Le GR® 34 entre Saint-Nazaire et Pornichet : Circulation de nouveau autorisée en Loire-Atlantique
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Le sentier des douaniers est de nouveau praticable entre Saint-Nazaire et Pornichet depuis le début de l'année 2025. Avec une nuance qui compte pour qui connaissait la portion avant sa fermeture : le chemin ne repasse plus tout à fait au même endroit. Il a été reculé de 3 à 5 mètres par endroits, et deux passerelles posées indépendamment de la falaise franchissent les secteurs les plus fragiles. La réouverture ne signifie pas que le terrain s'est stabilisé. Elle signifie qu'on a cessé de marcher dessus.
Ce qui a provoqué la fermeture
La portion avait été coupée plusieurs semaines. Le motif tenait en un mot : surplomb. Sur cette bande de côte, la roche se délite par en dessous, la terre végétale tient encore quelques saisons, puis le paquet part d'un bloc. Marcher à trente centimètres du bord d'un morceau de falaise en porte-à-faux, c'est le genre de situation qu'aucun gestionnaire ne peut laisser durer. Les éboulements repérés sur place ont suffi à motiver l'arrêté.
Sur ce point, la décision se défend. Un sentier littoral où l'on croise des familles et des marcheurs qui regardent la mer plutôt que leurs pieds ne se gère pas comme une voie d'escalade.
Deux passerelles qui ne s'appuient pas sur le bord
Le choix technique mérite qu'on s'y arrête. Une passerelle classique prend appui de part et d'autre du passage à franchir, donc sur la falaise elle-même. Ici, les ouvrages ont été conçus pour être indépendants du bord, avec des points d'ancrage reportés en arrière. La logique : si la falaise recule encore, l'ouvrage reste debout. C'est plus cher au moment de la pose, c'est nettement moins cher que de tout refaire dans huit ans.
Quinze mètres d'un côté, vingt de l'autre : on les traverse en quelques secondes sans y penser.
L'eau de pluie fait plus de dégâts que la mer
On imagine volontiers la vague qui ronge le pied de falaise. Le travail mené sur cette portion raconte autre chose : une bonne part de l'érosion vient d'en haut. L'eau de pluie ruisselle sur le plateau, se concentre en filets, attaque la terre par le dessus et creuse des rigoles qui finissent par déchausser des pans entiers. D'où les aménagements de captage des eaux pluviales réalisés en même temps que le déplacement du sentier.
C'est la partie invisible du chantier. Personne ne photographiera un fossé de captage. Sans lui, les mêmes désordres reviennent dans quelques hivers.
Des boucles de retour, et de quoi rentrer par les terres
La réouverture s'est accompagnée d'une signalétique retravaillée, avec des boucles de retour. Concrètement, on n'est plus obligé de faire l'aller-retour intégral en bord de mer : on peut redescendre du sentier, rentrer par les rues, croiser autre chose que des ajoncs. Pour qui vient de Saint-Nazaire, ça change la sortie du dimanche. Pour qui part de Pornichet, on boucle sans refaire deux fois le même bord de falaise.
Un sentier populaire, avec ce que ça implique
Le GR® 34 a été élu GR® préféré des Français en 2018, et sa fréquentation n'a pas faibli depuis. Cela se voit sur le terrain : le sol se tasse, les bords s'élargissent quand les gens se croisent, la végétation qui tenait le talus disparaît. Une portion très marchée s'use plus vite qu'une portion oubliée. La réouverture entre Saint-Nazaire et Pornichet remet donc du monde sur un tronçon qui vient tout juste d'être repris.
Rien d'alarmant, à condition de marcher où c'est balisé.
Ce qu'il faut prévoir
Des chaussures qui tiennent la cheville, parce que le sol alterne le sable, la roche et la racine. De l'eau, car il n'y a rien à boire entre les deux extrémités. Et de quoi couper le vent : sur ce littoral exposé plein ouest, il tombe rarement complètement. La distance entre les deux villes se fait sans difficulté sur une demi-journée.
Une remarque pour finir. Un sentier de bord de mer qui rouvre après travaux n'est pas un décor stabilisé une fois pour toutes. Celui-ci a été reculé, contourné, drainé. Il bougera encore. C'est un peu ce qui fait l'intérêt de cette côte.
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