Chauffage au gaz ou électrique : lequel vous fera économiser le plus d'argent ?

Sommaire5 sections
  1. 01Le prix du kWh, et pourquoi il ne suffit pas
  2. 02L'entretien, la ligne qu'on oublie systématiquement
  3. 03Un point du texte d'origine à corriger
  4. 04Sur la Côte d'Amour, la question du raccordement
  5. 05Ce que je conseillerais

La question est presque toujours posée à l'envers. On compare le prix du kilowattheure de gaz à celui de l'électricité, on constate que le gaz est deux fois moins cher, et on en conclut que le gaz gagne. Sauf que la facture d'un foyer ne se résume pas au prix du kWh. Il y a l'abonnement, il y a le rendement de l'appareil, il y a l'entretien annuel obligatoire, il y a la durée de vie de l'installation. Refaisons le calcul sur quinze ans, poste par poste, parce que c'est à cette échelle que la réponse se renverse ou se confirme.

Le prix du kWh, et pourquoi il ne suffit pas

L'écart de prix au kilowattheure est réel et il est massif. Mais un convecteur électrique restitue en chaleur la quasi-totalité de ce qu'il consomme, alors qu'une chaudière gaz perd une partie de son énergie dans les fumées. Une chaudière à condensation récente limite cette perte, une chaudière de vingt ans beaucoup moins. Selon l'âge de l'appareil, l'écart réel se resserre.

Il faut ensuite ajouter l'abonnement. Sur un logement chauffé au gaz, l'abonnement du compteur, dans la tranche destinée au chauffage, coûte plusieurs centaines d'euros par an, qu'on chauffe ou non. Pour un petit appartement peu consommateur, cette part fixe pèse lourd : c'est le cas typique où le gaz perd, alors même que son kWh est deux fois moins cher.

L'entretien, la ligne qu'on oublie systématiquement

La visite annuelle d'une chaudière gaz est obligatoire depuis 2009 et incombe à l'occupant, propriétaire ou locataire. Elle se facture couramment entre 100 et 180 euros selon le contrat et la région. Sur quinze ans, on parle de 1 500 à 2 700 euros qui n'apparaissent nulle part dans les comparateurs en ligne.

À cela s'ajoute le remplacement. Une chaudière gaz dure une quinzaine d'années, parfois vingt avec un bon entretien. Un radiateur électrique bien fait en tient facilement vingt-cinq. Sur la durée, le poste renouvellement pèse dans le même sens que l'entretien.

Un point du texte d'origine à corriger

On lit souvent, y compris dans la version précédente de cet article, qu'un chauffage au gaz « n'a pas besoin de continuer à consommer une fois la température atteinte », contrairement à l'électrique. C'est faux, et le raisonnement thermique ne tient pas. Tout système de chauffage compense en permanence les déperditions du logement, quelle que soit son énergie. Ce qui diffère, c'est l'inertie : un radiateur à eau chaude ou un radiateur électrique à inertie continue de restituer de la chaleur après la coupure, un convecteur direct refroidit en quelques minutes. Tout se joue sur l'inertie du corps de chauffe, pas sur l'énergie employée.

Sur la Côte d'Amour, la question du raccordement

Le débat perd de son intérêt dès qu'on n'a pas le choix. Le réseau de gaz naturel dessert bien les centres de Saint-Nazaire, de La Baule et de Pornichet, mais s'arrête net dans certains secteurs pavillonnaires et dans une partie des communes du marais. Sans raccordement en limite de propriété, l'extension du réseau se chiffre en milliers d'euros et le calcul est plié d'avance.

Le climat compte aussi. La façade atlantique connaît des hivers doux, avec des moyennes de janvier autour de 6 ou 7 degrés à Saint-Nazaire, et une saison de chauffe plus courte que dans l'Est. Moins de kilowattheures consommés, cela veut dire une part fixe qui pèse davantage, donc un abonnement gaz plus difficile à amortir. À logement identique, le gaz est plus rentable à Strasbourg qu'à Pornichet.

Ce que je conseillerais

Dans une maison de plus de 100 m2 déjà raccordée au gaz, avec une chaudière à condensation en état, on ne touche à rien : le remplacement coûterait plus cher que ce qu'il ferait gagner. Dans un appartement bien isolé de moins de 70 m2, l'électrique à inertie est plus simple, sans abonnement lourd ni entretien annuel. Et dans une maison à rénover, la vraie comparaison n'est plus gaz contre électricité mais gaz contre pompe à chaleur, qui rend trois kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé. C'est le seul arbitrage qui change encore les ordres de grandeur.

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