Avez-vous droit au chèque énergie ? Découvrez la date de versement et comment en profiter !

Sommaire5 sections
  1. 01Un montant entre 48 et 277 euros, calculé sans vous
  2. 02Le versement au printemps, et une validité qui court jusqu'au 31 mars suivant
  3. 03L'automatisme s'est grippé avec la fin de la taxe d'habitation
  4. 04Les droits qui viennent avec, et qu'on oublie de faire valoir
  5. 05Les questions qui reviennent le plus

Le chèque énergie traîne deux idées fausses qui coûtent de l'argent à ceux qui le reçoivent. La première : il ne servirait qu'à payer une facture d'électricité ou de gaz. La seconde : il arriverait tout seul, sans rien faire. Les deux étaient à peu près vraies jusqu'en 2023. Depuis, la première est fausse et la seconde ne l'est plus qu'à moitié.

Un montant entre 48 et 277 euros, calculé sans vous

Le dispositif a remplacé en 2018 les anciens tarifs sociaux de l'électricité et du gaz, qui passaient par les fournisseurs. Depuis, c'est l'administration fiscale qui désigne les bénéficiaires, à partir de deux données : le revenu fiscal de référence du foyer et sa composition, traduite en unités de consommation. La première personne du ménage compte pour 1, la deuxième pour 0,5, chaque suivante pour 0,3. Un couple avec deux enfants pèse donc 2,1 unités.

Le revenu fiscal divisé par ce total doit rester sous 11 000 euros par unité de consommation. En dessous, le montant s'échelonne de 48 à 277 euros par an, par tranches, les plus bas revenus recevant le plus. Personne ne demande rien : il n'y a pas de dossier à monter, pas de justificatif à joindre, et aucun organisme n'a besoin de vous appeler pour « valider votre éligibilité ». Ce type d'appel est une arnaque, sans exception.

Le versement au printemps, et une validité qui court jusqu'au 31 mars suivant

L'envoi se fait par courrier, à l'adresse du dernier avis d'imposition, sur une campagne qui s'étale généralement sur plusieurs semaines au printemps, département par département. Le chèque reste utilisable jusqu'au 31 mars de l'année qui suit son émission. Passé cette date, il ne vaut plus rien et ne se rattrape pas.

Une option évite cette perte : l'affectation automatique. En saisissant une fois le numéro du chèque et votre référence client sur chequeenergie.gouv.fr, vous demandez que les chèques des années suivantes soient déduits directement de vos factures, sans passer par le courrier. C'est cinq minutes une seule fois. Sur trois ans, ça vaut mieux qu'une enveloppe rangée dans un tiroir.

L'automatisme s'est grippé avec la fin de la taxe d'habitation

Le rapprochement entre un foyer fiscal et un logement reposait en grande partie sur la taxe d'habitation. Sa suppression pour les résidences principales a fait sauter ce lien, et l'administration s'est retrouvée sans moyen simple de savoir qui habite où. Résultat : des ménages qui remplissaient les conditions de revenus n'ont plus reçu leur chèque automatiquement, en particulier ceux qui avaient déménagé, ceux qui venaient d'ouvrir un premier contrat d'électricité, et les jeunes qui ne déclaraient pas encore séparément.

Un guichet de réclamation a été ouvert sur chequeenergie.gouv.fr pour ces situations. Il faut y renseigner son numéro fiscal et le point de livraison qui figure sur la facture d'électricité. La démarche est de l'ordre du quart d'heure, et c'est aujourd'hui le premier conseil à donner à quelqu'un qui pense y avoir droit sans avoir rien reçu : ne pas attendre l'année suivante, réclamer.

Les droits qui viennent avec, et qu'on oublie de faire valoir

Le chèque n'est pas seulement une somme. Il ouvre droit, chez le fournisseur, à la gratuité de la mise en service et de la mise en place du contrat lors d'un déménagement, à l'exonération des frais liés à un rejet de paiement, et au maintien de la puissance électrique pendant toute la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, en cas d'impayé. Concrètement, le fournisseur réduit la puissance au lieu de couper.

Ces protections s'appliquent à condition que le fournisseur sache que vous êtes bénéficiaire. Si vous n'utilisez jamais le chèque chez lui, il l'ignore. C'est un argument de plus pour l'affectation automatique.

Les questions qui reviennent le plus

Peut-il payer un loyer ou des charges de copropriété ? Non, sauf le cas particulier du logement-foyer conventionné, où il s'impute sur la part énergie de la redevance. Un locataire dont le chauffage est collectif et compris dans les charges doit s'adresser au gestionnaire de l'immeuble, qui a l'obligation de l'accepter.

Peut-on le donner ? Il est nominatif et ne se revend pas. Rien n'empêche en revanche de l'utiliser pour régler la facture du logement où l'on vit, même si le contrat est au nom du conjoint.

Et pour des travaux ? C'est le point sur lequel la plupart des articles se trompent encore. Le chèque est accepté en paiement d'une facture de rénovation énergétique dès lors que l'entreprise est certifiée RGE : isolation de combles, remplacement d'une chaudière, pose d'une pompe à chaleur. Pour ce seul usage, sa validité est même allongée d'un an, ce qui permet de le cumuler avec celui de l'année suivante et d'atteindre un montant qui pèse sur un devis.

Reste une limite qu'il faut dire franchement : sur une maison mal isolée chauffée à l'électrique, 200 euros représentent quelques semaines de janvier. L'aide amortit un choc, elle ne règle pas une passoire thermique. C'est aussi pour ça que la possibilité de le basculer sur des travaux mérite d'être mieux connue.

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