Linky : Faut-il abandonner votre compteur électrique traditionnel pour le nouveau compteur intelligent ? Découvrez les avantages et inconvénients !
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La question posée par le titre a vieilli plus vite que le compteur lui-même. Personne ne choisit plus entre l'ancien disque et le boîtier vert : le déploiement mené par Enedis entre 2015 et 2021 a couvert la quasi-totalité du parc français, autour de 35 millions de points de livraison. Ce qui reste à arbitrer, en revanche, est bien réel, et ce n'est ni la santé ni la surveillance. C'est ce que vous faites des données que le compteur produit, et l'argent que vous laissez sur la table en ne touchant à rien.
Où en est réellement le remplacement
Le programme est achevé depuis fin 2021, à l'exception des refus et des logements inaccessibles. Depuis le 1er janvier 2023, les foyers qui ont refusé la pose et qui ne transmettent pas eux-mêmes leur relevé se voient facturer un forfait de relève, un peu plus de huit euros tous les deux mois. Communiquer son index par téléphone ou en ligne suffit à l'éviter, pendant une période de tolérance qui n'a pas vocation à durer.
Le refus reste possible tant que le compteur se trouve à l'intérieur du logement, sur une partie privative. Dès qu'il est en limite de propriété, dans un coffret accessible depuis la rue, le technicien n'a pas besoin de votre présence, et la Cour de cassation a tranché plusieurs fois en faveur d'Enedis sur ce point.
Trois gains concrets, dont deux que personne n'active
Le premier tient à la puissance souscrite. Avant, la faire descendre de 9 à 6 kVA demandait le passage d'un technicien et un rendez-vous. Aujourd'hui, la modification se fait à distance, souvent dans la journée, et chaque kVA en moins allège l'abonnement toute l'année. Beaucoup de foyers paient depuis quinze ans une puissance calibrée sur un chauffe-eau et des convecteurs qu'ils n'ont plus.
Le deuxième concerne les offres à horaires. Heures creuses classiques, Tempo, tarifs à plages variables : ces contrats ne fonctionnent qu'avec un compteur capable de mesurer par tranche horaire. Ils ne valent le coup que si vous pouvez décaler des consommations lourdes, ballon d'eau chaude, lave-linge, recharge de voiture. Sur un logement chauffé au gaz avec deux personnes qui travaillent en journée, l'écart est mince et le double abonnement peut coûter plus qu'il ne rapporte.
Le troisième intéresse particulièrement la côte. Entre Pornichet et Le Pouliguen, un logement sur deux dans certains quartiers est une résidence secondaire, fermée de septembre à juin. La relève à distance met fin aux estimations et aux régularisations à retardement découvertes en juillet, quand la facture de rattrapage arrive après huit mois de forfait calculé au doigt mouillé.
Les ondes : le dossier a été instruit
Sur ce point, autant être direct : l'argument ne tient pas. Le compteur transmet ses données par courant porteur en ligne, c'est-à-dire par le câble électrique déjà présent dans les murs, et non par une antenne radio. Les campagnes de mesure de l'Agence nationale des fréquences ont relevé des niveaux d'exposition très inférieurs aux valeurs limites, comparables à ce qu'émet un chargeur d'ordinateur portable. Reste que le CPL injecte un signal sur le réseau intérieur, et que quelques installations anciennes, mal reliées à la terre, ont bruité des équipements audio ou des interphones. Le sujet est technique, il se traite, il n'est pas sanitaire.
Les données, seul reproche qui mérite l'examen
Le compteur relève par défaut un index quotidien. Il sait aussi enregistrer une courbe de charge à la demi-heure, et cette courbe-là raconte beaucoup : l'heure du réveil, les absences, le nombre de douches. Sa collecte n'est pas automatique, elle s'active, et sa transmission à un fournisseur suppose votre accord explicite.
Créez un compte sur l'espace client d'Enedis et allez voir. Vous y trouverez ce qui est collecté, ce qui est transmis, et de quoi tout couper en deux clics. Ceux qui veulent au contraire exploiter la donnée y téléchargent leur historique horaire, et c'est le seul moyen sérieux de savoir quel appareil pèse sur la facture, plutôt que de deviner.
Ce qui a été promis et n'est jamais venu
Le discours commercial de 2015 annonçait des économies d'énergie grâce au suivi en temps réel. La promesse n'a pas tenu : un compteur ne consomme rien de moins tout seul, et l'écran d'un boîtier posé dans un placard du garage n'a jamais changé le comportement de personne. Les gains observés viennent des foyers qui ont réellement lu leurs données et modifié quelque chose ensuite. Ils restent minoritaires.
Autre déception, le relevé à distance n'a pas supprimé les litiges de facturation, il en a déplacé la nature. Les erreurs portent moins sur l'index que sur le contrat, la date de mise en service ou la puissance appliquée. Gardez une photo de l'affichage du compteur le jour d'un emménagement ou d'un changement de fournisseur : c'est la seule preuve dont vous disposerez si le premier relevé part de travers.
Reste donc une conclusion assez plate, et c'est probablement la plus honnête : le compteur en lui-même ne fait ni bien ni mal. Il fournit une mesure fine et une commande à distance. Ce qui décide de votre facture, c'est la puissance que vous souscrivez, l'offre que vous signez et l'heure à laquelle vous lancez le ballon d'eau chaude.
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