Pornichet : Les P’tites Ficelles accueillent de nouveaux bénévoles pour leur belle aventure
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Être bénévole aux P'tites Ficelles, ce n'est pas garder des enfants. C'est la première chose que l'association rappelle aux candidats, et c'est celle qui surprend le plus. Dans un lieu d'accueil enfants-parents, l'adulte accueillant ne surveille pas, ne conseille pas, ne prend pas le bébé des bras de sa mère. Il ouvre la porte, sert un café, s'assoit, et écoute. L'appel lancé début 2025 par l'association de Pornichet cherche exactement ce profil, et il vaut la peine de dire clairement ce qu'il demande avant de dire ce qu'il apporte.
Un lieu d'accueil, pas une halte-garderie
Les P'tites Ficelles fonctionnent au Pôle Petite Enfance, avenue de la Virée Loya, à Pornichet. Le principe est simple et souvent mal compris : un parent vient avec son enfant, reste avec lui, et repart quand il veut. Pas d'inscription, pas de dossier, pas de liste d'attente. L'enfant joue, le parent souffle, parfois parle, parfois pas du tout.
Ce modèle existe depuis les années 1970, sur une idée portée à l'origine par la pédiatre Françoise Dolto avec la Maison verte à Paris. Il s'est diffusé partout en France sous le nom de lieu d'accueil enfants-parents, avec un soutien des caisses d'allocations familiales. Les règles sont restées les mêmes : anonymat possible, gratuité ou participation symbolique, et présence obligatoire du parent.
Le vrai travail : se taire
Une mère raconte qu'elle n'a pas dormi depuis quatre nuits. La tentation naturelle, c'est de répondre. De donner le truc qui a marché pour son propre enfant, de rassurer, de renvoyer vers un professionnel. Dans un lieu d'accueil, ce réflexe est justement celui qu'on apprend à retenir.
La posture d'accueillant tient en une phrase : accueillir la parole sans la juger et sans la traiter. Ni diagnostic, ni conseil, ni jugement sur ce qui se passe entre le parent et son enfant. C'est plus difficile qu'il n'y paraît, et c'est pour cette raison que les nouveaux bénévoles commencent en binôme avec un accueillant plus ancien, avant d'assurer une matinée seuls.
La confidentialité, une règle sans exception
Dans une commune de treize mille habitants environ, on connaît ses voisins. C'est un atout pour faire vivre une association, et une contrainte forte pour ce genre de lieu. Ce qui se dit pendant une matinée ne sort pas de la pièce, y compris quand la personne concernée est la mère de l'élève de la classe de votre fille.
Les accueillants s'engagent aussi à ne pas rapporter à l'extérieur, même en bien, ce qu'ils ont entendu. Une famille qui pousse cette porte doit pouvoir compter là-dessus, sinon elle ne revient pas.
Pourquoi l'association a besoin de renfort
Un accueil se tient toujours à deux adultes au minimum. C'est ce chiffre qui explique la fragilité du modèle : il suffit qu'un accueillant soit malade et qu'un autre parte en vacances pour qu'une matinée saute. Sur une équipe réduite, une seule défection annule un créneau, et les familles arrivent devant une porte fermée.
Élargir l'équipe, c'est d'abord faire en sorte que les matinées annoncées aient bien lieu. C'est ensuite la seule façon d'envisager un créneau supplémentaire, question régulièrement posée par des parents qui travaillent en horaires décalés, nombreux dans un bassin d'emploi marqué par les chantiers navals et l'aéronautique de Saint-Nazaire.
À qui ça s'adresse vraiment
Les profils qui tiennent dans la durée sont plus variés qu'on ne l'imagine. Des retraités du soin ou de l'enseignement, évidemment, mais aussi des grands-parents sans famille sur place, des jeunes retraités qui cherchent un rythme, des parents dont les enfants sont entrés au collège et qui se souviennent très bien de ce que représente une journée de pluie avec un enfant de deux ans.
Le point commun n'est pas le diplôme. C'est la capacité à passer trois heures dans une pièce avec des cris, des jouets par terre et des conversations qui s'arrêtent au milieu d'une phrase, sans avoir besoin que la matinée serve à quelque chose de mesurable. Pour se renseigner, le plus simple reste de passer au Pôle Petite Enfance un matin d'ouverture et de poser la question sur place.
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