Les panneaux solaires nocturnes : la solution révolutionnaire pour économiser sur sa facture d'électricité ?
Sommaire4 sections
La réponse tient en une phrase : les panneaux solaires nocturnes n'existent pas comme produit, et personne ne peut vous en vendre. Ce qui existe, c'est un travail de laboratoire, publié par une équipe de Stanford en 2022, qui a réussi à tirer une petite quantité d'électricité d'un panneau la nuit. La quantité en question : 50 milliwatts par mètre carré. Un panneau photovoltaïque ordinaire produit autour de 200 watts par mètre carré en plein soleil. Le rapport est de un à quatre mille. Si un commercial vous propose autre chose, il vous vend un rêve.
Non, ils ne captent pas la lumière de la lune
C'est l'explication qu'on lit partout, et elle est fausse. La lumière lunaire est de la lumière solaire réfléchie, environ 400 000 fois plus faible que la lumière directe du soleil. Une cellule photovoltaïque éclairée par la pleine lune produit une tension mesurable au voltmètre et rien d'exploitable.
Le dispositif de Stanford fonctionne sur un principe différent, sans rapport avec la lune. La nuit, une surface tournée vers le ciel dégagé rayonne sa chaleur vers l'espace et devient plus froide que l'air ambiant, de quelques degrés. Cet écart de température entre le panneau et l'air alimente un générateur thermoélectrique. C'est le froid qui produit le courant, pas la lumière. Le phénomène est réel et bien documenté, mais l'énergie disponible reste minuscule, et elle s'effondre dès que le ciel se couvre. Sur la côte atlantique, entre les nuits couvertes et l'humidité, ce serait le pire terrain d'essai possible.
Le vrai problème : consommer le soir ce qu'on produit à midi
La question de départ, elle, est bonne. Un foyer produit son électricité entre 10 heures et 17 heures, et la consomme surtout entre 18 heures et 22 heures. Avec environ 1 800 heures d'ensoleillement par an sur le littoral nazairien, une installation de 3 kWc couvre une part sérieuse des besoins annuels, mais rarement au bon moment de la journée.
Sans batterie, le surplus part sur le réseau et vous est racheté par EDF Obligation d'Achat à un tarif nettement inférieur à celui auquel vous rachetez le soir. Le taux d'autoconsommation d'une installation domestique sans pilotage tourne autour de 30 %. C'est là que se trouvent les économies, pas dans une technologie de laboratoire.
Et la batterie, alors
Une batterie domestique de 5 kWh coûte entre 4 000 et 7 000 euros posée, pour une durée de vie annoncée autour de dix à quinze ans. Elle stocke de quoi passer une soirée et une nuit normales. Le calcul de rentabilité reste tendu au prix actuel de l'électricité : sur une maison moyenne, on rembourse rarement la batterie avant sa fin de vie.
Elle se défend dans deux cas : si vous subissez des coupures régulières et tenez à garder le congélateur en service, ou si vous rechargez une voiture électrique à domicile. Sur une résidence secondaire occupée l'été, quand la production est maximale, l'investissement est difficile à justifier.
Ce qu'il reste à surveiller
La recherche sur les diodes thermoradiatives avance, et un usage de niche est imaginable : alimenter un capteur isolé, une balise en mer. Passer de là au toit d'un pavillon demanderait un gain de rendement de plusieurs ordres de grandeur. Ce n'est pas pour la décennie qui vient.
En attendant, si vous équipez une toiture à La Baule ou à Pornichet, le sujet utile reste l'orientation, l'ombrage des pins et l'avis de l'architecte des Bâtiments de France dans les secteurs protégés. Ce sont ces trois points qui décident du rendement réel de votre installation, pas une technologie nocturne qui n'a pas quitté le laboratoire.
Résumer cet article avec :
Partager :