La nouvelle Twingo Legend de Renault à 20 000 Euros

Renault, un acteur historique dans ce secteur, se lance dans cette course avec une proposition audacieuse : transformer sa légendaire Twingo en un modèle électrique abordable, nommé "Legend".
Sommaire3 sections
  1. 01Pourquoi le prix comptait plus que le dessin
  2. 02Face à la Citroën ë-C3, une bataille sur le même euro
  3. 03L'objectif d'un million de voitures électriques en 2031

Vingt mille euros. C'est le chiffre que Renault a posé sur la table en novembre 2023 en annonçant une Twingo électrique baptisée Legend, et c'est à peu près le seul élément solide de l'annonce. Le reste (la date d'arrivée en concession, la finition, l'autonomie réelle) restait à préciser. Autrement dit, ce jour-là, le constructeur n'a pas présenté une voiture : il a pris un engagement sur un prix, ce qui n'est pas la même chose pour quelqu'un qui doit remplacer sa vieille citadine avant l'hiver.

Pourquoi le prix comptait plus que le dessin

La Twingo a trente ans en 2023. Renault a choisi de rhabiller ce nom pour un modèle 100 % électrique, avec un dessin qui cite ouvertement la première génération de 1992. Le clin d'oeil fonctionne, mais il ne règle rien. Sur le marché de l'électrique d'occasion comme du neuf, ce qui bloquait les acheteurs à ce moment-là, ce n'était pas le manque de charme des voitures, c'était la barre des 25 000 à 30 000 euros que presque aucun modèle ne passait par le bas.

Descendre à 20 000 euros, c'est viser le budget d'une Clio thermique d'entrée de gamme. Avec le bonus écologique de l'époque et les formules de location longue durée que Renault mettait en avant, la mensualité devenait comparable à celle d'une citadine essence. C'est le seul terrain où l'électrique pouvait gagner des clients qui roulent d'abord pour aller au travail.

Une consommation qui change la facture, pas l'usage

Les 10 kWh annoncés aux 100 km valent surtout pour l'usage auquel ce genre de voiture est destiné. Un aller-retour entre Pornichet et Saint-Nazaire, c'est une vingtaine de kilomètres. Le trajet quotidien vers la zone de Brais ou vers les chantiers navals rentre dans une seule charge hebdomadaire sur une prise renforcée de garage, sans jamais voir une borne rapide. Sur ce profil, la question du réseau de recharge, qui plombe la plupart des discussions, ne se pose presque pas.

Face à la Citroën ë-C3, une bataille sur le même euro

Renault n'était pas seul sur ce créneau. Citroën avait dégainé quelques semaines plus tôt sa ë-C3, positionnée dans la même zone de prix et avec le même argument : une électrique fabriquée en Europe, vendue au tarif d'une thermique.

Sur le fond, je trouve la démarche plus honnête que la vague de SUV électriques à 45 000 euros lancés entre 2021 et 2023. Une petite voiture légère consomme moins, use moins ses pneus, occupe moins de place dans une rue de bourg.

L'objectif d'un million de voitures électriques en 2031

La Legend arrivait dans un plan plus large : Renault visait alors un million de véhicules électriques vendus par an à l'horizon 2031. Un objectif de ce type se juge sur dix ans, pas sur un communiqué. Il faut retenir ce que l'annonce de novembre 2023 disait, et rien de plus : le constructeur s'engageait sur un prix d'appel et sur une fabrication européenne, à une période où l'électrique bon marché venait surtout de Chine.

Pour un acheteur de la Côte d'Amour qui hésitait cet hiver-là, la conclusion était simple. La voiture n'existait pas encore chez le concessionnaire de Saint-Nazaire. L'annonce valait comme signal de prix, pas comme offre.

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