Les touches finales : préparation urgente avant l'ouverture de l'exposition

Sommaire7 sections
  1. 01L'inventaire se fait avant l'arrivée des oeuvres, pas après
  2. 02Le mur décide, pas le plan sur papier
  3. 03Les cartels trahissent tout le reste
  4. 04La lumière est le poste qu'on découvre trop tard
  5. 05L'accueil : qui ouvre, qui ferme, qui a les clés
  6. 06La communication de dernière minute sert surtout au bouche-à-oreille
  7. 07Le plan B tient sur une feuille

Quand une exposition se termine dans l'urgence la veille du vernissage, ce n'est presque jamais la faute du hasard. Trois postes sont systématiquement sous-estimés : le temps d'accrochage réel, le séchage de la peinture des cimaises et le délai d'impression des cartels. Le reste se rattrape à la dernière minute. Ces trois-là, non. Cet article prend donc le sujet par la fin, la semaine qui précède l'ouverture, et regarde ce qui se joue vraiment pendant ces sept jours dans une salle municipale, une galerie associative ou le hall d'un équipement prêté pour l'occasion.

L'inventaire se fait avant l'arrivée des oeuvres, pas après

La première chose à poser sur la table, c'est une liste. Numéro, titre, auteur, technique, dimensions avec le cadre, valeur d'assurance, nom du prêteur, et une case pour l'état constaté à l'arrivée. Cette liste sert quatre fois : au transport, à l'accrochage, à l'assurance et au décrochage. Sans elle, personne ne sait plus, le dimanche soir, à qui rendre la petite aquarelle posée derrière le comptoir.

Le mur décide, pas le plan sur papier

Un plan d'accrochage dessiné à l'échelle chez soi survit rarement au contact du lieu. Une porte de secours interdit un pan de mur, un radiateur mange soixante centimètres, une fenêtre renvoie un reflet en fin d'après-midi sur trois tableaux d'affilée. Prévoyez de tout reprendre une fois sur place, avec les oeuvres posées au sol contre les murs, dans l'ordre où vous pensez les montrer. On voit en dix minutes ce qu'un plan ne montre pas.

La hauteur du centre de l'oeuvre se cale autour de 1,50 m du sol, c'est la convention de la plupart des musées, et elle marche parce qu'elle correspond à la hauteur des yeux d'un adulte moyen. Une exception : les expositions de travaux d'enfants, qu'il vaut mieux descendre de vingt centimètres si le public visé est scolaire. Le parcours, lui, se teste à pied, sac à dos sur le dos, en poussant un landau si vous en trouvez un.

Les cartels trahissent tout le reste

Un cartel mal fichu ruine une salle propre. Il tient en quatre lignes : auteur, titre, date, technique et dimensions, plus la mention du prêteur quand elle est demandée. Même police, même corps, même alignement pour toute l'exposition, posés du même côté et à la même hauteur. Le relire à deux, à voix haute, en tenant la liste d'inventaire à côté : les fautes de prénom et les inversions de titre passent inaperçues à la lecture silencieuse.

La lumière est le poste qu'on découvre trop tard

Beaucoup de salles polyvalentes n'ont que des néons de plafond, blancs, plats, qui écrasent la matière d'une peinture et se reflètent dans les sous-verres. Si le budget le permet, quelques projecteurs sur rail changent l'exposition plus sûrement que n'importe quelle décoration. Sinon, jouez avec ce qui existe : couper une rangée de néons sur deux, coller les oeuvres sur verre sur les murs les moins réfléchissants, décaler légèrement un cadre pour sortir du reflet.

L'accueil : qui ouvre, qui ferme, qui a les clés

Une exposition associative tient sur des bénévoles, et un planning de permanences se remplit toujours moins vite qu'on ne l'espère. Bouclez-le avant l'accrochage, pas pendant. Chaque personne présente doit savoir trois choses : où sont les toilettes, qui appeler en cas de problème, et ce qu'elle a le droit de dire sur les oeuvres. Le reste s'apprend en une heure de salle.

La communication de dernière minute sert surtout au bouche-à-oreille

À sept jours de l'ouverture, la presse locale est déjà bouclée pour la plus grande part : les agendas hebdomadaires demandent l'information dix à quinze jours avant. Ce qui reste utile, c'est le circuit court. Une affiche A3 chez le boulanger, le fleuriste et la pharmacie du quartier amène plus de monde qu'une publication supplémentaire sur un réseau social.

Le plan B tient sur une feuille

Une exposition n'a pas besoin d'un plan de crise sophistiqué. Une feuille au mur de la régie suffit : le numéro de l'électricien, celui du gardien du bâtiment, celui du président de l'association, l'endroit où sont les rallonges de rechange, la marche à suivre si un visiteur se blesse.

Et acceptez qu'une exposition ouvre rarement parfaite. Un cadre restera de travers, un cartel manquera, la sono grésillera pendant le discours. Les visiteurs ne verront presque rien de tout ça, à condition que le parcours soit lisible et que quelqu'un soit là pour répondre aux questions. C'est le seul point sur lequel il ne faut pas transiger.

Pour aller plus loin sur le montage d'une exposition et sa préparation, deux ressources détaillent la méthode étape par étape : Communication Événements et WikiHow.

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