À Pornichet, démolition et reconstruction de la dune : bulldozers et chenillettes à l'œuvre dès lundi

à pornichet, assistez à la démolition et à la reconstruction de la dune, un projet ambitieux qui démarre ce lundi avec l'utilisation de bulldozers et de chenillettes. découvrez les enjeux environnementaux et paysagers de cette initiative.
Sommaire5 sections
  1. 01Pourquoi on détruit une dune pour la refaire
  2. 02Ce que ça donne à voir pendant l'hiver
  3. 03Ce que ça change au quotidien pour les riverains
  4. 04Une dune qui n'est pas seule concernée
  5. 05Ce qu'il reste à surveiller

Un promeneur qui longeait le port d'échouage de Pornichet la semaine du 18 novembre 2024 a vu quelque chose de contre-intuitif : des engins en train d'arracher la végétation d'une dune, au nom de la protection de cette même dune. Bulldozers d'un côté, chenillettes de l'autre, et une bande de sable retournée là où poussaient des oyats. La contradiction n'est qu'apparente, mais elle mérite une explication, qu'aucun panneau de chantier ne donne vraiment. Ces engins remettent la dune à zéro pour qu'elle recommence à fonctionner, et l'opération se compte en mois, pas en jours.

Engins de chantier sur la dune du port d'échouage de Pornichet, sable retourné

Pourquoi on détruit une dune pour la refaire

La logique est celle d'une remise à zéro. Une dune littorale qui a été piétinée, tassée, colonisée par des espèces qui n'ont rien à faire là, ne se répare pas en la laissant tranquille : le sol est compacté, les graines des bonnes espèces ne s'installent plus, et la mécanique naturelle qui fait qu'une dune se reconstitue avec le vent ne fonctionne plus.

Décaper les quarante premiers centimètres revient à retirer cette couche abîmée et le stock de graines indésirables qu'elle contient. Ce qui reste dessous est du sable, dans lequel on replante des espèces adaptées. La dune reprend alors son travail : capter le sable poussé par le vent, s'épaissir, encaisser les coups de mer.

Ce que ça donne à voir pendant l'hiver

Il faut le dire clairement : pendant plusieurs mois, ce sera moche. Une dune décapée ressemble à un terrain vague. Le vert revient lentement, et il ne revient vraiment qu'après une saison de végétation complète, parfois deux. Les habitants qui s'attendent à retrouver au printemps le paysage d'octobre seront déçus.

Ce que ça change au quotidien pour les riverains

Un chantier d'engins lourds en bord de mer, c'est du bruit de moteur diesel en journée, des allers-retours de camions et des dépôts temporaires de matériaux. Sur le port d'échouage, la circulation piétonne se retrouve reportée sur les cheminements restés ouverts, ce qui rallonge un peu les trajets habituels entre le bourg et le front de mer.

Pour les plaisanciers, la période est plutôt bien choisie. En novembre, la majorité des bateaux du port d'échouage sont sortis ou immobilisés, l'activité nautique est au plus bas, et un chantier lancé à ce moment-là gêne infiniment moins qu'en avril.

Une dune qui n'est pas seule concernée

Le remodelage du cordon dunaire ne se joue pas isolément : il fait partie du réaménagement du port d'échouage, avec des pontons échouables et des accès à l'eau et à l'électricité prévus pour les bateaux. La dune est traitée en même temps que le reste parce qu'un chantier portuaire de cette ampleur ne peut pas laisser une zone naturelle intacte au milieu du va-et-vient des engins.

C'est là que le débat mérite d'être ouvert. Refaire une dune coûte cher et prend des années à porter ses fruits ; le faire au moment où l'on agrandit les surfaces portuaires ressemble à une compensation autant qu'à une restauration. Les deux peuvent être vrais en même temps. Le résultat écologique, lui, se jugera dans trois ou quatre ans, quand on verra si les oyats ont tenu et si le sable s'accumule à nouveau au bon endroit.

Ce qu'il reste à surveiller

Le point de vigilance principal tient au piétinement. Une dune reconstituée en bordure immédiate d'une zone portuaire fréquentée toute l'année encaisse une pression que n'a pas une dune isolée en pleine côte sauvage. Sans ganivelles maintenues en état et sans cheminements clairement dessinés, le sable se remet à fuir en deux hivers, et le décapage aura servi à peu de chose.

Le second point, c'est le suivi. Un chantier de restauration se juge sur des relevés réguliers, pas sur une photo prise le jour de l'inauguration. Il serait utile que la commune publie, année après année, l'état du couvert végétal et le profil relevé de la dune. Ce sont des données simples à produire et elles diraient, mieux que n'importe quelle plaquette, si les bulldozers de novembre 2024 ont fait le travail qu'on attendait d'eux.

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