Loire-Atlantique : Des jeunes organisent une collecte de Noël solidaire pour venir en aide aux chiens et chats abandonnés
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Une collecte pour un refuge, ça se rate facilement. On remplit une boîte de peluches et de croquettes entamées, on repart content, et le refuge passe deux journées à trier avant de jeter la moitié. Les jeunes du Point Jeunes de Pornichet en sont à leur quatrième édition en décembre 2024, au profit de la SPA de Saint-Père-en-Retz, et cette expérience se voit dans la liste de ce qu'ils demandent. Voilà ce qu'il faut mettre dans la boîte, et ce qu'il vaut mieux garder chez soi.
Ce qui sert vraiment dans un refuge
La couverture arrive en tête. Un box de refuge est bétonné, lavé au jet tous les jours, et les couvertures partent en machine à chaque nettoyage. Un refuge en consomme donc un volume que personne n'imagine, et il accepte volontiers du textile usé du moment qu'il passe en machine à 60 degrés. Les vieilles serviettes de bain sont même mieux que des plaids neufs : elles sèchent plus vite.
La litière ensuite, en sacs fermés. C'est un poste de dépense permanent, lourd à porter et peu glamour, donc peu donné. Un sac de litière pèse plus lourd dans le budget d'un refuge qu'une dizaine de jouets.
Les croquettes et les pâtées comptent, à une condition : emballage d'origine, non ouvert, date de péremption lisible et pas trop proche. Un refuge ne peut rien faire d'un sac entamé, il ignore ce qu'il contient et il ne prendra pas le risque sur des animaux souvent fragiles à l'arrivée. Les gammes vétérinaires, chatons et seniors sont particulièrement recherchées.
Le matériel de soin, le don qu'on oublie
Les refuges manquent surtout de consommables : gants jetables, compresses, sérum physiologique, produit désinfectant, sopalin, sacs poubelle de grande contenance, produit vaisselle. Ce sont des lignes de dépense invisibles, qui ne figurent jamais sur les affiches de collecte parce qu'elles ne racontent pas une jolie histoire de Noël.
Même remarque pour les caisses de transport, les laisses en nylon, les harnais et les gamelles en inox. L'inox se désinfecte, le plastique se raye et garde les odeurs. Un refuge remplace ses gamelles en permanence.
Pourquoi décembre, alors que les abandons ont lieu en été
Le pic d'abandons en France se situe pendant les vacances d'été, pas à Noël. On pourrait en conclure qu'une collecte de décembre tombe à côté. Ce serait mal comprendre le fonctionnement d'un refuge : les animaux entrés en juillet et non adoptés sont toujours là en décembre, et l'hiver est la période où le refuge chauffe, soigne les affections respiratoires et consomme le plus de litière et de couvertures. Décembre est le moment où les stocks sont bas et où les gens sont disposés à donner. Le calendrier est le bon.
Il existe une contrepartie que les associations connaissent bien : la fin d'année amène aussi des adoptions impulsives, des chiots et chatons offerts en cadeau, dont une partie revient au refuge quelques mois plus tard. La plupart des SPA suspendent d'ailleurs leurs adoptions autour des fêtes pour cette raison.
Ce que ça apprend aux jeunes qui l'organisent
Quatre éditions de suite, ce n'est plus une animation ponctuelle. Les jeunes du Point Jeunes démarchent les commerçants, négocient l'emplacement des boîtes, gèrent la communication, trient et transportent. C'est de la logistique associative, avec ses vraies difficultés : des boîtes oubliées dans un coin de magasin, des dons inutilisables, un transport à organiser jusqu'à Saint-Père-en-Retz, à une quarantaine de kilomètres de Pornichet par la route.
Le tri final est le moment le plus formateur. Ouvrir les boîtes, écarter ce qui ne passera pas, comprendre qu'un geste généreux mal calibré crée du travail à l'autre bout de la chaîne. Beaucoup d'adultes ne l'ont jamais fait.
Un dernier mot sur la suite. Une collecte de Noël remplit une réserve, elle ne règle pas le problème de fond, qui est le nombre d'animaux qui entrent au refuge chaque année sans en ressortir vite. Les leviers qui pèsent sont moins visibles : la stérilisation des chats libres, l'identification obligatoire, et le fait de réfléchir douze ans à l'avance avant de prendre un chien. Les jeunes de Pornichet le savent, ils le répètent aux commerçants qui les accueillent. Ça ne fait pas une belle affiche, mais c'est ce qui vide les box.
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