Vous ne croirez pas comment l'inertie thermique peut révolutionner votre confort chez vous !
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L'inertie thermique passe partout pour une qualité. Elle n'en est une que si vous chauffez en continu. Dans une maison de bord de mer occupée deux week-ends par mois, ces mêmes murs épais qui gardent si bien la chaleur en gardent surtout le froid, et il faut deux jours pour les convaincre de changer d'avis. À Pornichet ou à La Baule, où une part importante du parc est faite de résidences secondaires, ce détail change complètement la façon de raisonner son chauffage.
Le cas de la maison habitée toute l'année
Ici, l'inertie travaille pour vous. Le chauffage tourne en continu à température stable, la masse du bâti lisse les à-coups, et une journée de soleil de février entrée par les baies sud se restitue le soir sans que le thermostat ait besoin de relancer. Les écarts entre le matin et l'après-midi se resserrent, ce qui rend le confort bien meilleur qu'un thermomètre ne le laisse deviner.
La règle qui va avec, et qu'on oublie souvent : dans une maison à forte inertie, la réduction de nuit ne rapporte presque rien. Baisser de 3 degrés à 23 h pour remonter à 6 h coûte plus en relance que ce qu'on économise. Un abaissement d'un degré, maximum deux, suffit. Le pilotage en dents de scie, lui, est fait pour les maisons légères à ossature bois ou les logements en cloisons plaque de plâtre.
Ce que ça donne en été
C'est le meilleur argument en faveur de l'inertie, et sur le littoral atlantique il pèse de plus en plus. Un bâti lourd, protégé du soleil direct par des volets fermés en journée et ventilé la nuit avec les fenêtres ouvertes de part et d'autre, reste vivable pendant un épisode de chaleur alors que la maison légère voisine grimpe à 30 degrés dans les chambres. La condition tient en un mot : la ventilation nocturne. Sans elle, la masse se charge en chaleur jour après jour et l'avantage se retourne au bout de trois ou quatre jours de canicule.
Le cas de la résidence secondaire, l'angle mort
Vous arrivez le vendredi soir en novembre. La maison est à 11 degrés, les murs à 11 degrés eux aussi. Vous poussez le chauffage à fond. L'air monte à 20 en deux heures, et vous avez toujours froid : c'est le rayonnement des parois froides que vous ressentez, pas la température de l'air. Le samedi soir, ça commence à aller. Le dimanche midi, vous repartez.
Trois façons de s'en sortir, par ordre de coût. La première consiste à maintenir une température de fond entre les séjours, 12 à 14 degrés, et à piloter la relance à distance quelques heures avant l'arrivée. Un thermostat connecté fait ça très bien et évite aussi le risque de gel sur les canalisations.
La deuxième consiste à ajouter un émetteur à réponse rapide dans les deux pièces où vous vivez vraiment : un poêle à bois dans le séjour, un sèche-serviettes soufflant dans la salle de bains. La masse du bâtiment mettra son temps, vous ne l'attendrez pas.
La troisième, la plus lourde, consiste à isoler par l'extérieur. C'est le seul geste qui place la masse du mur du bon côté de l'isolant, du côté chaud, où elle sert de réserve au lieu de servir de radiateur vers le jardin.
Les fausses bonnes idées
Les peintures dites isolantes à microbilles de céramique reviennent régulièrement dans les argumentaires. Leur épaisseur se compte en fractions de millimètre. Aucune couche de peinture n'ajoute d'inertie à un mur, et la résistance thermique apportée est sans commune mesure avec celle de quelques centimètres d'isolant. Sur ce point, le calcul ne tient pas.
Les rideaux épais, en revanche, servent à quelque chose, à condition d'accepter ce qu'ils sont : une réduction des pertes par la fenêtre le soir, pas une modification de l'inertie de la maison. Les fermer à la tombée de la nuit et les ouvrir en grand dès que le soleil donne au sud reste un geste gratuit qui se voit sur la facture d'un hiver.
À retenir avant de faire des travaux
L'inertie n'est ni bonne ni mauvaise en soi, elle se marie avec un mode d'occupation. Continu et permanent : gardez-la, chouchoutez-la, isolez par l'extérieur. Intermittent, week-ends et vacances : jouez la relance pilotée et les émetteurs rapides, et arrêtez de vouloir chauffer les murs. La plupart des mauvaises expériences racontées sur le sujet viennent de ce décalage entre le bâti et la vie qu'on mène dedans.
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