Le mystère du 'serial pousseur' : des personnes âgées poussées dans les eaux du lac de Créteil
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Il faut commencer par ce qui est établi, parce que c'est court. En février 2024, plusieurs personnes âgées ont été poussées dans le lac de Créteil au cours des semaines précédentes, l'auteur n'était pas identifié, la police avait renforcé sa présence autour du plan d'eau, et le collectif du lac constatait que des habitués changeaient d'itinéraire. Tout le reste, le profil supposé, le mobile, le surnom lui-même, relève de la conversation de quartier. Ce n'est pas la même chose qu'une information, et l'écart entre les deux est précisément ce qui rend l'affaire pénible à vivre pour les riverains.
Un lac qui sert d'abord à marcher
Le lac de Créteil est avant tout une boucle de promenade au cœur du Val-de-Marne, bordée d'immeubles, empruntée toute la journée par des joggeurs, des poussettes, des pêcheurs et beaucoup de retraités du quartier qui en font le tour à heure fixe. Une partie du chemin longe l'eau de près. Pousser quelqu'un là ne demande aucune préparation, et une personne âgée qui tombe à l'eau en février se retrouve en difficulté immédiate, même à un mètre du bord.
C'est ce qui explique la disproportion entre le nombre de faits et l'effet sur le quartier. Un tour de lac, pour beaucoup de gens du secteur, c'est la sortie de la journée. Quand elle devient un calcul, on ne perd pas seulement une promenade.
Ce que la police a mis en œuvre
Le dispositif annoncé reposait sur trois choses simples : une présence policière accrue aux abords du lac, des patrouilles nocturnes, et l'installation de caméras. Aucune de ces mesures ne produit d'effet immédiat sur une enquête. Une caméra sert surtout après coup, à condition qu'un fait se produise dans son champ, à une heure où l'image est exploitable. Sur un cheminement long et peu éclairé, la couverture est forcément partielle.
Le surnom pose un problème
« Serial pousseur » est une trouvaille de titre, pas une catégorie. Il installe l'idée d'un tueur en série de fiction, il alimente les théories, et il détourne l'attention de la question utile pour les riverains : à quelles heures et à quels endroits les faits se sont-ils produits. C'est cette information-là qui aurait aidé les gens à adapter leurs habitudes, et c'est celle qui manquait le plus dans ce qui circulait.
Cet article rend compte d'une situation à la date de février 2024. Il ne donne ni suite judiciaire, ni bilan des victimes, ni identification : à ce moment-là, rien de tout cela n'était public. Ce qui restait, et qui suffisait à faire une histoire, c'est un plan d'eau de quartier que des gens avaient cessé de longer.
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