Choisir le bon covering casque : guide pour les motards
Sommaire7 sections
- 01Ce qu'est vraiment le covering
- 02La coque décide de ce qui est possible
- 03Homologation : ce que le film change, et ce qu'il ne change pas
- 04Les types de films, et ce qu'ils valent au quotidien
- 05Poser soi-même, ou payer quelqu'un
- 06Ce que ça coûte, et ce que ça ne protège pas
- 07L'entretien, deux règles et c'est tout
Poser un film adhésif sur un casque de moto, ce n'est pas la même chose que d'en poser un sur un réservoir. La calotte est un élément de sécurité homologué, testé tel qu'il sort de l'usine, et deux gestes de la pose classique lui posent problème : le décapeur thermique et les solvants de préparation ou de retrait. À cela s'ajoute une contrainte franco-française que les tutoriels ignorent, les quatre dispositifs rétroréfléchissants obligatoires. Le covering reste une bonne idée pour changer de tête sans changer de casque, à condition de savoir où sont les limites. Ce guide les pose avant de parler style et budget.
Ce qu'est vraiment le covering
Le covering, ou wrapping consiste à envelopper tout ou partie du casque d'un film adhésif en vinyle, découpé et marouflé sur les formes. L'apparence change, la structure ne bouge pas, et l'opération se défait. C'est la différence avec la peinture, qui elle impose un ponçage, un apprêt et des produits qui attaquent la coque.
Un film de qualité moto fait entre 70 et 100 microns d'épaisseur, avec une colle acrylique repositionnable et des micro-canaux d'évacuation d'air. Le vinyle premier prix des enseignes de bricolage, lui, est un monomère : il rétracte au soleil, laisse une colle dure à retirer au bout de deux étés, et supporte mal les doubles courbures d'une calotte.
La coque décide de ce qui est possible
Regardez d'abord l'étiquette cousue dans la jugulaire ou la fiche du fabricant. Un casque en polycarbonate injecté, c'est-à-dire la majorité de l'entrée et du milieu de gamme, réagit mal aux solvants et à la chaleur. Un casque en composite, fibre de verre ou carbone, tolère nettement mieux les deux, sans pour autant y être insensible.
Sur un polycarbonate, la préparation se fait à l'alcool isopropylique dilué et à rien d'autre. Pas d'acétone, pas de white-spirit, pas de nettoyant pour jantes. Pour la pose, le pistolet à air chaud reste à distance et à basse température, ou mieux, on le remplace par un sèche-cheveux de coiffure, dont la puissance plafonne bien plus bas. Cette contrainte n'est pas théorique : plusieurs fabricants excluent explicitement de leur garantie les casques peints ou recouverts après achat.
Homologation : ce que le film change, et ce qu'il ne change pas
Un casque vendu en France porte une étiquette ECE, aujourd'hui en version 22.06, qui certifie le casque tel qu'il a été présenté aux essais. Recouvrir la calotte d'un vinyle n'annule pas mécaniquement cette homologation : le film ne modifie ni la géométrie, ni la masse de façon sensible, ni le calotin en polystyrène qui absorbe le choc. Personne ne vous verbalisera pour un casque de couleur différente de celle du catalogue.
Deux réserves tout de même. L'étiquette d'homologation cousue sur la jugulaire doit rester lisible, c'est elle que regarde un gendarme lors d'un contrôle, et un covering ne doit jamais la masquer. Et en cas de chute avec expertise, un assureur ou un expert qui constate une coque traitée au solvant peut discuter l'état du casque. Le risque est faible, il n'est pas nul, et il se supprime en respectant les produits.
Les types de films, et ce qu'ils valent au quotidien
Les vinyles coulés unis constituent le choix par défaut : ils épousent les reliefs, se posent en une pièce sur une demi-calotte et se retirent proprement. Les finitions texturées, carbone ou satin, cachent mieux les petits défauts de pose, ce qui en fait un bon choix pour une première tentative. Les films chromés et holographiques coûtent le double, marquent les traces de doigts et supportent mal les lavages répétés en station.
| Type de film | Tenue au soleil | Difficulté de pose |
|---|---|---|
| Vinyle coulé uni | 4 à 6 ans | Accessible |
| Texturé (carbone, satin) | 4 à 5 ans | Accessible, pardonne les défauts |
| Chromé, holographique | 2 à 3 ans | Réservé aux poseurs entraînés |
Poser soi-même, ou payer quelqu'un
La pose maison marche, à trois conditions. Démonter tout ce qui se démonte, écran, mécanismes d'écran, spoiler, aérations et joints, plutôt que de découper autour. Travailler dans une pièce à 20 degrés au moins, parce qu'un vinyle froid ne s'étire pas. Et accepter de perdre une longueur de film sur le premier essai : les zones difficiles sont l'arrière du crâne et le contour de la mentonnière sur un modulable.
Comptez trois à quatre heures pour une première fois sur un jet, davantage sur un intégral. Le professionnel, lui, met une heure et demie et travaille avec des films tracés au plotter d'après le gabarit du modèle. La différence de résultat se voit surtout sur les bords : un rebord de vinyle mal collé décolle au premier lavage haute pression et se remplit d'eau.
Ce que ça coûte, et ce que ça ne protège pas
Les ordres de grandeur constatés chez les poseurs français tiennent dans ce tableau. Ils dépendent du modèle de casque, un intégral demandant plus de matière et plus de temps qu'un jet, et du niveau de découpe si le motif est personnalisé.
| Type de film | Pose soi-même (en €) | Pose chez un professionnel (en €) |
|---|---|---|
| Classique | 50 à 100 | 150 à 250 |
| Texturé | 100 à 150 | 250 à 350 |
| Spécial | 150 à 200 | 350 à 500 |
Un mot sur l'argument de la protection, souvent mis en avant par les vendeurs de films. Un vinyle de 80 microns encaisse les micro-rayures de manche de blouson et les projections de gravillon fin. Il ne change rien à la résistance de la calotte, rien à l'absorption d'énergie du calotin en polystyrène, et il ne prolonge pas la durée de vie du casque, qui reste de cinq ans environ après la date de fabrication moulée à l'intérieur de la coque.
L'entretien, deux règles et c'est tout
Lavage à l'eau tiède et au savon doux, chiffon microfibre, jamais de nettoyant contenant de l'ammoniaque ni de lingette pour pare-brise. Le film craint surtout le stationnement plein sud toute la journée : les couleurs vives et les chromes marquent d'abord sur le dessus. Si un angle commence à décoller, un coup de sèche-cheveux tiède et une pression du pouce suffisent, à condition d'intervenir avant que la poussière ne se glisse sous la colle.
Au moment de retirer le film, chauffez doucement et tirez à 45 degrés, sans arracher. Le reliquat de colle se retire à l'alcool isopropylique, patiemment, et surtout pas au grattoir. Un casque correctement recouvert puis dépouillé ressort comme il était entré, ce qui reste le principal intérêt de la méthode face à la peinture.
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