Panneaux solaires : peuvent-ils vraiment fonctionner même par mauvais temps ?

Sommaire6 sections
  1. 01Diffus contre direct, la distinction qui explique tout
  2. 02Le froid n'est pas l'ennemi
  3. 03Le calendrier annuel, en clair
  4. 04La neige, un non-sujet ici
  5. 05Ce que fait votre onduleur quand la lumière baisse
  6. 06Alors, mauvais temps ou pas ?

Oui, ils fonctionnent. La question mérite mieux qu'un oui, parce que la réponse utile est un chiffre : sous un ciel bien bouché, une installation photovoltaïque produit en général entre 10 et 25 % de ce qu'elle donnerait au même moment sous un ciel clair. De quoi faire tourner un réfrigérateur, pas de quoi lancer un four. Surtout, c'est la mauvaise échelle de temps pour décider quoi que ce soit. Ce qui compte quand on installe des panneaux sur la Côte d'Amour, c'est la répartition de la production sur douze mois, pas la météo de mardi. Cet article se place donc à l'échelle de l'année.

Diffus contre direct, la distinction qui explique tout

Une cellule photovoltaïque réagit à la lumière, pas à la chaleur. Cette lumière lui arrive par deux chemins. Le rayonnement direct, celui du disque solaire, qui projette une ombre nette. Et le rayonnement diffus, celui que le ciel entier renvoie après diffusion dans l'atmosphère et les nuages, qui ne projette rien du tout.

Sous un ciel voilé, le direct s'effondre mais le diffus reste. C'est pour ça qu'on attrape encore des coups de soleil un jour blanc de juillet, et c'est exactement le même mécanisme qui fait tourner votre onduleur alors qu'on ne voit pas le soleil. En France de l'Ouest, où le ciel est laiteux une bonne partie de l'année, la part diffuse représente une fraction importante du gisement annuel. Une installation nazairienne ne vit pas de journées éclatantes, elle vit surtout de lumière grise.

Le froid n'est pas l'ennemi

On croit souvent l'inverse. Un panneau silicium perd de la puissance quand sa température monte, de l'ordre de 0,3 à 0,4 % par degré au-dessus de 25 °C. En pleine canicule, la surface d'un module posé en toiture dépasse largement 60 °C, et l'installation rend nettement moins que sa puissance nominale.

À l'inverse, une belle journée de février, air froid et ciel dégagé, donne un rendement instantané très bon. La production totale reste faible parce que le soleil est bas et la journée courte, mais le matériel, lui, travaille dans ses meilleures conditions. Le climat océanique doux et venteux du littoral atlantique convient bien au photovoltaïque pour cette raison : les modules y sont rarement surchauffés.

Le calendrier annuel, en clair

Voilà ce à quoi ressemble une année sur cette côte. Novembre, décembre et janvier sont trois mois maigres : jours courts, soleil bas, ciel souvent fermé, à peine quelques pour cent de la production annuelle chacun. Février et mars remontent vite. Avril à août portent le gros du volume. Septembre et octobre restent bons, souvent meilleurs qu'on ne l'imagine, avec des ciels lavés après les orages de fin d'été.

Ce profil a une conséquence directe : la production est au plus bas au moment précis où le chauffage tourne au maximum. Si votre projet consiste à couvrir votre consommation d'hiver avec du solaire, le calcul ne tient pas, et aucun installateur honnête ne vous dira le contraire. Le photovoltaïque couvre bien l'eau chaude, la cuisson, le lave-linge, la climatisation, la piscine, la recharge d'un véhicule en journée. Il ne couvre pas un mois de janvier.

La neige, un non-sujet ici

Les articles génériques consacrent toujours un paragraphe à la neige, avec l'histoire de l'albédo qui augmenterait la production. Sur la presqu'île guérandaise, la neige tient au sol deux ou trois jours par décennie. Le sujet ne se pose pas.

Ce qui se pose, en revanche, c'est le sel et le vent. Les rafales d'ouest chargées d'embruns attaquent les fixations, les vis et les cadres. Sur une toiture à moins de cinq cents mètres du rivage, exigez de la visserie inox A4 et des profilés d'accroche adaptés au bord de mer. La différence de prix est marginale sur le devis, la différence à quinze ans ne l'est pas du tout.

Ce que fait votre onduleur quand la lumière baisse

Un onduleur a un seuil de démarrage. En dessous d'un certain niveau d'éclairement, la tension délivrée par les modules ne suffit plus et l'appareil reste éteint. À l'aube, au crépuscule, ou sous une averse d'orage très noire, la production tombe donc réellement à zéro, pas à une petite valeur.

Entre les deux, l'électronique cherche en permanence le point de puissance maximale de la chaîne. C'est ce qui explique qu'une installation puisse suivre les trous de nuages avec une courbe en dents de scie : quinze minutes à 3 kW, cinq minutes à 400 W, retour à 3 kW. Si vous suivez votre production sur une application, ce hachage est normal et ne signale aucune panne.

Alors, mauvais temps ou pas ?

La météo d'une journée n'est pas un critère de décision. Un ciel gris fait perdre 75 à 90 % de la puissance de l'instant, et vous n'y pouvez rien. Ce sur quoi vous avez la main, c'est l'orientation, l'inclinaison, l'absence d'ombre portée par une cheminée ou un pin maritime voisin, la qualité de la pose, et surtout votre capacité à consommer l'électricité au moment où elle est produite.

Une installation orientée sud, inclinée autour de 30 degrés, sans ombrage, sur une maison occupée en journée, tient ses promesses ici. La même installation à l'ombre d'un arbre trois heures par jour en perdra bien davantage que tous les nuages de l'hiver réunis. C'est une réponse moins spectaculaire que le titre, mais elle est plus utile au moment de signer.

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