Vous ne devinerez jamais à quelle vitesse vous pouvez installer vos propres panneaux solaires !
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La pose de six panneaux sur un toit de pavillon prend une journée, parfois deux si la charpente oblige à reprendre les fixations. C'est vrai, et c'est l'argument que tous les commerciaux mettent en avant. Ce qu'ils disent moins, c'est que cette journée arrive au bout d'un parcours administratif de trois à six mois, et que rien ne se raccourcit vraiment : les délais sont tenus par la mairie, par le Consuel et par Enedis, pas par l'installateur. Voici la chronologie honnête, étape par étape, avec les durées observées.
Semaines 1 à 3 : dimensionner avant de signer
La question à laquelle il faut répondre en premier n'est pas « combien de panneaux », c'est « combien je consomme, et quand ». Sortez douze mois de relevés sur votre espace client, et notez la part consommée entre 10 heures et 17 heures, la seule plage où le solaire produit. Un foyer où personne n'est là en journée autoconsomme rarement plus de 25 à 30 % de sa production sans batterie ni pilotage.
Ce chiffre décide de tout le reste. Il fixe la puissance à installer, autour de 3 kilowatts-crête pour un couple sans chauffage électrique, 6 à 9 kWc pour une maison chauffée par pompe à chaleur avec un véhicule à recharger. Surdimensionner revient à revendre le surplus à un tarif d'achat bien inférieur au prix auquel vous achetez l'électricité : le calcul se retourne vite.
Semaines 3 à 8 : la déclaration préalable en mairie
Toute installation posée sur une toiture existante relève de la déclaration préalable de travaux, formulaire Cerfa 13703, gratuite. Le service urbanisme dispose d'un mois pour instruire, deux mois si le bâtiment se trouve dans le périmètre de 500 mètres autour d'un monument historique ou en site patrimonial remarquable. Dans ce cas, l'avis de l'architecte des bâtiments de France s'ajoute au dossier et il peut imposer des panneaux à cadre noir, une pose alignée sur la rive du toit, voire un refus pur et simple sur une façade visible depuis la voie publique.
Sur le littoral, la loi Littoral et les plans locaux d'urbanisme ajoutent parfois leurs propres prescriptions. Passez un coup de fil au service urbanisme avant de commander le matériel : dix minutes de téléphone évitent trois mois perdus.
Le jour J : ce qui se passe sur le toit
Deux équipiers, une nacelle ou un échafaudage, et la journée se découpe à peu près ainsi. Le matin, pose des crochets de fixation sous les tuiles ou des rails sur les liteaux, avec le repérage préalable des chevrons. L'étanchéité se joue là : un crochet mal calé casse une tuile ou crée un point de fuite qui se révélera au premier coup de vent d'ouest.
L'après-midi, montage des rails, clipsage des modules, câblage en série des chaînes, passage des câbles vers le local technique et raccordement à l'onduleur. Une coupure générale d'une à deux heures est nécessaire pour installer le disjoncteur dédié et l'interrupteur de découplage dans le tableau.
Faire ce chantier soi-même reste possible, à condition de savoir travailler en toiture et de maîtriser le courant continu. Sachez tout de même que l'autoconstruction ferme l'accès à la prime à l'autoconsommation, réservée aux installations posées par une entreprise qualifiée RGE, et qu'elle complique la garantie décennale sur l'étanchéité en cas de sinistre. Sur une installation de 3 kWc, l'économie de main-d'oeuvre représente 1 500 à 2 500 euros, la prime perdue plusieurs centaines. L'écart est plus mince qu'il n'y paraît.
Faut-il attendre le printemps pour lancer le projet ?
Beaucoup de particuliers signent en avril, quand le soleil revient, et se retrouvent raccordés fin août avec la meilleure partie de la saison derrière eux. Le raisonnement inverse est plus rentable : engagez les démarches en novembre ou décembre, quand les carnets de commandes des installateurs se creusent et que l'instruction des dossiers va plus vite. La mise en service tombe alors en février ou mars, juste avant le pic de production.
Une dernière remarque sur les offres « clé en main en trois semaines » que l'on voit fleurir. Elles ne mentent pas sur le matériel : elles comptent les délais à partir de l'accord d'urbanisme, en laissant le client déposer lui-même son Cerfa. Lisez la ligne qui définit le point de départ du délai avant de comparer deux devis, c'est souvent là que se cache l'écart.
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