Frelons asiatiques : une ville proactive offre des pièges à ses résidents
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Vingt-cinq pièges distribués les 21 et 22 février 2025 dans une commune de plus de dix mille habitants : posé comme ça, le chiffre a de quoi faire sourire. Il ne va pas faire reculer le frelon asiatique sur le territoire de Pornichet, et personne au service environnement ne prétend le contraire. Ce que ces vingt-cinq pièges produisent, c'est autre chose, et ça vaut la peine d'être expliqué plutôt que d'être vendu comme une opération de sauvetage de la biodiversité.
Faisons le calcul, même s'il est cruel
Une fondatrice qui réussit fonde une colonie qui comptera plusieurs milliers d'individus en fin de saison. Sur un territoire comme celui de la commune, quartiers pavillonnaires compris, on parle d'un nombre de fondatrices sorties d'hibernation qui se compte au minimum en centaines. Vingt-cinq nasses relevées correctement pendant dix semaines en captureront quelques dizaines. Le rapport est ce qu'il est.
Ajoutons une donnée qui dérange les partisans du piégeage de masse : la très grande majorité des fondatrices échouent de toute façon. Elles meurent de froid, de faim, ou sont tuées par une congénère qui prend le nid. Retirer quelques dizaines de candidates d'un lot où une infime minorité aurait survécu ne change pas grand-chose au nombre de nids en septembre. Sur ce point, le calcul du piégeage massif ne tient pas, et il vaut mieux le dire aux habitants que les laisser le découvrir seuls après une saison de bocaux.
Alors pourquoi distribuer ces pièges
Parce qu'un piège dans un jardin, c'est un habitant qui regarde. Il ouvre son bocal chaque semaine, il apprend à distinguer un frelon asiatique d'un frelon européen, et il finit par lever les yeux vers le cabanon du fond, l'avancée de toit et le tas de bois. C'est là que l'opération devient rentable : elle transforme vingt-cinq personnes en observateurs capables de signaler un nid primaire au mois d'avril, alors qu'il a la taille d'une balle de golf.
Un nid détecté à ce stade se retire sans nacelle, sans perchiste et sans facture à trois chiffres. Le même nid retrouvé en septembre, à quinze mètres dans un pin, coûte une intervention spécialisée et arrive après que la colonie a déjà relâché ses futures fondatrices. Vingt-cinq paires d'yeux qui savent quoi chercher au printemps valent mieux que cinq cents pièges posés par des gens qui ne relèvent rien.
Le modèle de piège, seul vrai critère
La bouteille coupée reste le piège le plus répandu et le plus destructeur. Elle noie tout ce qui entre, et sur l'ensemble d'une saison la part de frelons asiatiques dans les captures est faible. Les pièges remis par les communes sont des nasses à sélection physique : cône d'entrée calibré, ouvertures latérales de cinq à six millimètres qui laissent ressortir les petits insectes, appât séparé de la chambre de capture pour éviter la noyade.
Cette différence justifie à elle seule la distribution. Un habitant décidé à agir va fabriquer une bouteille s'il n'a rien d'autre. Lui mettre une nasse correcte entre les mains, gratuitement, évite les dégâts collatéraux qu'il aurait causés en croyant bien faire.
Trois dates à retenir dans l'année
Fin février à début mars, sortie d'hibernation des fondatrices sur le littoral, plus précoce ici qu'à l'intérieur des terres à cause de la douceur atlantique. C'est la fenêtre de pose. Avril et mai, recherche des nids primaires, la période la plus utile de toute l'année. Fin de saison, à partir d'août, le piégeage change complètement de sens : il ne se justifie plus que devant les ruches, pour protéger des colonies d'abeilles précises contre le vol stationnaire des ouvrières.
En dehors de ces fenêtres, un piège laissé accroché ne fait que du mal. C'est la consigne la moins bien suivie de toutes, et celle qui vaudrait la peine d'être répétée sur chaque piège distribué.
D'autres communes, les mêmes limites
Caudan dans le Morbihan, Mèze dans l'Hérault, Bois-Guillaume en Seine-Maritime, Trébeurden dans les Côtes-d'Armor : les distributions de pièges se ressemblent d'un bout à l'autre du littoral, avec les mêmes volumes modestes et les mêmes bilans difficiles à établir. Aucune de ces communes ne publie de courbe montrant une baisse du nombre de nids attribuable au piégeage, pour la bonne raison qu'une telle courbe serait impossible à isoler des variations climatiques d'une année sur l'autre.
Ce que ces opérations réussissent, en revanche, se voit dans les registres de signalement. Là où une commune distribue des pièges et forme un peu ses volontaires, les nids remontent plus tôt dans la saison. C'est un résultat modeste, il ne fera pas de titre, mais c'est celui qu'il faut aller chercher, et il justifie de recommencer l'hiver prochain.
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