Peut-on vraiment économiser sur sa facture d'électricité en installant des panneaux solaires ?

Peut-on vraiment économiser sur sa facture d'électricité en installant des panneaux solaires ?
Sommaire4 sections
  1. 01Produire beaucoup ne sert à rien si personne n'est là
  2. 02Décaler ce qui peut l'être
  3. 03Les batteries, et pourquoi j'hésite
  4. 04Alors, ça vaut le coup ?

La réponse honnête tient en une phrase : les panneaux solaires font baisser votre facture dans la mesure exacte où vous consommez pendant qu'ils produisent. Tout le reste, la puissance installée, la marque des modules, l'orientation du toit, vient après. Une famille qui part travailler à 7 h 30 et rentre à 19 h achète un toit qui produit à plein pendant que la maison est vide, et revend ce surplus à un prix bien inférieur à celui auquel elle rachète le soir.

Produire beaucoup ne sert à rien si personne n'est là

Sur la Côte d'Amour, un kilowatt-crête bien orienté produit de l'ordre de 1 100 kWh par an. Une installation de 3 kWc donne donc grossièrement 3 300 kWh, à comparer à une consommation de 4 000 à 5 000 kWh pour un foyer sans chauffage électrique. Sur le papier, la couverture semble presque totale. Dans les faits, la production tombe entre 10 h et 17 h, avec un maximum en juin, et la consommation d'un ménage se concentre le matin, le soir et en hiver.

Le surplus part sur le réseau. Il est racheté par EDF Obligation d'achat à un tarif fixé par contrat sur vingt ans, révisé chaque trimestre, et ce tarif est nettement en dessous du prix auquel vous rachetez l'électricité le soir. Chaque kilowattheure exporté est donc un kilowattheure mal payé.

Décaler ce qui peut l'être

Lave-linge et lave-vaisselle ont tous une minuterie de départ différé. Les lancer à 13 h plutôt qu'à 22 h ne change rien à votre confort et change beaucoup au bilan. Même chose pour la recharge d'une voiture électrique : brancher en rentrant à 19 h, c'est acheter au réseau ; programmer la charge du samedi et du dimanche en pleine journée, c'est consommer sa propre production.

Le télétravail joue aussi, plus qu'on ne le croit. Deux jours par semaine à la maison, c'est deux jours où la pompe à chaleur, la bouilloire et l'ordinateur tournent sur le solaire. Les foyers avec une personne au domicile en journée, retraités compris, sont ceux pour qui l'opération est la plus favorable.

Les batteries, et pourquoi j'hésite

Une batterie domestique de 5 kWh stocke la production de l'après-midi pour la restituer au dîner. Le principe est bon, le prix l'est moins : le surcoût représente souvent une part importante du budget total, pour une durée de vie annoncée autour de dix à quinze ans. Sur les devis que l'on voit passer, la batterie allonge le temps de retour plus qu'elle ne le raccourcit. Elle se défend si vous êtes en zone sujette aux coupures ou si vous tenez à l'autonomie pour elle-même, moins comme placement.

Alors, ça vaut le coup ?

Pour une maison individuelle avec une toiture dégagée orientée entre le sud-est et le sud-ouest, une installation dimensionnée autour de 3 kWc, un ballon d'eau chaude piloté et quelqu'un à la maison une partie de la semaine : oui, le calcul tient, et il tient encore mieux si le prix de l'électricité continue de monter. Pour un appartement, une toiture ombragée par un pin ou un couple absent du lundi au vendredi, l'argent est mieux placé dans l'isolation des combles.

Avant de signer, prenez votre facture annuelle et regardez la répartition heures pleines, heures creuses. Elle vous dit déjà où vous vous situez.

Résumer cet article avec :

Partager :