À Sainte-Marguerite, plongez dans une exposition dédiée aux merveilles des paysages naturels de Pornichet
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L'intérêt d'une exposition de paysages à la chapelle Sainte-Marguerite tient à une chose : les paysages en question sont à moins de dix minutes à pied. On sort de la chapelle, on descend vers la pointe, et on retrouve le rocher, la pinède ou la ligne d'horizon qu'on vient de voir sur une toile. Peu d'expositions offrent cette confrontation immédiate entre l'image et le motif. C'est ce qui rend celle-ci intéressante, bien plus que le thème de la nature, qui est le sujet le plus rebattu de la peinture régionale.
Peindre ce qu'on a d'abord parcouru à pied
Catherine Gouret-Le Floch travaille en marcheuse. Ses toiles sortent de sorties répétées dans les mêmes endroits, à des saisons et des heures différentes, ce qui donne une peinture d'observation plutôt que de reconstitution. La différence se voit : un paysage peint d'après une photo aplatit les plans et fixe une lumière unique, un paysage peint d'après vingt passages garde les hésitations de la lumière atlantique, qui change trois fois en une heure sur cette côte.
C'est aussi une manière de documenter un territoire. Les dunes et les zones boisées entre Pornichet et Sainte-Marguerite ont été grignotées par l'urbanisation balnéaire depuis la fin du XIXe siècle, et une partie de ce qui reste est aujourd'hui protégée. Une toile peinte sur place en 2024 dit quelque chose de l'état des lieux à cette date. Dans trente ans, elle en dira davantage.
La chapelle, un lieu d'exposition et pas seulement un décor
La chapelle Sainte-Marguerite est un petit édifice, et les petits édifices imposent des contraintes aux artistes : peu de mur, une lumière naturelle inégale, des volumes qui ne pardonnent pas les grands formats mal accrochés. Ce sont de bonnes contraintes. Elles obligent à sélectionner, et une exposition de vingt toiles bien choisies vaut mieux qu'une exposition de soixante qui se noient les unes dans les autres.
Les Amis de la Chapelle font tourner ce lieu à l'année, avec des expositions successives d'artistes surtout locaux. C'est un fonctionnement associatif classique et fragile : quelques bénévoles qui assurent les permanences d'ouverture, l'accrochage, le décrochage. Sans eux, la chapelle serait fermée onze mois sur douze.
Le discours écologique, à prendre pour ce qu'il est
Ce genre d'exposition est presque toujours présenté comme une sensibilisation à la fragilité des milieux. Soyons honnêtes : un tableau ne sauve pas une dune. Ce qui sauve une dune, c'est un classement, un ganivelle posée au bon endroit et un cheminement qui empêche le piétinement. Une exposition fait autre chose, plus modeste et pas inutile : elle fait regarder. Quelqu'un qui a passé vingt minutes devant une peinture de pinède littorale ne traverse plus tout à fait la même pinède le lendemain. C'est un effet lent, difficile à mesurer, mais c'est celui qu'on peut légitimement revendiquer.
Ce qu'on y voit
Le format annoncé mêle peinture et sculpture. Sur ce type de sujet, la sculpture ramène souvent la matière du lieu (bois flotté, pierre, métal repris de l'activité maritime) là où la peinture reste dans la représentation. Les deux se complètent bien dans un espace resserré, à condition que la scénographie laisse tourner autour des volumes.
Le quartier vaut le détour en lui-même
Sainte-Marguerite est l'un des quartiers les plus intéressants de la commune sur le plan bâti : villas balnéaires de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, parcelles boisées de pins maritimes, rues étroites qui descendent vers la mer. On y circule mal en voiture et très bien à pied.
Une exposition dans la chapelle est donc surtout une bonne raison de venir marcher ici un après-midi, ce que beaucoup d'habitants de l'agglomération ne font jamais.
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