L'ancien directeur des Chantiers de l'Atlantique prend la présidence de la SNSM à Pornichet

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Sommaire6 sections
  1. 01Ce que fait un président de station, et ce qu'il ne fait pas
  2. 02Trente ans de Thierry Caudal : un héritage encombrant et précieux
  3. 03Pornichet, une station qui sort surtout pour des plaisanciers
  4. 04Argent, bénévoles, matériel : les trois sujets qui fâchent
  5. 05Une précision sur les liens de cet article
  6. 06Ce qu'on saura dans deux ans

Une station de sauvetage en mer change de président environ tous les cinq à dix ans. Celle de Pornichet avait gardé le même pendant trois décennies. C'est ce chiffre-là qui rend la nomination de Jean-Yves Jaouen, ancien directeur des opérations des Chantiers de l'Atlantique, un peu plus intéressante qu'un simple changement de nom sur un organigramme associatif : succéder à Thierry Caudal, c'est reprendre une maison où presque tout, des habitudes d'entraînement aux relations avec la mairie, a été façonné par une seule personne.

Vedette de sauvetage amarrée au port de Pornichet, sous un ciel couvert

Ce que fait un président de station, et ce qu'il ne fait pas

La confusion revient à chaque nomination. Un président de station SNSM n'est pas un chef de mission. Quand le CROSS déclenche une intervention, c'est le patron de la vedette qui décide de sortir, choisit sa route et engage son équipage. Le président, lui, tient l'association : le budget, les assurances, le recrutement des bénévoles, les dossiers de subvention, l'entretien du local et les relations avec la commune, la capitainerie et les autres stations.

Autrement dit, le poste ressemble beaucoup à une direction de petite structure, avec des salariés en moins et des contraintes réglementaires en plus. Un homme qui a piloté des chaînes de production navale à Saint-Nazaire arrive sur ce terrain avec un avantage précis : il sait lire un plan de charge, discuter un devis de chantier et tenir un calendrier de maintenance. Ce sont exactement les trois sujets qui mangent le temps d'un président de station.

Trente ans de Thierry Caudal : un héritage encombrant et précieux

Une présidence de trente ans laisse deux choses. D'un côté, une station rodée, avec des procédures connues de tous et un réseau local solide, construit repas de soutien après repas de soutien. De l'autre, une organisation où beaucoup de savoir n'est écrit nulle part, parce qu'une seule personne l'avait en tête.

Le premier travail d'un successeur, dans ce cas de figure, est ingrat et invisible : retrouver où sont les conventions, qui signe quoi, quel artisan intervient sur la coque, à quelle date tombe le contrôle des gilets. Personne n'écrit d'article là-dessus, mais c'est ce qui décide de la qualité des deux premières années.

Pornichet, une station qui sort surtout pour des plaisanciers

Le profil des interventions dépend du plan d'eau. Devant Pornichet, on est dans une baie ouverte au sud-ouest, avec un port de plaisance de plusieurs centaines d'anneaux, des mouillages, de la voile légère, du paddle et beaucoup de baigneurs sur une plage qui court jusqu'à La Baule. Les sorties les plus fréquentes ne sont pas des naufrages, mais des avaries moteur, des dérives de planches, des personnes en difficulté à la nage et des remorquages de petits bateaux.

Ce n'est pas moins sérieux. Un moteur qui lâche avec un vent de nord-ouest établi, à quelques milles de la côte, envoie un bateau vers le large en une heure. Et l'été, la densité d'usagers multiplie les occasions : la même baie accueille au même moment des kites, des annexes surchargées et des baigneurs qui remontent la plage à la nage.

Argent, bénévoles, matériel : les trois sujets qui fâchent

Une station coûte cher pour ce qu'elle est. Le carburant, l'entretien de la coque et des moteurs, les tenues, les gilets, la formation continue : la facture annuelle se compte en dizaines de milliers d'euros pour une station de taille moyenne, et le renouvellement d'une embarcation se chiffre en centaines de milliers. Le tout repose sur des dons, des quêtes, des ventes de calendriers et des subventions communales.

Le recrutement pose un problème différent. Un équipier de canot doit être disponible en semaine, en journée, à quinze minutes du local. Dans une commune où le prix de l'immobilier a chassé une partie des actifs vers l'intérieur des terres, cette contrainte géographique élimine beaucoup de candidats motivés. C'est le vrai goulot d'étranglement, davantage que le nombre de vocations.

Une précision sur les liens de cet article

La version précédente de ce texte renvoyait vers une fiche Wikipedia présentée comme le parcours de Jean-Yves Jaouen. Elle concerne en réalité Jean-Noël d'Acremont, un homonyme approximatif : Jean-Yves Jaouen n'a pas de page encyclopédique. Nous laissons le lien, mais sans lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Même prudence sur les Chantiers de l'Atlantique. Les articles disponibles portent sur l'actionnariat et l'avenir industriel du site de Saint-Nazaire : le Sénat demandait en octobre 2020 à l'État de réfléchir à un nouveau projet de reprise, comme le rapportait BFMTV, et le conseil d'administration s'est élargi en décembre 2020, selon La Lettre. L'État, actionnaire majoritaire, disait en avril 2021 vouloir « prendre son temps pour privatiser », d'après BFMTV. Ces dossiers-là ne disent rien de la station de sauvetage : ils situent seulement le monde professionnel d'où vient son nouveau président.

Ce qu'on saura dans deux ans

Une présidence de station se juge sur des indicateurs très terre-à-terre : l'effectif d'équipage disponible en hiver, l'état du budget, le taux de disponibilité de l'embarcation. Aucun de ces chiffres ne fera la une. Ils diront pourtant, mieux que n'importe quel discours d'installation, si la succession de Thierry Caudal s'est bien passée.

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