Est-ce que le compteur Linky va réellement révolutionner votre facture d'électricité ?

Sommaire5 sections
  1. 01Ce que le compteur fait réellement
  2. 02Lire sa courbe de charge une fois, sérieusement
  3. 03La puissance souscrite, le gain le plus simple
  4. 04Heures creuses : rentable seulement si vous déplacez du volume
  5. 05Ondes et données, l'état de la question

Posons-le tout de suite : un compteur Linky n'a jamais fait baisser une facture d'électricité. Il compte, il transmet, il ne consomme rien à votre place. Ce qui peut faire baisser la facture, c'est la donnée qu'il produit, à condition d'aller la chercher. Le déploiement lancé en 2015 s'est achevé au début des années 2020 avec environ 35 millions d'appareils posés, et la quasi-totalité des foyers de Saint-Nazaire et de la côte en ont un. La question n'est plus de savoir s'il faut l'accepter, mais ce qu'on en fait.

Ce que le compteur fait réellement

Trois choses, pas davantage. Il relève la consommation à distance, ce qui met fin aux factures estimées et aux régularisations de fin d'année. Il évite le déplacement d'un technicien pour un changement de puissance ou une mise en service. Et il enregistre une courbe de charge, votre consommation heure par heure, parfois par tranches de trente minutes.

Ce dernier point est le seul qui compte, et c'est celui dont personne ne parle au moment de la pose. L'enregistrement détaillé n'est pas actif par défaut : il faut l'autoriser dans l'espace client Enedis. Tant que ce n'est pas fait, votre compteur intelligent vous donne un chiffre par jour, guère mieux que l'ancien disque du placard.

Lire sa courbe de charge une fois, sérieusement

Une soirée suffit. Vous ouvrez la semaine écoulée et vous cherchez trois choses. Le socle d'abord : la consommation qui ne descend jamais, entre 3 h et 5 h du matin. Si ce plancher dépasse 300 watts dans un logement sans chauffage électrique, quelque chose tourne pour rien, un vieux congélateur au garage, une pompe de filtration mal programmée, un ballon qui chauffe en pleine journée. Les pics ensuite, ces créneaux où vous frôlez votre puissance maximale. Les écarts entre jours enfin, qui disent ce que coûte vraiment une lessive ou une soirée à quatre plaques allumées.

La puissance souscrite, le gain le plus simple

Beaucoup de logements sont abonnés en 9 kVA alors qu'ils n'ont jamais dépassé 5 kVA en pointe. L'écart d'abonnement entre 6 et 9 kVA représente une quarantaine d'euros par an au tarif réglementé, payés pour rien. La courbe de charge tranche : si votre maximum de l'hiver, chauffage compris, reste sous 5,5 kVA, descendez d'un cran. La modification se fait à distance, pour quelques euros de frais.

Prudence si vous chauffez à l'électrique et rechargez une voiture, ou si le ballon se déclenche en même temps que les plaques : le disjoncteur ne prévient pas.

Heures creuses : rentable seulement si vous déplacez du volume

L'option est vendue comme une évidence. Elle ne l'est pas. L'abonnement coûte un peu plus cher qu'en tarif de base, et l'écart entre les deux prix du kWh ne se rattrape que si une part sérieuse de votre consommation bascule sur les huit heures concernées. Un ballon d'eau chaude, un lave-linge et un lave-vaisselle programmés la nuit y arrivent. Un studio chauffé au gaz avec un frigo et une box, non. Le calcul prend dix minutes : additionnez ce que vous consommez déjà pendant vos plages creuses et comparez au total. En dessous de 30 %, restez en base.

Ondes et données, l'état de la question

Le Linky communique par courants porteurs, sur le câble électrique lui-même, et non par ondes radio comme un téléphone. L'Anses concluait en 2017 à une exposition très faible aux champs électromagnétiques, du même ordre que celle d'appareils domestiques déjà présents. Côté données, le point sensible reste la courbe de charge détaillée : elle appartient au consommateur, elle exige son accord et elle se désactive aussi facilement qu'elle s'active.

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