Est-ce que le courant faible en électricité pourrait vous faire économiser des centaines d'euros chaque année ?
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Il y a un malentendu à lever avant tout le reste : en électricité, le courant faible ne désigne pas une consommation réduite. C'est un domaine technique, celui des signaux de faible tension, généralement sous 50 volts. Le téléphone, l'informatique, l'alarme, l'interphone, l'antenne, le thermostat, le fil pilote des radiateurs. Rien à voir avec le fait de payer moins cher son électricité. Alors non, « passer au courant faible » ne fera pas économiser des centaines d'euros par an. En revanche, un équipement de courant faible bien précis, le pilotage du chauffage, peut effectivement changer la facture, et c'est de celui-là qu'il faut parler.
Ce qu'est réellement le courant faible chez vous
Ouvrez le coffret de communication à côté de votre tableau électrique, dans un logement construit ou rénové depuis 2010. Ce boîtier gris, souvent négligé, c'est le courant faible : arrivée fibre ou cuivre, brassage des prises RJ45, parfois la répartition TV. À côté de ça, dans le reste du logement, on trouve les câbles de sonde de température, le bus des volets roulants motorisés, la boucle de détection d'un système d'alarme.
Ces circuits consomment très peu par eux-mêmes. Une box internet tire autour de 15 W en continu, un décodeur autant, un système d'alarme quelques watts. Additionnés sur l'année, on parle de quelques dizaines d'euros. Les débrancher la nuit relève de la bonne hygiène, pas de la stratégie d'économie.
Le fil pilote, la vraie affaire
Le fil pilote est un conducteur de courant faible, généralement noir, présent sur la plupart des radiateurs électriques installés depuis les années 1990. Il ne transporte pas la chaleur, il transporte un ordre : confort, éco, hors gel, arrêt. C'est lui qui permet de baisser toute une maison de 3 degrés pendant huit heures sans toucher à un seul thermostat.
Le gain n'a rien de théorique. L'Ademe retient l'ordre de grandeur suivant : un degré de moins sur la consigne, c'est environ 7 % de consommation de chauffage en moins. Sur une maison de 100 m2 chauffée par convecteurs, dont la facture de chauffage tourne facilement autour de 1 500 euros par an, un abaissement nocturne bien réglé se lit sur le relevé annuel.
Programmateur, thermostat connecté : lequel pour quoi
Si vos radiateurs ont un fil pilote, un programmateur filaire à quelques dizaines d'euros suffit pour piloter jusqu'à trois zones. C'est rustique, ça se règle une fois pour toutes, ça ne tombe pas en panne. Le thermostat connecté ajoute le pilotage depuis le téléphone et la détection d'absence, ce qui est confortable et parfois utile pour un logement occupé de façon irrégulière, une maison de vacances par exemple.
Le calcul de rentabilité mérite d'être fait honnêtement. Un pack connecté complet pour cinq radiateurs se négocie autour de 300 à 500 euros. Si votre facture de chauffage est de 700 euros par an, le retour sur investissement se compte en années. Si elle est de 1 800 euros, la question ne se pose pas de la même façon.
Sur la Côte d'Amour, un paramètre local
Le climat de la façade atlantique joue en faveur du pilotage fin. Les hivers y sont doux, avec des moyennes de janvier autour de 6 ou 7 degrés à Saint-Nazaire, mais très humides. Une maison qu'on laisse tomber trop bas se refroidit d'autant plus vite que l'air est chargé d'humidité, et elle met plus longtemps à sécher qu'à réchauffer. Le maintien d'une température plancher, autour de 16 degrés, coûte souvent moins que les cycles à l'aveugle.
Autre réalité locale : le parc de maisons de bord de mer construites dans les années 1960 et 1970, à Pornichet ou à La Baule, chauffées aux convecteurs d'origine et occupées par intermittence. Ce sont exactement les logements où un simple programmateur change quelque chose, avant même de parler d'isolation.
Et l'isolation, dans tout ça
Le pilotage tire le meilleur de ce que vous avez, il ne répare pas ce que vous n'avez pas. Des combles non isolés laissent partir jusqu'à un quart des déperditions d'une maison individuelle. Aucun thermostat ne rattrape ça. Si vos combles sont perdus et jamais traités, c'est le premier chantier, très loin devant l'électronique.
Questions fréquentes
Le courant faible, c'est donc de la domotique ?
En partie. Le terme couvre tous les circuits à basse tension d'un logement : réseau informatique, téléphonie, alarme, interphone, sondes, fil pilote. La domotique s'appuie dessus, mais le courant faible existait bien avant elle et concerne aussi votre prise réseau et votre antenne.
Les appareils en veille coûtent-ils vraiment cher ?
Moins qu'on ne le dit, mais ce n'est pas rien. Un logement moyen accumule quelques dizaines de watts de veille permanente, soit un montant annuel de l'ordre de 50 à 100 euros selon l'équipement. Une multiprise à interrupteur sur le meuble télé règle une bonne partie du sujet pour 15 euros.
Faut-il un électricien pour installer un programmateur de chauffage ?
Pour un modèle sans fil qui remplace la molette du radiateur, non. Pour un programmateur filaire raccordé au tableau et au fil pilote, oui, sauf si vous savez travailler tableau coupé et identifier les conducteurs. Le fil pilote n'est pas dangereux au toucher, mais il chemine dans les mêmes boîtes que la puissance.
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