Calycé : acteur incontournable de l'agrivoltaïsme en France pour une agriculture durable
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Depuis avril 2024, un projet solaire sur terre agricole ne tient plus à un accord entre un développeur et un propriétaire : il tient à un chiffre, 10 %. C'est la perte de rendement agricole au-delà de laquelle une installation cesse d'être qualifiée d'agrivoltaïque et bascule dans une autre catégorie, beaucoup plus difficile à autoriser. Ce seuil a réorganisé le marché en quelques mois, et il explique mieux que n'importe quel argumentaire pourquoi certains opérateurs, comme Calycé dans le Grand Est, mettent autant en avant leur suivi agronomique.
Ce que la loi appelle agrivoltaïsme, et ce qu'elle refuse d'appeler ainsi
L'agrivoltaïsme désigne une installation photovoltaïque qui apporte un service à la parcelle qu'elle occupe, sans quoi elle n'est qu'une centrale au sol posée sur un champ. Le texte identifie quatre services possibles : l'adaptation au changement climatique, la protection contre les aléas (grêle, gel, excès de soleil), l'amélioration du bien-être animal, et l'apport en eau ou son économie. Un seul suffit, mais il doit être démontré, mesuré et suivi dans le temps.
La production agricole doit rester l'activité principale de la parcelle. Le décret encadre le taux de couverture au sol, exige un suivi par un organisme tiers et impose la remise en état du terrain en fin d'exploitation, garantie financière à l'appui. Une centrale posée sur une friche déclarée agricole pour la forme ne passe plus.
Quatre familles techniques, quatre usages
Les ombrières fixes forment la solution la plus simple : structure figée, hauteur de trois à cinq mètres, passage des engins possible en dessous. On les retrouve sur les grandes cultures, blé ou maïs, où l'enjeu est surtout de limiter l'évapotranspiration lors des étés secs.
Les ombrières dynamiques ajoutent des trackers qui pivotent selon l'heure, la saison et l'état de la culture. Elles coûtent nettement plus cher, mais elles rendent le pilotage possible : on ferme les panneaux pendant un épisode de gel printanier, on les ouvre en pleine floraison. La viticulture et le maraîchage sont les principaux terrains d'expérimentation, avec des essais suivis par l'INRAE sur plusieurs sites du sud de la France depuis le milieu des années 2010.
Les serres photovoltaïques intègrent les modules en toiture, sur des productions déjà abritées comme la tomate ou la fraise. Les centrales sur pâturage, enfin, cohabitent avec des ovins qui entretiennent le couvert végétal entre les rangées.
Le calcul économique côté exploitation
Pour l'agriculteur, l'intérêt tient d'abord au loyer versé par l'opérateur, avec des ordres de grandeur très variables selon les régions et le type d'installation. Vient ensuite l'autoconsommation : un bâtiment d'élevage, une salle de traite ou une chambre froide consomment de l'électricité toute l'année, en journée, ce qui correspond assez bien à la courbe de production solaire. Le surplus part sur le réseau, sous contrat.
Le point de vigilance porte sur la durée. Un contrat court sur vingt à trente ans, soit une génération d'exploitants. La question de la transmission, du sort du bail en cas de vente et du démantèlement à l'échéance se règle au moment de signer, pas quinze ans plus tard. Les chambres d'agriculture proposent une relecture des projets, et il serait dommage de s'en priver.
Calycé, développeur régional depuis 2011
Calycé travaille sur les énergies renouvelables depuis 2011 et développe ses projets agrivoltaïques dans le Grand Est, en particulier en Champagne-Ardenne. Le territoire s'y prête : grandes parcelles céréalières, ensoleillement correct, réseau électrique déjà structuré par l'éolien, et des exploitations de taille suffisante pour absorber un chantier sans arrêter la production.
La société suit le déroulé habituel de la profession : analyse du potentiel du site, études techniques et agronomiques, concertation avec la commune et les riverains, dépôt des autorisations, construction, puis exploitation et maintenance sur la durée du contrat. C'est cette dernière phase qui distingue les opérateurs entre eux. Développer un projet prend deux ans, l'exploiter en dure trente, et le suivi agronomique annuel imposé depuis 2024 se joue précisément là.
Ce qui se jouera dans les prochaines années
Le nombre de dossiers déposés a bondi depuis la publication du décret, et les commissions départementales trient. Les projets qui passeront sont ceux qui documentent réellement l'effet des panneaux sur la culture, chiffres à l'appui, année après année. Les autres découvriront que la case agrivoltaïque n'est pas une formalité administrative.
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