À Pornichet, la vie sans électricité : trois jours de bougies, d'absence de douche et de chauffage
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Trois jours sans électricité à Pornichet fin novembre 2024, ce n'est pas d'abord une histoire de bougies. C'est une succession de pannes en cascade, dans un ordre assez prévisible, que la plupart des gens découvrent au fur et à mesure : le chauffage part avant la lumière, la douche part avant le frigo, et le téléphone tient plus longtemps que la box internet. Voici ce qui lâche, quand, et ce qu'on peut faire à chaque étape.
La chaudière au gaz s'arrête aussi, et c'est la mauvaise surprise
Beaucoup de foyers pensent être protégés parce qu'ils se chauffent au gaz. Sur une chaudière murale moderne, l'allumage est électronique, la pompe qui pousse l'eau dans les radiateurs est électrique, et le thermostat aussi. Sans courant, l'installation reste muette. Seuls les poêles à bois, les inserts et les vieux appareils à allumage manuel continuent de fonctionner.
Dans une maison de bord de mer en novembre, avec une température extérieure autour de 8 à 10 degrés et du vent d'ouest, la température intérieure perd grossièrement un degré toutes les trois à cinq heures selon l'isolation. Au bout de deux jours, un logement mal isolé descend vers 13 ou 14 degrés. C'est vivable, c'est désagréable, et ça devient un vrai problème pour un nourrisson ou une personne âgée.
L'eau chaude : quatre heures de réserve, puis plus rien
Un ballon d'eau chaude classique garde sa réserve tiède un moment, mais il ne réchauffe plus. Une famille de quatre personnes vide un cumulus de 200 litres en deux ou trois douches. Ensuite, la question devient celle du bassin d'eau chauffée sur un réchaud, ce qui consomme du gaz en cartouche à un rythme que peu de gens ont anticipé : une cartouche de 220 grammes fait environ deux heures de flamme moyenne.
C'est le point qui use le plus les nerfs sur trois jours. On s'accommode du noir, on s'accommode du froid en empilant les couches, on s'accommode beaucoup moins bien de ne pas pouvoir se laver correctement avant d'aller travailler. Les habitants qui s'en sont le mieux sortis sont ceux qui ont demandé une douche à des proches raccordés, à Saint-Nazaire ou vers La Baule, plutôt que d'improviser sur place.
Le frigo, le congélateur et ce qu'il faut vraiment jeter
Un réfrigérateur fermé tient environ quatre heures avant de sortir de la zone de sécurité sanitaire. Un congélateur plein tient entre 24 et 48 heures, un congélateur à moitié vide beaucoup moins, parce que ce sont les aliments gelés eux-mêmes qui font office de réserve de froid. La règle simple : ouvrir le moins possible, et ne jamais recongeler un produit qui a ramolli.
Sur une coupure de trois jours, la viande, le poisson et les plats cuisinés du congélateur sont perdus si la porte a été ouverte plusieurs fois. Le pain, les légumes et les préparations à base de farine se rattrapent. Les assurances multirisques habitation couvrent parfois les pertes de contenu de congélateur au-delà d'une durée de coupure fixée au contrat, souvent autour de 48 heures : le relevé de la panne fourni par le distributeur sert de justificatif.
Le réseau téléphonique tient, la box non
La fibre et l'ADSL s'arrêtent net : la box est chez vous, elle est branchée sur votre prise. Le réseau mobile, lui, tient plus longtemps, parce que les antennes relais disposent de batteries de secours dimensionnées pour plusieurs heures, parfois davantage sur les sites principaux. Sur une coupure longue, la couverture se dégrade quand même, secteur par secteur.
Conséquence pratique : le paiement par carte tombe dans les commerces du secteur touché, les distributeurs automatiques aussi. Les habitants qui gardent un peu d'espèces chez eux achètent du pain et des piles, les autres font vingt kilomètres.
Trois jours, c'est le seuil où l'entraide devient organisée
Sur une coupure de quelques heures, chacun reste chez soi. À partir du deuxième jour, les choses se réorganisent : on partage un congélateur encore froid, une cafetière italienne sur réchaud, un poêle allumé dans la maison d'à côté. Les habitants d'un même immeuble finissent par savoir qui a un bébé au troisième et qui vit seul au rez-de-chaussée, ce qu'ils ignoraient la semaine précédente.
Cette solidarité est réelle, elle n'a rien de romantique pour autant. Trois jours de froid, de linge sale et de repas froids fatiguent tout le monde, et le récit qu'on en fait après coup enjolive largement l'expérience. Ce que ces trois jours laissent surtout, c'est une liste de courses très concrète pour la fois suivante : des piles, une frontale, une batterie chargée, et le numéro de dépannage noté quelque part sur papier.
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