Comment garantir des économies importantes en choisissant le bon fournisseur d'électricité ?

Sommaire6 sections
  1. 01Ce qu'un fournisseur peut réellement faire baisser
  2. 02La puissance souscrite, le poste que personne ne regarde
  3. 03Heures creuses : rentable seulement si vous décalez vraiment
  4. 04Comparer sans se faire avoir
  5. 05EDF, Engie, TotalEnergies : où en est-on
  6. 06Et les gestes du quotidien

Disons-le tout de suite : changer de fournisseur d'électricité ne garantit aucune économie importante. Sur une facture annuelle, l'écart entre l'offre la moins chère du marché et le tarif réglementé se compte en dizaines d'euros, rarement en centaines, parce que la part sur laquelle un fournisseur peut jouer représente moins de la moitié de ce que vous payez. Le reste, ce sont les taxes et l'acheminement, identiques pour tout le monde. Les vrais leviers sont ailleurs : la puissance de votre compteur, votre option tarifaire, et surtout le fait de vérifier une fois par an que vous payez toujours ce que vous croyez payer.

Ce qu'un fournisseur peut réellement faire baisser

Votre facture d'électricité se décompose en trois blocs. Le prix de l'énergie elle-même, sur lequel le fournisseur fixe sa marge. Le tarif d'utilisation des réseaux (le TURPE), fixé par la Commission de régulation de l'énergie et strictement identique quel que soit le nom sur votre facture. Et les taxes, dont l'accise sur l'électricité, votée au Parlement. Enedis relève votre compteur et intervient en cas de panne dans les deux cas : c'est le même technicien qui vient rue de la Plage à Pornichet, que vous soyez chez EDF ou chez un concurrent.

Un fournisseur négocie donc sur un tiers à 40 % du total. Les publicités qui promettent « jusqu'à 30 % d'économies » comparent le prix du kWh hors taxes, pas la facture.

La puissance souscrite, le poste que personne ne regarde

Beaucoup de logements de la Côte d'Amour sont abonnés en 9 kVA alors que 6 kVA suffiraient. Cela arrive souvent dans les maisons des années 1970 où le chauffage électrique d'origine a été remplacé par une pompe à chaleur ou un poêle, sans que personne ne pense à revoir le contrat. L'abonnement, lui, continue de facturer la puissance d'avant, tous les mois, pendant quinze ans.

La vérification prend cinq minutes sur l'espace client d'Enedis : si votre pic de consommation ne dépasse jamais 5 kW, même un soir de janvier avec le four et le lave-linge en marche, vous payez une puissance que vous n'utilisez pas. Le changement est gratuit une fois par an chez la plupart des fournisseurs.

Heures creuses : rentable seulement si vous décalez vraiment

L'option heures creuses coûte un abonnement plus cher et un kWh plus cher en journée, en échange de huit heures moins chères la nuit. Le calcul bascule autour de 30 à 40 % de la consommation déplacée. Un chauffe-eau sur contacteur y arrive tout seul. Une maison sans ballon électrique et sans voiture à recharger, non : vous paierez plus cher qu'en tarif de base.

Si vous avez une borne de recharge ou un ballon de 200 litres, l'option se défend. Sinon, repassez en base. Le changement d'option est gratuit et se fait depuis l'espace client, sans intervention d'un technicien.

Comparer sans se faire avoir

Un seul comparateur n'est pas rémunéré par les fournisseurs : celui du médiateur national de l'énergie. Les autres touchent une commission par contrat signé, ce qui explique que le classement varie selon le site. Quand vous comparez, ramenez tout à un montant annuel, abonnement compris, pour votre consommation réelle en kWh (elle figure sur votre dernière facture de régularisation).

Regardez surtout la nature du prix. Une offre à prix fixe bloque le kWh hors taxes pendant un ou deux ans, pas les taxes. Une offre indexée suit le tarif réglementé avec une remise en pourcentage. Une offre à prix variable peut être révisée par le fournisseur à sa main : c'est celle qui a laissé le plus de mauvais souvenirs pendant la flambée de 2022.

EDF, Engie, TotalEnergies : où en est-on

Trois noms reviennent dans les questions qu'on nous pose.

  • EDF reste le seul à proposer le tarif réglementé de vente. C'est le repère du marché : toutes les autres offres se comparent à lui. Ce n'est pas systématiquement le moins cher, mais c'est le plus lisible, et il ne bougera pas sans décision publique.
  • Engie, ancien GDF Suez, joue beaucoup sur les offres dites vertes, adossées à des garanties d'origine. Ces garanties sont des certificats achetés séparément : elles financent de la production renouvelable, elles ne changent rien aux électrons qui arrivent chez vous.
  • Direct Energie n'existe plus sous ce nom. Racheté par Total en 2018, il est devenu Total Direct Energie, puis TotalEnergies.

Et les gestes du quotidien

Ils comptent, mais pas tous pareil, et les listes qui circulent mélangent des économies de 3 euros et des économies de 300 euros. Le chauffage domine tout le reste : un degré de moins dans le salon, c'est environ 7 % de consommation de chauffage en moins, et cela se voit sur la facture d'un logement chauffé à l'électrique. Les veilles d'appareils pèsent beaucoup moins, quelques dizaines d'euros par an. Le chauffe-eau, lui, mérite un mot : sur la côte l'eau est calcaire, la résistance s'entartre, et un ballon négligé consomme plus pour chauffer la même quantité d'eau.

Le fournisseur est un sujet où l'on peut passer beaucoup de temps pour peu de résultat. Une heure par an suffit à vérifier qu'on ne paie pas une offre oubliée depuis quatre ans. Le gain réel, lui, se joue sur la puissance souscrite, l'option tarifaire et le chauffage.

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