Comment utiliser du marc de café pour allumer un feu de manière économique et écologique ?
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Autant le dire tout de suite : le marc de café, tel qu'il sort de la cafetière, n'allume aucun feu. Il est gorgé d'eau, il est dense, et jeté sur des braises il les étouffe en dégageant une fumée âcre. La méthode qui fonctionne demande deux ingrédients de plus (de la cire et un carton d'œufs) et surtout du temps de séchage. C'est cette recette-là qui vaut le coup, pas la version romantique où l'on vide son filtre dans la cheminée.
Pourquoi le marc seul ne prend pas
Un marc frais sort de la machine avec plus de la moitié de son poids en eau. Un filtre usagé de cafetière familiale pèse une bonne centaine de grammes pour à peine quarante grammes de matière sèche. Tant que cette eau est là, la flamme d'une allumette n'a aucune chance : l'énergie part à vaporiser l'humidité au lieu de porter la matière à sa température d'inflammation.
Une fois sec, le problème change de nature. Le marc de café est une poudre fine, tassée, qui laisse très peu d'air circuler entre ses grains. Il se comporte comme de la sciure compactée : il rougeoie, il couve, il fume, mais il produit rarement la flamme vive dont le petit bois a besoin pour prendre. D'où l'intérêt d'un liant qui apporte le combustible à combustion rapide qui lui manque.
Le séchage, l'étape qui décide de tout
Étalez le marc sur une plaque, en couche de moins d'un centimètre. À l'air libre dans une pièce chauffée, comptez deux à trois jours en hiver. Sur la côte, entre Pornichet et Saint-Nazaire, où l'air ambiant tourne facilement autour de 80 % d'humidité de novembre à mars, ce délai s'allonge et le marc moisit avant d'être sec. Le four est alors plus fiable : 100 degrés, porte entrouverte, une heure et demie environ, en remuant à mi-parcours. Faites-le juste après avoir sorti un plat, sur la chaleur résiduelle, sinon l'électricité dépensée vide l'intérêt de l'opération.
Le marc est prêt quand il s'écoule entre les doigts comme du sable sec et qu'il ne forme plus de motte quand on le presse. Stockez-le dans un bocal en verre, pas dans une boîte en plastique fermée : au moindre reste d'humidité, une odeur de moisi s'installe en quelques jours et le lot est bon pour le compost.
La recette qui marche : marc, cire, carton d'œufs
Récupérez des fonds de bougies, des restes de cire de chauffe-plat ou des bouts de bougie d'anniversaire. Faites-les fondre au bain-marie dans une vieille boîte de conserve, jamais directement sur la plaque : la cire s'enflamme vers 200 degrés et une casserole oubliée fait un joli départ de feu de cuisine.
Remplissez chaque alvéole d'une boîte à œufs en carton de marc bien sec, sans tasser, jusqu'à un ou deux millimètres du bord. Versez la cire fondue par-dessus, doucement, jusqu'à ce qu'elle imprègne toute l'alvéole. Laissez figer une heure, puis découpez les alvéoles une par une avec des ciseaux. Vous obtenez douze cubes qui brûlent chacun cinq à huit minutes, largement de quoi lancer un petit bois correct.
À l'usage, un cube posé sous une pyramide de bûchettes sèches suffit. Le carton fait la mèche, la cire fait la flamme, le marc fait la durée. Retirez les trois et vous n'avez plus qu'une poudre qui fume.
Ce que ça vous fait gagner, honnêtement
Une boîte de trente allume-feux du commerce coûte entre 3 et 5 euros en grande surface. Un foyer qui allume son insert cent fois dans l'hiver dépense donc autour de 15 euros par saison. C'est ce que vous économisez, pas davantage, et il faut en retirer le temps de séchage et la vaisselle de la boîte de conserve. Personne ne s'enrichit avec du marc de café.
L'intérêt est ailleurs. Un couple de buveurs de café produit une quinzaine de kilos de marc par an, qui partent aujourd'hui à l'incinérateur avec le reste des ordures ménagères, alors que c'est une matière sèche et énergétique. En brûler une partie et composter le reste, c'est un déchet de moins dans le sac gris. Et l'odeur de café torréfié qui monte pendant les deux premières minutes d'allumage vaut à elle seule l'essai.
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