Pornichet : des pavés du boulevard de la République en mauvaise condition

Sommaire4 sections
  1. 01Là où ça lâche, et seulement là
  2. 02Ce que ça change pour ceux qui y passent tous les jours
  3. 03La question de la garantie, que personne ne pose
  4. 04Ce qu'on peut attendre de la reprise

Le boulevard de la République a rouvert en totalité en mai 2022. Deux ans plus tard, les dégradations ne sont pas réparties au hasard sur les 700 mètres réaménagés : elles se concentrent sur les bandes pavées des traversées piétonnes. Le reste de la voirie tient. Cette localisation dit quelque chose de précis sur le chantier, et elle oriente la question qu'il faut poser à la Ville : qui paie la reprise, et sur quelle garantie ?

Là où ça lâche, et seulement là

Sur le boulevard, les pavés ne jouent pas le même rôle partout : revêtement de confort sur les zones de stationnement, marqueur visuel sur les traversées, pour signaler au conducteur qu'il entre dans un espace partagé. Ce sont ces bandes de traversée qui bougent. Un pavé se descelle, ses voisins perdent leur appui, et le joint s'ouvre de proche en proche. La bande n'est vite plus plane.

La mécanique est connue de n'importe quel technicien de voirie. Un véhicule qui roule droit exerce une pression verticale que le pavage encaisse sans difficulté. Un véhicule qui freine, qui braque ou qui redémarre exerce un effort horizontal, et c'est cet effort qui fait ripper les éléments les uns contre les autres. Une traversée piétonne est exactement l'endroit où l'on freine et où l'on tourne. Si les pavés y sont posés sur un lit de sable plutôt que scellés au mortier sur dalle béton, la ruine est programmée, pas accidentelle.

Ce que ça change pour ceux qui y passent tous les jours

Un pavé qui remonte de deux centimètres, ce n'est pas une gêne esthétique. C'est un piège pour une roue avant de poussette, pour une canne, pour une roulette de fauteuil. Sur le boulevard, la traversée qui mène vers la place du Marché est empruntée par des gens qui viennent faire leurs courses, souvent chargés, souvent âgés. Un ressaut irrégulier suffit à leur faire choisir un autre trajet.

Les commerçants du secteur ne parlent pas d'autre chose. Ils ont accepté des mois de travaux, la poussière et le stationnement supprimé, avec la promesse d'un centre-ville plus agréable au bout. Deux ans après, ils voient réapparaître des cônes de chantier sur des ouvrages neufs. La confiance dans le prochain aménagement se joue là, plus que dans n'importe quelle réunion publique.

La question de la garantie, que personne ne pose

Sur ce point, le calcul ne tient pas. Un revêtement neuf qui se désorganise en vingt-quatre mois n'a pas vieilli : il a mal été conçu ou mal été mis en œuvre. La commande publique prévoit ce cas. La garantie de parfait achèvement couvre l'année qui suit la réception des travaux, et la garantie décennale couvre bien plus longtemps les désordres qui rendent l'ouvrage impropre à son usage. Une traversée piétonne bosselée que les personnes en fauteuil évitent entre, en toute logique, dans cette seconde catégorie.

La différence est loin d'être théorique pour le contribuable pornichétin. Soit la Ville engage la responsabilité de l'entreprise et fait reprendre les bandes à ses frais, soit elle inscrit la réfection à son budget voirie et paie deux fois le même ouvrage. Aucun document public ne dit, pour l'instant, laquelle des deux voies a été choisie.

Ce qu'on peut attendre de la reprise

Techniquement, réparer n'a rien de compliqué : on dépose la bande, on coule une dalle béton, on rescelle les pavés au mortier, on laisse prendre. Le chantier se compte en jours par traversée, pas en mois. Ce qui prend du temps, c'est la décision, l'étude et le calage avec la saison, parce que personne ne veut rouvrir le boulevard de la République en juillet.

Une commune voisine a fait la même expérience à ses dépens. À Saint-Nazaire, lors du réaménagement du centre-ville, les commerçants avaient prévenu qu'un simple retard de calendrier suffisait à leur coûter une saison. À Pornichet, la deuxième intervention sur un ouvrage déjà livré tombera forcément sur des commerces qui ont déjà donné.

Pour suivre le dossier, l'historique du chantier est détaillé sur le site des grands projets de la commune, à la page Réouverture complète du boulevard de la République. La presse locale a couvert la réouverture de mai 2022 dans ces articles liés. Sur les effets d'un chantier de centre-ville pour les commerces, le témoignage recueilli par Saint Nazaire News vaut avertissement pour la suite.

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