Comment économiser des centaines d'euros avec une pompe à chaleur réversible ? Découvrez tout sur son fonctionnement et son tarif moyen !
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Une pompe à chaleur réversible se vend toujours sur son bulletin d'hiver : le rendement, les kilowattheures gratuits pris dans l'air, la facture de chauffage divisée. Personne ne parle du mois d'août. C'est pourtant là que se joue une partie du calcul, parce qu'une machine capable de rafraichir finit toujours par rafraichir, et que ce confort-là n'existait pas avant. Sur la Côte d'Amour, où l'hiver descend rarement sous zéro et où les maisons de bord de mer chauffent vite en juillet, la question mérite d'être posée dans l'ordre inverse de la brochure : combien coûte le mode froid, et est-ce qu'il mange les économies du mode chaud ?
Une seule machine, deux sens de circulation
Le principe est celui du réfrigérateur, retourné. Un fluide frigorigène circule en boucle fermée entre une unité posée dehors et une ou plusieurs unités dedans. Le compresseur monte la pression du fluide, donc sa température. Le condenseur libère cette chaleur dans le logement. Le fluide redescend en pression dans le détendeur, se refroidit, et l'évaporateur lui fait reprendre des calories dans l'air extérieur, même à 3 ou 4 degrés.
Ce qui rend l'appareil réversible tient dans une pièce : une vanne d'inversion à quatre voies. Elle change le sens du circuit. L'unité qui chauffait la maison se met à en extraire la chaleur pour la rejeter dehors. Techniquement, il n'y a pas de climatiseur en plus, il y a le même appareil qui tourne à l'envers.
Le mode froid, la dépense que personne ne compte
Voici le point que les devis passent sous silence. Avant l'installation, un logement du littoral atlantique se rafraichissait avec des volets fermés le matin et une fenêtre ouverte le soir : zéro euro. Après, il se rafraichit avec un compresseur. Trois semaines de canicule à 6 heures de fonctionnement par jour sur une machine de 3 kW absorbés, cela fait environ 380 kWh, soit à peu près 80 euros au tarif réglementé. Ce n'est pas ruineux, mais c'est une dépense nette, à retrancher des économies d'hiver.
Mon avis, après avoir vu plusieurs installations dans le secteur : le réversible se défend très bien quand il remplace des convecteurs électriques, et beaucoup moins bien quand on l'achète surtout pour la clim. Dans le second cas, le calcul de rentabilité ne tient pas, on achète du confort et il faut l'assumer comme tel.
Ce que l'air marin change à l'addition
À Pornichet, à La Baule ou sur les quais de Saint-Nazaire, l'unité extérieure vit dans un air chargé de sel. Les ailettes en aluminium de l'échangeur se piquent, l'habillage se corrode, et une machine mal placée perd de son efficacité en quatre ou cinq ans. Deux précautions changent la donne : choisir un modèle avec traitement anticorrosion des batteries, et poser l'unité sur la façade la moins exposée aux vents dominants d'ouest, plutôt qu'en plein sur le pignon face à la mer.
Le rinçage à l'eau claire de l'échangeur extérieur, deux fois par an, coûte dix minutes et repousse la corrosion. Peu d'installateurs le disent au moment de la vente.
Le calcul de retour, fait honnêtement
Prenons une maison de 100 m2 chauffée aux convecteurs, environ 12 000 kWh par an pour le chauffage seul, soit près de 2 400 euros au tarif de base. Avec une PAC air/air à COP saisonnier de 3,5, la même chaleur demande environ 3 400 kWh, soit 680 euros. L'écart annuel tourne autour de 1 700 euros, moins la centaine d'euros de clim estivale et l'entretien.
Sur une installation à 11 000 euros, aides déduites disons 9 000, l'amortissement se situe entre six et sept ans. Le même calcul appliqué à une maison déjà chauffée au gaz condensation donne un résultat très différent, souvent au-delà de douze ans, parce que le point de départ est bien moins cher au kWh utile.
Trois réglages qui font baisser la facture
Le premier tient à la consigne. Chaque degré de plus en hiver coûte environ 7 % de consommation. Un salon à 20 degrés au lieu de 22 change la facture sans qu'on sente grand-chose une fois habillé normalement.
Le deuxième tient à la programmation hebdomadaire. Une PAC met du temps à monter en température, donc les coupures franches n'ont pas de sens : mieux vaut un abaissement de 2 ou 3 degrés la nuit et pendant les absences de journée, plutôt qu'un arrêt complet suivi d'une relance à pleine puissance.
Le troisième tient aux filtres des unités intérieures. Encrassés, ils réduisent le débit d'air, et le compresseur compense en tournant plus longtemps. Un passage à l'aspirateur toutes les trois semaines pendant la saison de chauffe suffit.
Une PAC réversible n'est ni une martingale ni un gadget. C'est une machine qui rend beaucoup de services à celui qui se chauffait à l'électrique direct dans un logement correctement isolé, et qui met plus de dix ans à se rembourser chez les autres. Avant de signer, demandez le calcul de déperditions, le COP saisonnier annoncé pour votre zone climatique, et le prix de l'entretien annuel. Ces trois lignes en disent plus long que toute la plaquette.
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