Les professionnels du secteur équin se retrouvent durant trois jours à l'hippodrome de Pornichet
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Il faut lever une ambiguïté dès la première ligne : l'Equi'Festival qui occupe l'hippodrome de la Côte d'Amour à Pornichet du 18 au 20 avril 2025 n'est pas un concours hippique. Aucune épreuve chronométrée, pas de classement, pas de podium. C'est un rassemblement de filière, conçu d'abord pour les gens qui vivent du cheval : dirigeants de centres équestres, éleveurs, vétérinaires, maréchaux-ferrants, formateurs, fournisseurs. Le public est bienvenu, mais il assiste à une conversation professionnelle. Voilà pourquoi cette première édition mérite qu'on la regarde par l'économie plutôt que par le spectacle.
Pourquoi une filière se réunit quand ça va mal
Un événement de ce type ne naît jamais par hasard. Les centres équestres français encaissent depuis 2022 une série de coups : facture énergétique et prix du fourrage qui montent, coût du personnel qualifié, et surtout une baisse du nombre de licenciés après le pic de la sortie de crise sanitaire. Beaucoup de structures tournent avec un ou deux salariés et une trésorerie tendue. Dans ce contexte, trois jours d'échanges entre gérants valent souvent mieux qu'un salon grand public : on y compare des grilles tarifaires, des contrats d'assurance, des modes de gestion de cavalerie.
L'hippodrome de Pornichet, lui, apporte ce que peu de sites offrent en Loire-Atlantique : une piste, des tribunes couvertes, des boxes et un parking, à quelques centaines de mètres de la mer. L'équipement tourne surtout l'été avec les réunions de trot nocturnes. Le mobiliser hors saison, en avril, c'est aussi une façon de rentabiliser un outil qui dort une bonne partie de l'année.
Ce que recouvre la journée consacrée au numérique
La journée EquIA réunit chercheurs, ingénieurs et jeunes entreprises autour des usages de l'intelligence artificielle dans le monde du cheval. Derrière l'étiquette, les applications concrètes sont plus terre à terre qu'il n'y paraît : capteurs de suivi de la locomotion pour détecter une boiterie avant qu'elle ne s'installe, analyse vidéo des séances de travail, outils de prédiction de mise bas, logiciels de gestion de pension et de planning de reprises.
Sur ce terrain, un peu de prudence s'impose. Les capteurs équins existent depuis plusieurs années et leur adoption reste faible dans les petites structures, pour une raison simple : l'abonnement mensuel se compare mal au coût d'une visite vétérinaire annuelle. Un gérant qui vient chercher des solutions à Pornichet fera bien de demander le prix de revient par cheval et par an avant de se laisser convaincre par la démonstration.
Bien-être équin : le sujet qui décide de l'avenir du métier
Les tables rondes consacrées au bien-être animal ne relèvent pas de la posture. La pression sociale sur les usages du cheval monte, et elle touche déjà le spectacle, la course et l'enseignement. Les points en discussion sont identifiables : temps de sortie au pré, vie en groupe plutôt qu'au box, charge de travail des chevaux d'école, âge de mise au travail, fin de carrière et devenir des équidés réformés. Ces débats s'appuient sur des travaux présentés notamment lors du congrès du GHN, le Groupement hippique national, qui fédère les employeurs de la filière.
La position défendue ici est simple : une structure qui anticipe ces évolutions garde ses clients, celle qui attend d'y être contrainte les perd. Les familles qui inscrivent un enfant au poney-club posent aujourd'hui des questions qu'elles ne posaient pas il y a dix ans, et elles regardent les paddocks.
Formations et recrutement, le nerf de la guerre
Plus de 50 programmes de formation sont présentés durant les trois jours. Le sujet dépasse largement l'orientation des adolescents : la filière peine à recruter et surtout à garder. Enseigner l'équitation, soigner, ferrer ou palefrenier, ce sont des métiers physiques, avec des horaires de week-end et des rémunérations souvent modestes au démarrage. Les stands consacrés aux possibilités de carrière intéressent autant les personnes en reconversion à trente-cinq ans que les jeunes sortant de troisième.
Ce que ça change pour Pornichet
Trois jours de salon hors saison, ce sont des nuitées d'hôtel en avril, des couverts servis midi et soir, et une fréquentation dans un quartier qui vit surtout de juin à septembre. Pour les commerces du secteur de l'hippodrome, ce type de rendez-vous compte davantage qu'une belle journée d'août déjà pleine. La vraie question, pour cette première édition, sera de savoir si elle en appelle une deuxième : c'est en général la troisième année qui dit si un salon professionnel a trouvé son public.
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