Jean-Claude Empereur rend hommage à son parcours en donnant son nom au forum des Océanes à Pornichet

Sommaire4 sections
  1. 01Onze ans, et un chantier qui se voit encore
  2. 02Un maire de la période où Pornichet se réinvente
  3. 03Ce qu'une plaque peut et ne peut pas faire
  4. 04Ce qu'on peut en retenir sans exagérer

Donner le nom de quelqu'un à une salle municipale, c'est le geste le plus courant et le plus vite oublié de la vie d'une commune. Trois ans plus tard, plus personne ne sait qui était la personne inscrite sur la plaque. Dans le cas du forum des Océanes, devenu forum Jean-Claude Empereur en 2025, il reste au moins une chose vérifiable sur le terrain : le port d'échouage. C'est par là qu'il faut prendre ce mandat, pas par les hommages.

Onze ans, et un chantier qui se voit encore

Le port de Pornichet a changé de nature dans ces années-là. L'aménagement du port d'échouage a donné à des plaisanciers modestes, ceux qui n'ont ni le bateau ni le budget d'un anneau à flot, un endroit où laisser leur coque poser sur la vase à marée basse. Ça paraît anecdotique vu de loin. Sur place, c'est la différence entre naviguer et regarder les autres naviguer. Quand une commune littorale décide où passe cette ligne, elle décide en réalité qui a le droit d'aller sur l'eau chez elle.

La suite lui a donné raison sur un point : quarante ans après, la pression sur les places de port n'a pas baissé d'un centimètre le long de la Côte d'Amour. Les listes d'attente à Pornichet comme au Pouliguen se comptent en années.

Un maire de la période où Pornichet se réinvente

Les années 1984-1995 sont celles où les stations balnéaires de la baie ont dû choisir entre deux modèles : continuer à vivre huit semaines par an sur la clientèle d'été, ou se doter d'équipements utilisables toute l'année par les habitants permanents. Pornichet a une géographie difficile pour ça, coincée entre la voie ferrée, le front de mer et Saint-Nazaire à sept kilomètres. La commune tire une partie de sa population active des chantiers navals et d'Airbus, pas seulement du tourisme, ce qui n'était pas évident à assumer à l'époque pour une ville de bord de mer.

Il faut se souvenir aussi du contexte : au milieu des années 1980, la commune sortait tout juste d'une décennie de construction rapide en front de mer, et la question de savoir jusqu'où on laissait monter les immeubles se posait à chaque permis. Les décisions prises alors se lisent encore aujourd'hui sur le boulevard des Océanides, en levant la tête.

Ce qu'une plaque peut et ne peut pas faire

Je n'ai jamais cru qu'un nom sur une façade transmette quoi que ce soit tout seul. Ce qui transmet, c'est la salle si elle sert. Le pari implicite d'un tel baptême, c'est que des gens continueront à s'y réunir assez longtemps pour que la question « c'était qui, Empereur ? » finisse par être posée à quelqu'un capable d'y répondre. Dans les communes où l'activité associative faiblit, les salles baptisées deviennent des coquilles, et le nom ne survit pas au bâtiment.

Ce qu'on peut en retenir sans exagérer

Un mandat municipal de onze ans dans une ville de moins de 12 000 habitants ne bouleverse pas grand-chose à l'échelle du pays. Il laisse des choses précises : un aménagement portuaire, des décisions d'urbanisme, des arbitrages budgétaires dont on discute encore trente ans après sans forcément savoir de qui ils viennent. C'est à peu près la seule forme d'héritage qu'un élu local puisse espérer, et elle vaut mieux que les formules d'usage prononcées dans les cérémonies.

Pour ceux qui n'ont pas connu cette période, le plus simple reste d'aller voir. Le port d'échouage est à dix minutes à pied de la gare, et à marée basse il raconte assez bien ce que la commune a choisi d'y faire.

Reste une chose que la cérémonie de février 2025 a rendue visible : le nombre de gens venus, dont beaucoup n'avaient jamais siégé au conseil municipal. Un maire de station balnéaire croise en onze ans une bonne partie de sa commune, dans des circonstances qui n'ont rien de politique. C'est probablement ce dont se souviennent ceux qui étaient dans l'église, davantage que du détail des délibérations.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour