JO Paris 2024 : Découvrez le design des médailles avec de vrais morceaux de la Tour Eiffel intégrés
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Le 8 février 2024, Paris 2024 a présenté les médailles des Jeux olympiques et paralympiques. Sur ces objets, une seule chose était réellement inédite : un hexagone de fer de 18 grammes, prélevé sur la tour Eiffel, serti au centre du disque. Tout le reste, la déesse Niké, le stade panathénaïque, l'Acropole, le diamètre, le poids, relève d'un cahier des charges que le Comité international olympique impose à chaque ville hôte depuis des décennies. C'est ce contraste qui rendait l'annonce intéressante : la marge de manœuvre d'un pays organisateur sur sa médaille tient dans quelques centimètres carrés, et Paris avait choisi de les remplir avec du fer rouillé.
Dix-huit grammes de fer et trois ans de discussions
L'idée venait de Chaumet, joaillier de la place Vendôme passé dans le groupe LVMH, partenaire des Jeux. Clémentine Massonnat, responsable du design de la maison, la résumait ainsi devant la presse : « Qu'elles soient d'or, d'argent ou de bronze ne suffisait pas. Il fallait qu'elles soient de Paris. » Le comité d'organisation racontait alors trois années de réflexion avant d'arrêter ce principe : traiter un morceau de charpente métallique comme on traite une pierre précieuse, en le sertissant.
Les fragments ne venaient pas d'un démontage récent. Ils provenaient des campagnes de rénovation successives du monument, au cours desquelles des poutrelles avaient été remplacées puis stockées, sans usage prévu, dans des hangars de la banlieue parisienne. Personne n'avait touché à la structure pour fabriquer des médailles : on a puisé dans un stock de pièces déposées qui dormait là depuis des années.
Une face libre, une face imposée
Côté face, l'hexagone de fer, clin d'œil au contour du territoire métropolitain, portait le logo de Paris 2024. Des rayons partaient de ce centre, façonnés à même le métal de la médaille, pour donner l'impression d'un éclat. Le comité d'organisation avait aussi obtenu du CIO l'autorisation d'y glisser l'emblème dessiné par Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889.
Côté pile, aucune liberté. Le règlement olympique impose depuis longtemps la représentation d'Athéna Niké, du stade panathénaïque d'Athènes et de l'Acropole. La discipline récompensée était gravée sur la tranche. Pour les médailles paralympiques, en revanche, le Comité international paralympique n'impose pas de figures : Chaumet avait donc dessiné une vue en contre-plongée depuis le dessous de la tour Eiffel, avec la mention Paris 2024 en braille universel.
Un objet de communication autant qu'une récompense
Martin Fourcade, ancien biathlète devenu président de la commission des athlètes du comité d'organisation, avait servi la formule attendue devant les journalistes : « Ramener cette médaille olympique, c'est ramener un bout de la France, un bout de notre patrimoine. » La phrase est jolie, elle tient debout, et il faut quand même la lire pour ce qu'elle est : un argument de récit, préparé pour une conférence de presse.
Dix-huit grammes de fer de charpente ne valent rien au poids du métal. C'est de la ferraille du XIXe siècle, oxydée, sans propriété particulière. Toute la valeur est dans la provenance et dans le fait qu'elle soit documentée. Ce genre d'opération marche à une condition : que personne ne puisse en fabriquer d'autres. Un stock fermé, un nombre fixé à l'avance, et l'objet devient irremplaçable. Sur ce point, le comité d'organisation avait fait le travail.
Des réactions loin d'être unanimes
La présentation a été suivie de sa dose habituelle de commentaires sur les réseaux sociaux. Certains ont trouvé le geste juste, d'autres ont jugé le résultat trop chargé, avec ces rayons qui mangent la surface autour de l'hexagone. Le reproche revenu le plus souvent portait sur l'idée elle-même : découper un monument, même dans ses chutes, pour en faire des trophées, ce qui a été qualifié tantôt d'hommage, tantôt de dépeçage. Le débat n'a pas duré longtemps et n'a pas empêché grand-chose.
Il y avait aussi une question que peu de commentateurs ont posée en février 2024 : que devient un tel objet une fois la fête finie ? Une médaille olympique circule peu. Elle finit dans une vitrine de club, dans un musée municipal, parfois en vente aux enchères quinze ans plus tard quand un ancien champion a besoin d'argent. Le fer de la tour Eiffel change un peu la donne, puisqu'il rend chaque exemplaire identifiable et difficile à copier. Les fédérations, elles, y voyaient surtout un support de collecte : une médaille reconnaissable en photo se prête mieux aux campagnes de licences dans les clubs, y compris les petits clubs de l'Ouest qui vivent de leurs adhésions de septembre.
À six mois de l'ouverture des Jeux, prévue le 26 juillet 2024, cette annonce s'inscrivait dans une séquence de dévoilements que le comité déroulait depuis 2019 : l'emblème, les mascottes, la torche, l'identité visuelle, puis les médailles. Chaque étape servait à occuper le terrain médiatique entre deux échéances. Celle-là a mieux fonctionné que les autres, parce qu'elle donnait quelque chose de tangible à raconter, et parce qu'un morceau de tour Eiffel se photographie bien.
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