Pornichet : Avancées dans la création du nouveau port de plaisance

Sommaire5 sections
  1. 018 000 m², c'est quoi au juste
  2. 02La cale de mise à l'eau, l'équipement qui manque le plus
  3. 03Commerces et restaurants : la partie qui fait débat
  4. 04D'où vient l'argent
  5. 05Le seul vrai risque du dossier

On parle de « nouveau port de plaisance » à Pornichet, et l'expression prête à confusion. Il n'y aura pas de nouveau bassin, pas de digue supplémentaire, pas de plan d'eau créé de toutes pièces. Ce que la Ville a présenté fin 2024, c'est un programme d'environ 40 millions d'euros dont la pièce la plus lourde est un terre-plein élargi de 8 000 m², avec ce qui va dessus : une cale de mise à l'eau, du stationnement, et un espace destiné à des commerces et des restaurants. Le gros du projet se joue à terre.

8 000 m², c'est quoi au juste

Un peu plus qu'un terrain de football. Posé au bord d'un bassin, cet espace sert à trois choses simples : poser des bateaux à sec, faire manœuvrer des engins de levage, et garer les véhicules de ceux qui viennent naviguer. Rien de spectaculaire sur une image de synthèse, mais c'est la surface qui décide de tout le reste dans un port de plaisance.

Un terre-plein portuaire coûte cher parce qu'il ne se construit pas comme un parking. Il faut un soutènement capable de tenir la poussée des terres et les charges de manutention, un revêtement qui supporte une grue mobile, et une collecte des eaux de ruissellement qui ne renvoie pas les résidus d'antifouling dans le bassin. La facture au mètre carré n'a rien à voir avec celle d'une voirie ordinaire.

La cale de mise à l'eau, l'équipement qui manque le plus

C'est l'élément le plus concret du programme pour un pratiquant. Une cale trop courte, mal orientée ou saturée le samedi matin de juillet, et toute une catégorie d'usagers se rabat sur les communes voisines. Sur la Côte d'Amour, la mise à l'eau reste le goulot d'étranglement de la plaisance légère : semi-rigides, dériveurs, bateaux de pêche-promenade sur remorque.

Une cale neuve suppose une pente régulière, un tirant d'eau utilisable sur une large plage de marée et, juste derrière, de quoi dételer sans bloquer la file. D'où les places de stationnement pour remorques inscrites au programme : sans elles, une cale se transforme en bouchon.

Commerces et restaurants : la partie qui fait débat

Le programme prévoit un espace pour des commerces et de la restauration en bord de bassin. La logique économique est claire : ces surfaces produisent des loyers, et ces loyers aident à amortir un investissement de 40 millions d'euros que les seules redevances d'anneaux ne suffiraient pas à couvrir.

La logique urbaine est plus discutable. Un front de port commercial attire une clientèle qui ne navigue pas, donc du stationnement, donc du trafic sur des accès déjà chargés en août. À Pornichet, où la pression estivale sur le front de mer est connue de tous les riverains, ce point mériterait un chiffrage public des flux attendus. Il n'y en a pas eu.

D'où vient l'argent

40 millions d'euros pour une commune de cette taille ne sortent pas du budget de fonctionnement. Le montage passe par la société d'économie mixte créée pour exploiter les ports : elle porte l'emprunt et le rembourse sur les quarante ans de la délégation, avec les recettes d'exploitation (anneaux, places à terre, loyers commerciaux).

Mécaniquement, une partie de la facture atterrira sur les redevances des plaisanciers. C'est le fonctionnement normal d'un port de plaisance, et il vaut mieux le dire clairement que laisser croire à une rénovation gratuite. La discussion utile porte sur le rythme de la hausse et sur son plafond, deux points qui se règlent dans le contrat, pas dans les réunions publiques.

Le seul vrai risque du dossier

Un projet portuaire dérape rarement sur la technique. Il dérape sur les sédiments, sur les avis d'instruction et sur les recours. Élargir un terre-plein revient à gagner de la surface sur le domaine public maritime, et ce genre d'opération se justifie ligne à ligne devant les services de l'État. Un an de retard sur cette phase est courant. Deux, ça arrive.

À l'échelle d'une ville de 10 000 habitants qui triple en été, la question posée par ce projet est finalement simple : combien de plaisance Pornichet veut-elle accueillir, et à quel prix pour ceux qui vivent autour du bassin toute l'année ? Le programme des 40 millions d'euros y répond en partie. Le reste se décidera dans les deux ans qui viennent.

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