COP28 : Le secret surprenant que les gouvernements cachent !

La Conférence des Parties (COP) est un événement mondial qui réunit des représentants de différents pays pour discuter des problèmes liés au changement climatique.
Sommaire5 sections
  1. 01Ce qui se jouait à Dubaï en décembre 2023
  2. 02L'argent va toujours dans l'autre sens
  3. 03Le lobbying, lui, se compte
  4. 04Et pour quelqu'un qui habite Saint-Nazaire ou La Baule ?
  5. 05Questions fréquentes

Il n'y a pas de secret. C'est la première chose à dire quand on lit un titre pareil, et c'est ce qui rend le sujet plus dérangeant qu'une conspiration : tout est publié. Les engagements climatiques de chaque pays sont déposés auprès de l'ONU, les inventaires d'émissions sont consultables, les subventions aux énergies fossiles sont chiffrées par l'Agence internationale de l'énergie, et l'écart entre ce qui est promis et ce qui est fait est calculé chaque année dans un rapport public. Quand la COP28 s'est ouverte à Dubaï le 30 novembre 2023, aucun de ces chiffres n'était caché. Ils étaient simplement peu commentés.

Ce qui se jouait à Dubaï en décembre 2023

La 28e Conférence des Parties se tenait du 30 novembre au 12 décembre 2023 aux Émirats arabes unis, sous la présidence de Sultan Al Jaber, également directeur général de la compagnie pétrolière nationale ADNOC. Ce cumul a occupé une bonne partie des commentaires d'ouverture, et on peut comprendre pourquoi.

Au programme, un exercice inédit depuis l'accord de Paris : le premier bilan mondial, le global stocktake. Il s'agissait de comparer la somme des engagements nationaux à la trajectoire nécessaire pour rester sous 1,5 degré, puis d'en tirer des conclusions collectives. Le fonds « pertes et dommages », destiné aux pays les plus exposés aux catastrophes climatiques, a lui été acté dès la première journée, avec des premières contributions annoncées dans les heures qui ont suivi.

L'argent va toujours dans l'autre sens

Le point le moins discuté est aussi le plus parlant. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les subventions publiques à la consommation d'énergies fossiles ont franchi le seuil des 1 000 milliards de dollars en 2022, un record, poussé par les boucliers tarifaires mis en place après la flambée des prix. Des États qui signent des textes sur la sortie du charbon subventionnent au même moment le gaz et le carburant de leurs ménages.

Ce n'est pas nécessairement de l'hypocrisie. Un gouvernement qui laisse le prix du fioul doubler en un hiver tombe. La contradiction est réelle, et elle ne se résout pas dans une salle de conférence : elle se résout dans des budgets nationaux, avec des arbitrages qui font perdre des élections. Voilà pourquoi les COP avancent lentement, et l'explication est moins spectaculaire qu'un complot.

Le lobbying, lui, se compte

Les COP publient la liste de leurs participants accrédités. Des ONG épluchent ce fichier chaque année et y comptent les représentants des industries fossiles. À Dubaï, ce décompte a dépassé plusieurs fois celui des délégations de nombreux pays du Sud pris isolément. Là encore, l'information est disponible, il faut simplement aller lire un tableau de plusieurs dizaines de milliers de lignes.

Le débat de fond portait sur trois mots : sortie, réduction, ou abattement des énergies fossiles. Derrière ce vocabulaire se cachait la question de la capture et du stockage de carbone, technologie qui autoriserait à continuer de brûler à condition de piéger le CO2. Les pays producteurs la défendaient, une large coalition d'États européens, insulaires et latino-américains demandait un calendrier de sortie sans échappatoire technologique.

Et pour quelqu'un qui habite Saint-Nazaire ou La Baule ?

Ces conférences paraissent très loin, et pourtant le littoral de Loire-Atlantique se trouve directement concerné par ce qui s'y décide. Le trait de côte de la Côte d'Amour, les marais salants de Guérande, la Brière : ce sont des zones basses, sensibles à l'élévation du niveau marin et aux submersions lors des tempêtes de sud-ouest. Les documents d'urbanisme locaux intègrent depuis plusieurs années des cartes d'aléa qui découlent, en dernière analyse, des trajectoires discutées dans ces salles.

À l'échelle individuelle, la marge reste modeste et les gestes bien connus. La différence se fait plutôt dans les décisions rares : le mode de chauffage qu'on installe pour vingt ans, l'isolation d'une maison des années 60, le choix d'une voiture. Ce sont ces arbitrages-là qui pèsent, et ils ne dépendent d'aucune conférence internationale.

Questions fréquentes

Quand s'est tenue la COP28 ?

Du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, sous l'égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Un citoyen peut-il y participer ?

L'accès aux négociations est réservé aux délégations et aux observateurs accrédités, généralement via une organisation. Une zone dite « bleue » accueille les négociations, une zone « verte » est ouverte plus largement au public et aux entreprises. Concrètement, l'action locale et l'interpellation des élus restent les leviers accessibles à tout le monde.

À quoi servent les COP si rien n'est contraignant ?

À fixer un cadre commun de mesure et un rendez-vous régulier. C'est peu, et c'est pourtant ce qui a fait passer les trajectoires attendues de plus de 3,5 degrés au moment de l'accord de Paris à une fourchette autour de 2,5 degrés dix ans plus tard. Insuffisant pour tenir 1,5, mais la pente a bougé.

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