Pornichet : Le lancement des travaux sur l'avenue du Baulois prévu pour le 22 janvier
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Le 22 janvier 2025, les engins se sont installés avenue du Baulois, à Pornichet. Une date de démarrage ne dit pourtant pas grand-chose d'un chantier de voirie. Ce qui compte, c'est ce qu'on va mettre sous le bitume et ce qu'on va dessiner dessus : la largeur laissée à la voiture, celle rendue au vélo et au piéton, et l'état des réseaux enterrés qu'on ne rouvrira pas avant vingt ans. Une avenue refaite, c'est une décision qui engage une génération d'habitants.
Sous la chaussée avant le revêtement
Sur ce type d'avenue, l'essentiel des semaines de travail se passe sous le niveau du sol. Collecteurs d'eaux pluviales, conduites d'eau potable, fourreaux électriques et télécoms, parfois du gaz : ces réseaux ont souvent l'âge de la voirie qui les recouvre. Les rouvrir coûte cher, et personne n'a envie de recasser un enrobé neuf deux ans plus tard pour une fuite.
Cette partie invisible du chantier explique le décalage que ressentent les riverains. Pendant des semaines, le passant voit une tranchée, des cônes et peu de progression apparente. Puis tout se referme en quelques jours, les bordures arrivent, l'enrobé est posé, et le chantier semble s'être fait tout seul à la fin. Le calendrier suit cette logique, pas celle de l'observateur.
La piste cyclable bidirectionnelle, un choix qui se discute
Le projet prévoit une piste cyclable à double sens sur un seul côté de l'avenue. C'est un aménagement fréquent, moins coûteux qu'une bande dans chaque sens, et plus confortable en section courante. Il a un défaut connu des aménageurs : les carrefours. Un cycliste qui arrive à contresens du trafic n'est pas regardé par l'automobiliste qui tourne, et c'est là que se concentrent les accidents sur ce type d'itinéraire.
Le point à surveiller, une fois le chantier terminé, sera donc le traitement des entrées charretières et des intersections : ilots, marquages colorés, décalage des lignes d'arrêt. Une piste bien faite en ligne droite et mal faite aux croisements protège moins bien qu'elle ne le laisse croire. Sur ce point précis, le jugement viendra à l'usage, pas sur plan.
Les commerçants, ceux qui paient la note pendant le chantier
Un commerce de proximité vit de passages courts et répétés. Une tranchée devant la vitrine, un trottoir provisoire en tôle, l'impossibilité de se garer trente secondes : ça suffit à faire perdre un tiers du chiffre d'affaires à une boulangerie ou à un salon de coiffure. Sur la Côte d'Amour, où la trésorerie hivernale est déjà tendue, deux mois de gêne pèsent lourd.
Le droit prévoit une indemnisation des commerçants riverains en cas de préjudice anormal lié à des travaux publics, mais la démarche est longue et suppose de prouver la perte avec ses bilans. Les collectivités qui anticipent le sujet font autre chose : signalétique « commerces ouverts pendant les travaux » visible depuis la voie circulée, maintien d'un accès piéton propre et un interlocuteur unique au bout du fil quand un livreur ne peut plus accéder. Ces mesures coûtent peu et elles évitent des fermetures.
Arbres, mobilier et vitesse réelle
Le réaménagement comprend des plantations et du mobilier urbain. Ces éléments jouent sur la vitesse autant que sur l'allure de l'avenue : un alignement d'arbres resserre visuellement la chaussée, et un conducteur ralentit quand son champ de vision se réduit. C'est plus efficace qu'un panneau de limitation, et durablement.
Reste la question des essences retenues. Sur le littoral, les embruns et le vent d'ouest éliminent beaucoup d'arbres d'ornement classiques, et une plantation mal choisie se solde par des remplacements au bout de trois ou quatre étés. Les tamaris, les chênes verts et les pins tiennent, d'autres non. C'est un détail au moment des travaux, ça devient visible dix ans plus tard.
Ce que les réunions publiques peuvent encore changer
La commune a prévu d'informer les habitants pendant l'avancement du chantier. Autant le dire franchement : à ce stade, le tracé et les largeurs sont figés, les marchés sont signés, et une réunion d'information n'est plus une concertation. Ce qui reste négociable est concret et vaut le déplacement : l'emplacement exact d'un passage piéton, la position d'un arrêt de bus, le nombre de places de stationnement minute devant un commerce, le sens d'une entrée charretière. Ce sont des détails de plan, ils se discutent encore, et ce sont ceux qui pèsent au quotidien une fois le chantier oublié.
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