Le foyer Jean-Barrais de Pornichet, un havre de vacances pour les personnes en situation de handicap depuis plus de 60 ans

Sommaire5 sections
  1. 01Un été qui se prépare toute l'année
  2. 02Ce que l'abbé Barrais avait en tête en 1963
  3. 03La mer, mais encore faut-il pouvoir y aller
  4. 04Le bénévolat, force du modèle et point de rupture
  5. 05Se renseigner avant de réserver

Le foyer Jean-Barrais tient depuis 1963 sur une équation que peu de structures oseraient assumer aujourd'hui : des vacances au bord de la mer pour des adultes en situation de handicap, encadrées trois mois par an par des bénévoles. Pas des saisonniers, pas des salariés en renfort d'été, des bénévoles. C'est ce qui rend le lieu attachant, et c'est aussi ce qui le fragilise chaque printemps, quand il faut de nouveau remplir les équipes de juillet et d'août.

Un été qui se prépare toute l'année

La saison du foyer se joue sur trois mois. Pendant cette période, les vacanciers se succèdent par séjours de 8 à 15 jours, seuls, en groupe venu d'un établissement spécialisé, ou accompagnés de leur famille. En 2023, environ 150 personnes ont été accueillies. Ce sont des chiffres modestes à l'échelle du tourisme de la Côte d'Amour, considérables à l'échelle d'une maison qui fonctionne au bénévolat.

Les bénévoles viennent principalement de Loire-Atlantique, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine et de la Vendée. Certains posent une semaine de congés, d'autres reviennent chaque année depuis longtemps et connaissent les habitudes de tel ou tel vacancier mieux que le planning. Cette continuité vaut mieux que n'importe quelle procédure d'accueil : savoir qu'un vacancier n'aime pas être réveillé brusquement, ou qu'il faut lui laisser dix minutes avant le petit-déjeuner, ne s'écrit pas dans un classeur.

Ce que l'abbé Barrais avait en tête en 1963

Le foyer a été créé par l'abbé Jean Barrais, prêtre du diocèse de Nantes. L'idée de départ était simple et, pour l'époque, assez peu répandue : des personnes en situation de handicap devaient pouvoir passer des vacances au bord de la mer comme tout le monde. En 1963, l'accessibilité n'était pas une norme réglementaire, la loi de 1975 n'existait pas, celle de 2005 encore moins. Il fallait donc bricoler, transporter, porter, improviser.

Soixante ans plus tard, le cadre réglementaire a changé du tout au tout, mais la difficulté de fond reste la même : trouver un lieu de vacances où une personne dépendante puisse aller sans que sa famille organise une expédition. Le foyer répond à ce besoin sans discours, ce qui explique sa longévité mieux que n'importe quel projet associatif.

La mer, mais encore faut-il pouvoir y aller

Le foyer est installé à Pornichet, à proximité du front de mer. La proximité ne suffit pas : entre la porte d'entrée et le sable, il y a le trottoir, la pente d'accès, la nature du sol, et la question de savoir qui pousse le fauteuil quand la roue s'enfonce. Les communes du littoral ont progressé sur ces sujets, avec les tapis d'accès, les fauteuils de mise à l'eau et la formation des équipes de surveillance, et Pornichet fait partie de celles qui s'y sont mises.

Ces aménagements sont saisonniers et dépendent des dispositifs de surveillance estivale, dont l'organisation est détaillée dans notre article sur le calendrier de la surveillance des plages à Pornichet. Le détail a son importance : une baignade accompagnée dépend de la présence des sauveteurs sur le poste, et donc de dates précises.

Les activités proposées pendant les séjours suivent la même logique de débrouille organisée : sorties en bord de mer, jeux, veillées, et parfois des découvertes que personne n'avait anticipées, comme le kayak adapté, qui a marqué certains vacanciers bien plus qu'une visite guidée.

Le bénévolat, force du modèle et point de rupture

Un séjour encadré par des bénévoles coûte moins cher qu'un séjour encadré par du personnel salarié. C'est ce qui maintient les tarifs à un niveau accessible pour des vacanciers dont les ressources dépendent souvent d'une allocation. C'est aussi ce qui rend le fonctionnement dépendant d'un facteur qu'aucune subvention ne remplace : la disponibilité de gens qui donnent leurs congés d'été.

Sur ce point, il faut être direct. Le renouvellement des bénévoles est le sujet numéro un de toutes les structures de ce type, davantage que le bâtiment ou le budget. Les équipes vieillissent, les jeunes s'engagent volontiers mais sur des durées plus courtes et avec moins de régularité. Une association qui ne prépare pas cette relève à cinq ans se retrouve un jour à réduire le nombre de séjours faute d'encadrement, pas faute de demande.

Se renseigner avant de réserver

Pour une famille qui envisage un séjour, deux informations comptent avant toutes les autres : le niveau d'accompagnement possible et le tarif. Le niveau d'accompagnement se discute au cas par cas, en fonction de l'autonomie de la personne, et cette conversation vaut mieux qu'un formulaire. Les récits d'anciens vacanciers publiés sur le site officiel donnent une idée assez juste de l'ambiance des séjours, plus utile qu'une plaquette. Les tarifs à jour sont consultables ici, et il est prudent de s'y prendre tôt : sur une saison de trois mois, les places partent vite.

Une équipe présidentielle renouvelée a repris la barre récemment. Le chantier qui l'attend est moins spectaculaire qu'une extension de bâtiment : convaincre une génération de trentenaires que deux semaines de congés passées à Pornichet, à pousser un fauteuil et à faire la vaisselle, valent le déplacement.

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