Découvrez combien vous pourriez économiser avec une pompe à chaleur air/air en 2022 !

Sommaire4 sections
  1. 01Ce que la machine fait de l'électricité qu'elle consomme
  2. 02Là où le calcul ne tenait pas
  3. 03Les postes que les devis oubliaient
  4. 04Les réglages qui faisaient la différence

En 2022, la question de la pompe à chaleur air/air ne se posait plus dans les mêmes termes que deux ans plus tôt. Le bouclier tarifaire avait limité à 4 % la hausse du tarif réglementé de l'électricité en février, alors qu'elle aurait dépassé 30 % sans lui, et tout le monde savait que le plafond finirait par sauter. Les devis de pompes à chaleur ont explosé cet hiver-là, souvent chez des gens qui n'avaient jamais fait le calcul. Reprenons-le donc, avec les chiffres de l'époque, et sur le seul cas où il donnait un résultat franchement favorable : le remplacement de convecteurs électriques.

Ce que la machine fait de l'électricité qu'elle consomme

Un convecteur transforme 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur. C'est un plafond physique, aucune marque ne fait mieux. Une pompe à chaleur air/air ne produit pas de chaleur, elle la déplace : une unité extérieure prélève des calories dans l'air, un fluide frigorigène les transporte, des unités intérieures les relâchent dans les pièces. Le compresseur consomme de l'électricité pour faire circuler tout ça, et le rapport entre la chaleur rendue et l'électricité absorbée tourne entre 3 et 4 sur une saison entière.

Ce rapport dépend beaucoup de la température extérieure, ce qui donne un avantage réel au littoral atlantique. À Saint-Nazaire, la moyenne des minimales de janvier tourne autour de 4 degrés et les journées de gel se comptent sur les doigts d'une main la plupart des hivers. Une PAC air/air y travaille presque toujours dans sa zone de bon rendement, alors que la même machine installée en Haute-Loire passe des semaines en dessous de son point de bascule.

Là où le calcul ne tenait pas

Ce chiffre de 1 500 euros circulait beaucoup en 2022, y compris chez des installateurs qui l'appliquaient à n'importe quel logement. Il ne valait que pour le point de départ le plus défavorable, c'est-à-dire l'électrique direct.

Sur une maison déjà chauffée au gaz de ville, l'écart fondait, parce que le kWh de gaz était lui aussi sous bouclier tarifaire et coûtait bien moins cher au kilowattheure utile. Sur une maison mal isolée, le gain existait, mais la machine devait être plus puissante, donc plus chère, et tournait plus souvent à pleine charge, donc à un rendement inférieur à celui de la fiche technique. Et dans une maison où l'on ne chauffait que deux pièces, l'installation multisplit revenait à équiper des pièces qu'on ne chauffait pas.

Les postes que les devis oubliaient

Une pompe à chaleur air/air demande un entretien. Nettoyage des filtres des unités intérieures toutes les trois semaines en saison, et contrôle annuel par un professionnel, facturé entre 120 et 200 euros. Au-delà d'une certaine charge de fluide frigorigène, ce contrôle devient obligatoire.

Il y a aussi la corrosion, sujet local. Une unité extérieure posée face au large, sur le front de mer de Pornichet ou sur les hauteurs de La Baule, prend du sel en continu. Les modèles sans traitement anticorrosion des batteries perdent en efficacité en quelques années, et le remplacement de l'échangeur coûte cher. Un rinçage à l'eau douce au printemps et à l'automne repousse le problème de plusieurs années.

Dernier poste, le plus discret : la climatisation. Une machine réversible finit toujours par servir en été, et cette consommation-là n'existait pas avant. Comptez quelques dizaines d'euros par saison sur la côte, davantage à l'intérieur des terres.

Les réglages qui faisaient la différence

La consigne d'abord. Une pièce de vie à 19 ou 20 degrés en hiver, des chambres à 17, et l'on gagne environ 7 % de consommation par degré non chauffé. C'est le levier le plus efficace, et il est gratuit.

Le mode de fonctionnement ensuite. Sur une PAC, couper franchement pendant la journée puis relancer à fond le soir coûte plus cher qu'un abaissement de deux ou trois degrés : la remise en température se fait à pleine puissance, dans la zone où le rendement est le moins bon. Les modes Économie et Nuit des télécommandes servent précisément à cela.

L'isolation enfin. Une PAC posée sur des combles non isolés chauffe le ciel avec un meilleur rendement, ce qui reste du gaspillage. Un tiers des pertes d'une maison ancienne part par la toiture, et l'isolation des combles perdus coûtait alors une fraction du prix de la pompe à chaleur.

Un mot sur ce qu'on ne pouvait pas savoir alors. Les projections faites fin 2022 reposaient sur des prix de l'électricité maintenus artificiellement bas et sur un bouclier tarifaire présenté comme provisoire. Les devis signés cet hiver-là ont été calculés sur une hypothèse, pas sur une certitude. C'est la limite de tout calcul de rentabilité en période de crise énergétique, et cela n'enlève rien au raisonnement de fond : la PAC air/air reste intéressante quand elle remplace du convecteur dans un logement isolé, et discutable partout ailleurs.

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