-sept ans, et il faut y ajouter le remplacement de l'onduleur en cours de route.

Avec 60 % d'autoconsommation, vous évitez 2 100 kWh, soit 525 euros, et vous revendez le reste pour une soixantaine d'euros. Gain annuel : près de 590 euros, retour autour de onze à douze ans. Le matériel est identique, le toit est identique. Seules les habitudes ont changé.

L'autonomie complète, une illusion coûteuse

L'idée de couper le cordon avec le réseau revient régulièrement dans les discussions. Elle bute sur la saisonnalité. En décembre et janvier, à cette latitude, une installation produit quatre à cinq fois moins qu'en juin, au moment précis où l'on chauffe et où l'on s'éclaire le plus. Couvrir ce creux supposerait de stocker plusieurs centaines de kilowattheures, quand une batterie domestique de 10 kWh coûte déjà 6 000 à 9 000 euros et se dégrade en une dizaine d'années.

Sur ce point le calcul ne tient pas, sauf dans un cas : un site isolé non raccordé, où l'alternative est le groupe électrogène ou l'extension de réseau facturée au mètre. Pour une maison raccordée à Guérande ou à Saint-Nazaire, le réseau reste le moyen de stockage le moins cher du marché.

Ce qui reste solide dans l'argumentaire

Deux éléments tiennent la route même avec un calcul prudent. Le prix de l'électricité a augmenté d'environ 45 % entre 2021 et 2024 pour les ménages au tarif réglementé : produire soi-même une part de sa consommation met à l'abri d'une partie de ces hausses, et cette protection vaut plus que le rendement affiché aujourd'hui. Ensuite, la durée de vie du matériel dépasse largement la période d'amortissement. Une fois l'installation remboursée, les quinze années suivantes tournent sans autre dépense que le remplacement de l'onduleur.

Un mot enfin sur le bilan carbone, souvent traité en slogan. Fabriquer un panneau consomme de l'énergie, surtout pour purifier le silicium. Le temps de retour énergétique d'un module posé en France se situe entre un et trois ans selon le lieu de fabrication et l'ensoleillement, pour une durée de service de trente ans. Le compte y est, mais il n'est pas instantané, et une installation posée dans un jardin ombragé pour se donner bonne conscience ne le sera jamais.

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