Comment transformer ma maison en un paradis écologique et faire des économies ?
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Un « paradis écologique », ça ne veut rien dire, et le problème de ce genre de promesse c'est qu'elle pousse à commencer par le mauvais bout. La plupart des gens attaquent par les ampoules et les multiprises à interrupteur, parce que c'est facile et immédiat, puis s'arrêtent là. Or dans une maison de la Côte d'Amour, l'éclairage pèse quelques pour cent de la facture quand le chauffage en pèse les deux tiers. Cet article prend donc la question par l'ordre des dépenses : que faire en premier, avec quel budget, et pour quel gain réel. Le classement n'a rien d'intuitif.
Premier euro : les combles
Isoler des combles perdus reste l'opération la plus rentable du bâtiment résidentiel, et de loin. On souffle de la laine minérale ou de la ouate de cellulose sur le plancher haut, une journée de chantier suffit pour une maison de plain-pied, et le coût au mètre carré se compte en dizaines d'euros posé. À côté, un chantier de mur par l'extérieur se chiffre autour de cent cinquante à deux cents euros du mètre carré.
Sur les pavillons des années 1960 et 1970 qu'on trouve derrière la côte, entre Pornichet et Saint-Nazaire, les combles ont souvent reçu dix centimètres de laine de verre à la construction. Elle s'est tassée, elle est grise, elle ne fait plus grand-chose. Passer à trente centimètres change la sensation dès le premier hiver, en particulier dans les chambres à l'étage.
Deuxième euro : l'air qui passe
Personne n'en parle et pourtant les fuites d'air pèsent autant que les murs. Bas de porte, trappe de comble, passages de gaines dans les cloisons, coffres de volets roulants, entrées de câbles au tableau. Le coffre de volet roulant est le champion toutes catégories : un volume ouvert sur l'extérieur, juste au-dessus de la fenêtre, en général sans le moindre isolant.
Le test coûte zéro euro et se fait un jour de vent, ce qui, ici, arrive assez souvent. On promène une bougie ou un simple bâton d'encens le long des menuiseries et des plinthes, fenêtres fermées, et on note où la flamme se couche. Un rouleau de joint mousse et une bombe de mousse expansive traitent ensuite la moitié des points repérés pour le prix d'un plein d'essence.
Une réserve, quand même : une maison qu'on rend étanche doit respirer par ailleurs. Si vous bouchez tout sans ventilation mécanique, vous récupérez de la condensation dans les angles et des moisissures derrière les meubles. Les entrées d'air des menuiseries ne se calfeutrent pas.
Troisième euro : la façon dont vous chauffez
Sur la presqu'île, le convecteur électrique domine encore largement dans les maisons construites avant 1990, et les résidences secondaires transformées en logement principal traînent parfois des grille-pain d'origine. Remplacer un convecteur par un modèle à inertie n'apporte pas grand-chose sur le compteur, contrairement à ce qu'on lit partout : c'est du confort, pas de l'économie. Le rendement d'une résistance est de 100 %, quelle que soit sa carrosserie.
Le vrai saut se fait avec une pompe à chaleur, air-air ou air-eau, qui restitue trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé. Le climat océanique de la Loire-Atlantique lui va bien : les hivers y sont doux, et le coefficient de performance d'une pompe à chaleur s'effondre surtout par grand froid, ce qu'on connaît peu ici. En revanche l'air marin attaque l'unité extérieure. Prévoyez un modèle traité contre la corrosion saline et un rinçage à l'eau douce de temps en temps si vous êtes à moins d'un kilomètre du rivage.
Le solaire, oui, mais pas en premier
Poser des panneaux sur une maison passoire revient à remplir un seau percé. L'ordre logique reste isolation, puis ventilation, puis production. Cela dit, une fois le bâti tenu, l'autoconsommation photovoltaïque a du sens sur cette côte : on y compte de bonnes heures d'ensoleillement pour une latitude de 47 degrés, autour de 1 100 kWh produits par an et par kilowatt-crête installé.
Le calcul se fait sur ce que vous consommez pendant la journée, pas sur ce que vous produisez. Un couple absent de 8 h à 19 h autoconsomme mal, sauf à décaler le chauffe-eau et le lave-linge en milieu de journée. Un retraité, un télétravailleur ou une famille avec des enfants à la maison le mercredi, c'est autre chose.
Les petits gestes, à leur juste place
Les LED, le séchage à l'air libre, la machine remplie, la multiprise coupée la nuit : tout ça est vrai, tout ça se garde, et tout ça représente quelques dizaines d'euros par an. Ce sont des habitudes, pas un plan de rénovation. Les mettre sur le même plan qu'une isolation de combles, comme le font la plupart des listes de conseils, brouille complètement la hiérarchie.
Si vous ne deviez retenir qu'une chose : commencez par un audit énergétique ou au minimum un DPE récent, faites chiffrer la toiture, et gardez les gestes du quotidien pour ce qu'ils sont, un accompagnement du reste.
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