Découvrez les secrets des matériaux écologiques pour construire votre maison de rêve !

Sommaire5 sections
  1. 01Isoler et stocker la chaleur, ce sont deux métiers différents
  2. 02Le déphasage, la donnée qu'on ne trouve jamais en tête de fiche
  3. 03Énergie grise : le chiffre qui départage les « écologiques »
  4. 04Le bois, à condition de regarder l'étiquette
  5. 05Ce qu'il faut demander au fournisseur

Il n'y a pas de secret des matériaux écologiques. Il y a trois nombres imprimés sur chaque fiche technique, que presque personne ne regarde, et qui disent tout : la conductivité thermique, la densité et l'énergie grise. Le reste appartient au discours commercial. Cet article explique comment lire ces trois nombres, et pourquoi ils démentent régulièrement l'argumentaire du fabricant.

Isoler et stocker la chaleur, ce sont deux métiers différents

La confusion la plus répandue concerne la terre crue et la pierre. On lit partout que la brique de terre crue offre une excellente isolation thermique. C'est faux, et cette erreur de vocabulaire coûte cher au moment du chantier. La terre crue conduit la chaleur à peu près comme du béton plein : son lambda tourne autour de 0,7 à 1,0 W/m.K, quand une laine de bois est à 0,038. Un mur en terre crue de 40 centimètres isole moins bien que 5 centimètres de laine.

Ce que la terre crue fait très bien, c'est stocker. Sa masse absorbe la chaleur de la journée et la restitue la nuit, elle régule l'humidité intérieure, elle amortit les variations de température. C'est de l'inertie, une qualité réelle, mais qui ne remplace pas un isolant. Une maison en terre crue non isolée, en Loire-Atlantique, est fraîche en août et froide en février.

Autre point de vocabulaire : la terre crue et la terre cuite sont deux produits distincts. La cuite passe au four à plus de 900 degrés, la crue sèche à l'air. Prix, bilan carbone et comportement à l'eau n'ont rien à voir.

Le déphasage, la donnée qu'on ne trouve jamais en tête de fiche

Le déphasage mesure le temps que met la chaleur extérieure à traverser une paroi. Il se calcule à partir de la densité et de la capacité thermique du matériau. Une laine de verre en toiture laisse passer le pic de chaleur en trois ou quatre heures. Une fibre de bois de même épaisseur, environ trois fois plus dense, le retarde de dix à douze heures : le pic arrive au milieu de la nuit, quand on peut ouvrir les fenêtres.

Pour des combles aménagés sous rampants, c'est le critère qui décide de la qualité du sommeil en juillet. Pour des combles perdus non habités, il compte beaucoup moins, et une laine soufflée bon marché fait le travail. Le même euro n'a pas la même valeur selon l'endroit où on le pose.

Énergie grise : le chiffre qui départage les « écologiques »

Deux matériaux peuvent isoler pareil et avoir un bilan de fabrication sans rapport. La ouate de cellulose vient de journaux recyclés broyés, additionnés de sel de bore. Le polystyrène expansé vient du pétrole. La laine de verre part de sable et de verre recyclé fondus à 1 400 degrés. Le béton cellulaire, souvent présenté comme un choix vert, mobilise du ciment, de la chaux et un procédé d'autoclavage à haute température.

La donnée existe et elle est publique : elle figure dans les fiches de déclaration environnementale et sanitaire, les FDES, consultables sur la base INIES. C'est une base gratuite, en français, et c'est le seul endroit où les affirmations d'un fabricant deviennent vérifiables. Prenez dix minutes pour y chercher un produit avant de signer un devis.

Le bois, à condition de regarder l'étiquette

Le bois de structure coche beaucoup de cases : il stocke du carbone pendant la vie du bâtiment, il se travaille sec, il se démonte. Mais « bois » ne dit rien à lui seul. Un douglas des Landes et un pin sylvestre venu de Sibérie n'ont pas le même bilan transport. Les labels FSC et PEFC certifient une gestion forestière, pas une distance ni une essence.

Sur la façade atlantique, l'autre question est celle de la classe d'emploi. Un bardage exposé à l'ouest, pluie et sel compris, réclame au minimum une classe 3, voire un bois purgé d'aubier ou traité thermiquement. Un mélèze mal posé grisaille en deux ans et se déforme en cinq. Ça ne se voit pas sur la plaquette.

Ce qu'il faut demander au fournisseur

Trois questions suffisent à trier. Quel est le lambda du produit, à quelle épaisseur, et quelle résistance thermique ça donne pour la paroi concernée. Quelle est sa densité. Existe-t-il une FDES. Un interlocuteur sérieux répond en deux minutes ou envoie la documentation dans la journée. Un vendeur qui répond en parlant de matériau naturel et de bien-être vous fera payer le vocabulaire.

Résumer cet article avec :

Partager :