Comment isoler l'arrière de vos radiateurs pour économiser de l'énergie ?
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Poser un réflecteur derrière un radiateur prend dix minutes et coûte une quinzaine d'euros. Le gain annoncé par l'ADEME, 5 à 10 % sur la consommation de chauffage, est réel mais il ne s'applique pas à tous les radiateurs de la maison : il concerne ceux qui sont fixés sur un mur donnant sur l'extérieur, et mal isolé. Sur une cloison intérieure, la chaleur perdue vers l'arrière repasse dans la pièce voisine, donc elle n'est pas perdue du tout. Voilà pourquoi la première étape n'est pas d'acheter du matériel, mais de faire le tour du logement et de trier.
Reconnaître les radiateurs qui perdent vraiment
Le test est empirique et il ne coûte rien. Un soir de janvier, chauffage en marche depuis plusieurs heures, posez la paume sur le mur juste au-dessus du radiateur, puis sur le même mur à deux mètres de là. Si la zone derrière l'appareil est nettement plus tiède, le mur pompe de la chaleur et l'évacue vers l'extérieur. Si les deux points sont à la même température, laissez tomber.
Deux configurations sortent du lot dans les logements de la région. Le radiateur placé sous une fenêtre à simple vitrage, d'abord : c'est le cas classique des maisons de bord de mer construites entre 1950 et 1975, et l'allège sous l'appui est souvent la partie la plus fine du mur. Le radiateur adossé à un pignon exposé au vent d'ouest ensuite, où le refroidissement du parement extérieur entretient un écart de température permanent.
Trois solutions, trois budgets
La feuille d'aluminium simple, vendue en rouleau, se colle au mur avec de l'adhésif double face. Comptez 10 à 20 euros pour trois ou quatre radiateurs. Elle renvoie le rayonnement infrarouge vers la pièce, mais elle n'apporte aucune résistance thermique : sur un mur froid, une bonne partie de la chaleur repart quand même par conduction. C'est le minimum vital, pas l'idéal.
Le panneau réflecteur alvéolaire, alu contrecollé sur une mousse de polyéthylène de 3 à 5 millimètres, coûte 15 à 30 euros la plaque. Il combine réflexion et rupture de pont thermique. C'est le meilleur rapport entre le prix, la durée et l'effet ressenti, et c'est ce que je conseillerais dans neuf cas sur dix.
Le panneau isolant rigide, polystyrène extrudé ou polyuréthane de 10 à 20 millimètres avec parement réfléchissant, monte à 30 ou 50 euros. Il n'a d'intérêt que derrière un radiateur déposable, sur un mur vraiment froid, et il pose un problème d'épaisseur : si l'appareil se retrouve plaqué au mur, la convection à l'arrière ne se fait plus et le rendement baisse.
La pose, en pratique
Sur un radiateur à eau chaude fixé sur consoles, on travaille sans rien déposer, à condition de disposer d'au moins trois centimètres d'espace. Coupez le panneau aux dimensions de l'appareil moins deux centimètres sur chaque bord, pour qu'il ne dépasse pas. Dépoussiérez le mur, un aluminium collé sur une peinture farineuse tient trois hivers au mieux. Glissez la plaque par le haut à l'aide d'une règle de maçon ou d'un morceau de tasseau, puis pressez sur les points de colle.
Si le radiateur peut être décroché, cinq minutes suffisent et le résultat est bien plus propre : deux vis en haut sur la plupart des modèles en acier, un soulèvement à deux personnes pour les fontes qui pèsent lourd. Profitez-en pour passer l'aspirateur entre les ailettes. Une couche de poussière de deux ans coûte plusieurs pour cent d'émission, autant que le réflecteur en rapporte.
Pour un convecteur électrique, la question ne se pose pas de la même manière. La chaleur y sort presque intégralement par l'avant et par la grille supérieure, et le boîtier tôlé isole déjà l'arrière. Le gain d'un réflecteur y est marginal, et le budget se place bien mieux dans un thermostat programmable.
Quel gain espérer, honnêtement
Sur une maison de 100 mètres carrés chauffée au gaz, avec une facture annuelle de chauffage de 1 200 euros, l'équipement de quatre radiateurs bien choisis fait économiser de l'ordre de 30 à 70 euros par an. L'investissement se rembourse en un à deux hivers, ce qui reste un des meilleurs ratios du bricolage énergétique. Mais il ne remplace pas une isolation de combles ni le changement d'une chaudière, où les montants en jeu se comptent en centaines d'euros annuels.
Le confort ressenti, lui, se manifeste plus vite que le chiffre sur la facture. La sensation de paroi froide diminue près du mur équipé, et il devient possible de baisser le thermostat d'un demi-degré sans le remarquer. Ce demi-degré vaut à lui seul environ 3,5 % de consommation en moins : c'est souvent là que se trouve le vrai gain, plus que dans la physique du réflecteur.
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