Comment sauver des milliers d'euros sur vos charges de copropriété grâce à la performance énergétique en 2021 ?

Sommaire4 sections
  1. 01La loi de 2021 a changé la donne pour les immeubles anciens
  2. 02Le vote passe plus facilement qu'on ne le croit
  3. 03L'isolation, avec des ordres de grandeur honnêtes
  4. 04Ce qui fait échouer les projets

Dans une copropriété, le poste chauffage se lit sur l'appel de charges du trimestre, et tout le monde sait déjà quoi faire pour le réduire : isoler, réguler, remplacer la chaudière. Le blocage n'a jamais été technique. Il est dans l'ordre du jour de l'assemblée générale, dans le délai de convocation et dans la trésorerie du syndicat. Une copropriété décide une fois par an, et une rénovation énergétique demande en général trois décisions successives. Voilà pourquoi un immeuble met cinq ans à faire ce qu'un pavillon fait en un été.

La loi de 2021 a changé la donne pour les immeubles anciens

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a imposé aux copropriétés de plus de quinze ans un projet de plan pluriannuel de travaux, le PPT, avec une entrée en vigueur échelonnée selon le nombre de lots. Le document dresse la liste des travaux à prévoir sur dix ans, les hiérarchise et les chiffre. Il oblige surtout le conseil syndical à parler d'argent avant que la chaudière ne lâche un dimanche de février.

S'y ajoute le diagnostic de performance énergétique collectif, qui donne une étiquette à l'immeuble entier. Beaucoup de copropriétaires découvrent alors que leur appartement refait à neuf est logé dans un bâtiment classé E ou F, ce qui pèse sur la revente et sur la possibilité de louer.

Le vote passe plus facilement qu'on ne le croit

Une idée fausse circule dans les assemblées : les travaux d'économie d'énergie exigeraient une majorité écrasante. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2020, ces travaux relèvent de la majorité de l'article 24, c'est-à-dire la majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés. Les absents ne comptent pas contre le projet, ils ne comptent pas du tout. Un conseil syndical qui prépare son AG et mobilise vingt présents fait passer un audit sans difficulté.

Le fonds de travaux, lui, est obligatoire et alimenté chaque année. Il ne couvre pas un ravalement complet, mais il évite l'appel de fonds brutal qui fait capoter le vote.

L'isolation, avec des ordres de grandeur honnêtes

Les combles restent le meilleur rapport gain sur dépense : la chaleur part par le haut et le chantier est simple. Les murs coûtent trois à cinq fois plus cher et supposent un échafaudage. Les fenêtres arrivent en dernier, parce qu'elles se voient et qu'elles rapportent le moins. Le tableau ci-dessous reprend des ordres de grandeur souvent cités pour un logement moyen, des repères et non un devis.

PosteCoût par logementGain annuelRetour
Isolation des comblesenviron 1 500 eurosenviron 200 euros7 à 8 ans
Isolation des mursenviron 3 000 eurosenviron 400 euros7 à 8 ans
Remplacement des fenêtresenviron 5 000 eurosenviron 600 euros8 ans et plus

Ces retours supposent un prix de l'énergie stable, hypothèse que personne ne tient depuis 2021 : une hausse du gaz raccourcit tous les délais du tableau, une baisse les allonge.

Ce qui fait échouer les projets

Trois causes reviennent. Le syndic qui n'a jamais monté de dossier de rénovation et laisse traîner les pièces. Le conseil syndical qui annonce un chiffre global sans l'avoir traduit en euros par tantième, ce qui affole la salle. Le mélange des sujets, enfin : un vote d'isolation greffé sur un ravalement contesté meurt avec le ravalement.

La parade tient en une ligne : faire circuler le montant par logement, aides déduites, avant l'assemblée. Un copropriétaire qui a eu trois semaines pour digérer un chiffre vote autrement que celui qui le découvre debout dans la salle des fêtes.

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