Pornichet : l'arrivée de nouvelles boîtes à livres pour le plaisir des lecteurs

découvrez à pornichet l'arrivée de nouvelles boîtes à livres, un véritable plaisir pour les lecteurs ! partagez et échangez vos coups de cœur littéraires dans ces espaces conviviaux. plongez dans l'univers des livres tout en favorisant la culture et la convivialité.
Sommaire4 sections
  1. 01Trois adresses, trois publics différents
  2. 02Le vrai travail commence après l'installation
  3. 03La médiathèque n'est pas hors jeu
  4. 04Ce qu'on peut y déposer, concrètement

Une boîte à livres se juge à deux choses, et aucune des deux n'est le nombre de boîtes : l'endroit où on la pose, et la personne qui vient la vider. Pornichet a installé les siennes en décembre 2024, au square Hervo, à l'entrée du bois des Évens et à l'espace vert Congrigoux, à Sainte-Marguerite. Un quatrième module était annoncé pour le kiosque des Libraires avant l'été. Regardons ces adresses de près, parce qu'elles racontent mieux le dispositif que n'importe quelle déclaration d'intention sur le partage de la lecture.

Boîte à livres en bois installée sur un espace vert, quelques ouvrages rangés à l'intérieur

Le principe tient en une phrase : on dépose un livre dont on n'a plus l'usage, on en prend un autre, sans carte, sans horaire, sans inscription. Aucune contrepartie n'est exigée, personne ne vérifie que le compte est équilibré. C'est ce qui fait la force du système et, en même temps, sa fragilité.

Trois adresses, trois publics différents

Le square Hervo, c'est le passage. On y va avec des enfants, on s'y assoit, et surtout on passe devant sans l'avoir prévu. Les boîtes qui marchent le mieux sont presque toujours celles-là : celles qu'on croise, pas celles qu'on va chercher.

L'entrée du bois des Évens joue un autre rôle. C'est un point de départ de promenade, avec un flux régulier de marcheurs et de coureurs, plutôt en fin de journée et le week-end. La boîte y attrape un public qui ne pousserait pas la porte de la médiathèque, mais qui prend volontiers un policier de poche avant de s'installer sur un banc.

L'espace vert Congrigoux, à Sainte-Marguerite, relève d'une logique de desserte. Le quartier est à l'est de la commune, à bonne distance du centre, et son équipement culturel le plus proche demande une voiture ou un bus. Poser une boîte là, c'est reconnaître qu'une partie de la commune vit à l'écart des services du bourg. C'est peu de chose, quelques dizaines de volumes, mais c'est le genre de détail qui fait qu'un habitant a le sentiment d'exister sur la carte de sa ville.

Le vrai travail commence après l'installation

Là où je serais moins enthousiaste que le communiqué, c'est sur la suite. Une boîte à livres qui n'est pas suivie devient en quelques mois un point de dépôt d'encombrants : encyclopédies des années 70, notices d'électroménager, revues jaunies, livres gondolés par l'humidité. Rien de dramatique, mais un lecteur qui ouvre deux fois la porte sur ce genre de contenu ne revient pas.

Les communes qui s'en sortent le mieux ont toutes la même recette, et elle n'a rien de spectaculaire : quelqu'un passe régulièrement, retire ce qui est abîmé, remet en circulation ce qui a du sens, et remplit un peu quand la boîte est vide. Ce quelqu'un est parfois un agent, souvent un habitant qui a pris la boîte de son quartier sous son aile. Le désherbage n'est pas un détail d'intendance : c'est ce qui distingue une bibliothèque de rue d'un placard à donner.

Il y a aussi la question de la météo, qu'on oublie systématiquement en bord de mer. Entre les embruns, l'humidité de novembre et les averses de biais, une boîte mal orientée ruine son contenu en un hiver. Une porte qui ferme vraiment, un fond légèrement surélevé et un toit débordant valent mieux qu'un joli habillage. Les modules posés à Pornichet sont abrités, ce qui est déjà ça.

La médiathèque n'est pas hors jeu

Les boîtes ne remplacent pas la médiathèque de Pornichet, et le raccourci qui consisterait à voir dans ces modules une lecture à petit budget pour ceux qui n'ont pas la carte serait faux. Les deux fonctionnent sur des usages différents. La médiathèque prête des nouveautés, des DVD, des revues, et propose son catalogue depuis un téléphone avec l'application BibEnPoche. La boîte à livres, elle, ne promet rien : on tombe sur ce qui s'y trouve.

Côté jeunesse, la médiathèque a lancé le prix « Je lis, je like », avec quatre titres retenus par un comité de jeunes lecteurs qui votent ensuite. Ce genre de dispositif fait ce que la boîte à livres ne sait pas faire : mettre un adolescent devant un livre qu'il n'aurait pas choisi seul, et lui donner une raison d'en parler.

Ce qu'on peut y déposer, concrètement

Des romans, des polars, des albums jeunesse, de la BD, des essais lisibles. Ce qui circule mal : les manuels scolaires périmés, les guides de voyage de plus de cinq ans, les encyclopédies en volumes, les livres tachés ou sans couverture. Un livre déposé doit pouvoir être lu par quelqu'un d'autre sans effort. C'est à peu près la seule règle, et elle suffit à faire tourner une boîte pendant des années.

Reste à voir ce que donneront ces quatre modules dans un an. Les boîtes à livres coûtent peu et se photographient bien, ce qui explique qu'on en pose partout. Celles de Pornichet ont au moins le mérite d'avoir été réparties, plutôt que groupées dans le centre, ce qui n'était pas gagné d'avance.

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