Hommage aux nouvelles péripéties de Sanderling le bécasseau

découvrez les nouvelles aventures de sanderling le bécasseau, un oiseau fascinant qui nous entraîne à travers des paysages enchanteurs et des rencontres inoubliables. cet hommage explore la beauté et la résilience de la nature tout en célébrant les mystères de la migration aviaire.
Sommaire5 sections
  1. 01Un personnage qui porte le nom de son espèce
  2. 02Pourquoi il court devant les vagues
  3. 03Marais salants ou plage de sable : remettre l’habitat à sa place
  4. 04Un album en vers, à hauteur d’enfant
  5. 05La dédicace d’avril 2025 à la librairie Lajarrige

Le héros de cet album jeunesse n’est pas un animal inventé pour l’occasion : c’est un oiseau qu’on croise pour de bon, en bande, sur le sable mouillé de Pornichet, entre octobre et avril. Son nom de personnage est même le nom exact de son espèce, le bécasseau sanderling. C’est ce qui rend le livre paru au printemps 2025 plus intéressant qu’un conte animalier de plus : on peut refermer les pages, descendre sur la plage à marée basse et retrouver le personnage en train de faire précisément ce que le texte décrit.

Un petit bécasseau clair court sur le sable humide au bord des vagues

Cet hommage se lit donc à deux niveaux : l’album, ses vers et ses couleurs, destiné aux enfants de 3 à 6 ans, et l’oiseau, un limicole de la taille d’un merle qui accomplit chaque année l’un des plus longs trajets du monde vivant. Le second explique une bonne partie du charme du premier.

Un personnage qui porte le nom de son espèce

Sanderling n’est pas un prénom trouvé au hasard. Calidris alba, en français bécasseau sanderling, mesure une vingtaine de centimètres pour 40 à 70 grammes, à peu près le poids d’un petit paquet de biscuits. En hiver, son plumage est presque blanc dessous, gris pâle dessus, avec une tache noire à l’épaule quand il replie l’aile. C’est l’oiseau le plus clair de l’estran, celui qu’on repère de loin sur le sable brun.

Il a une particularité anatomique qui explique sa démarche : contrairement à ses cousins bécasseaux, il n’a pas de doigt postérieur. Trois doigts en avant, rien derrière. Sur le sable tassé par la mer, cela donne une course rapide, en ligne droite, très reconnaissable.

Pourquoi il court devant les vagues

C’est la scène que tout le monde connaît sans savoir la nommer. Une dizaine d’oiseaux blancs descendent derrière la vague qui se retire, piquent le sable à toute vitesse, puis remontent en courant devant la vague suivante. Aller, retour, pendant des heures, avec l’air de jouer à ne pas se mouiller les pattes.

Ils ne jouent pas, ils mangent. La bande de sable que la mer vient de quitter est le seul endroit où les puces de mer, les petits vers et les crustacés remontent à quelques millimètres de la surface, le temps que l’eau s’écoule. Le sanderling a quelques secondes par vague pour les attraper. Sa course n’est pas un caprice, c’est un chronomètre. L’album raconte cette course pour ce qu’elle est, et un enfant qui l’a lue regarde la plage autrement le week-end suivant.

Marais salants ou plage de sable : remettre l’habitat à sa place

On lit souvent que ce petit oiseau serait un habitant des marais salants. C’est inexact. Les salines de Guérande accueillent des avocettes, des échasses blanches, des chevaliers gambettes, tout un peuple adapté à la vase et aux œillets peu profonds. Le sanderling, lui, est un oiseau de l’estran sableux battu par les vagues : la grande plage, le bas de l’estran, parfois les bancs de sable des traicts, rarement les bassins salants.

Autre confusion fréquente : ce n’est pas un échassier. Les échassiers, ce sont les hérons, les aigrettes, les cigognes, avec de longues pattes faites pour marcher dans l’eau. Le sanderling est un limicole, famille des petits oiseaux de rivage aux pattes courtes qui sondent le sédiment. La nuance a l’air scolaire, elle change pourtant complètement l’image mentale qu’on se fait de l’animal.

Un album en vers, à hauteur d’enfant

Le livre s’adresse aux 3 à 6 ans, texte en vers courts et illustrations en aplats colorés. Le pari de cette nouvelle édition est de faire prendre de la hauteur au lecteur : on suit l’oiseau depuis le sable, puis depuis le ciel, l’occasion de montrer la côte, les bancs, l’alternance des marées. Pour un enfant de la région, c’est un paysage qu’il reconnaît, et à cet âge la reconnaissance vaut mieux qu’une leçon de sciences naturelles.

Le côté sociable du personnage n’est pas non plus une invention d’auteur. Ces bécasseaux vivent en groupes serrés, décollent et se posent ensemble, et communiquent par de petits mouvements de tête avant l’envol. Le rassemblement de coureurs sur la plage, image reprise dans l’album, décrit assez bien une bande de sanderlings un matin de janvier.

La dédicace d’avril 2025 à la librairie Lajarrige

Pour accompagner la sortie, une séance de dédicace était organisée en avril 2025 à la librairie Lajarrige, à Pornichet, avec rencontre de l’auteur et activités autour de l’album pour les plus jeunes. L’annonce complète de l’événement, horaires compris, figure sur cette page.

Un album qui envoie ses lecteurs dehors a rempli son contrat. Celui-ci le fait sans avoir besoin d’une morale appuyée sur la protection de la nature : il suffit qu’un enfant de cinq ans sache reconnaître le petit oiseau blanc qui court devant les vagues, et il ne lui viendra plus à l’idée de lui courir après.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour