Pornichet organise une semaine de sensibilisation à la surconsommation d'écrans pour aider les familles

découvrez la semaine de sensibilisation à la surconsommation d'écrans à pornichet ! un événement dédié aux familles pour promouvoir une utilisation équilibrée des technologies. participez à des ateliers, des conférences et des échanges pour mieux comprendre les enjeux liés à l'écran.
Sommaire4 sections
  1. 01Du 24 mars au 20 mai 2025, un programme étalé
  2. 02Ce que les intervenants avaient à dire
  3. 03Les repères existants, et leurs limites
  4. 04Ce qu'une commune peut faire, et ce qu'elle ne peut pas

Le mot « semaine » est trompeur. L'opération lancée par Pornichet le 24 mars 2025 sous le nom « Levons les yeux » s'étalait jusqu'au 20 mai, soit près de deux mois de rendez-vous étalés dans le calendrier. Ce détail n'est pas une coquille de communication, il dit quelque chose du sujet : on ne change pas les habitudes d'écran d'une famille en cinq jours de stands et de conférences. Ce qui suit tente de trier ce qu'une opération municipale de ce type peut réellement produire, et ce qu'elle ne produira pas.

Un enfant et un adulte face à une tablette, dans un salon en fin de journée

Du 24 mars au 20 mai 2025, un programme étalé

La commune a réuni sur cette période des rencontres, des ateliers et des conférences, ouverts aux enfants comme aux parents, et aussi aux grands-parents, qui gardent souvent les petits le mercredi et se retrouvent en première ligne sur la question de la tablette. Le fil conducteur était l'usage des téléphones, des tablettes et des ordinateurs à la maison, et la manière d'en parler en famille sans que la discussion tourne au conflit à chaque repas.

L'étalement sur deux mois est le bon choix. Une famille qui assiste à une conférence un mardi soir repart avec des intentions ; elle a besoin de revenir trois semaines plus tard, quand les intentions se sont heurtées à la réalité d'un samedi pluvieux. Un dispositif qui laisse le temps de ce retour est plus utile qu'un temps fort concentré sur cinq jours.

Ce que les intervenants avaient à dire

Une conférence-débat animée par des professionnels de la parentalité et de la santé mentale figurait parmi les temps forts. Les points abordés reviennent toujours dans le même ordre : le sommeil, d'abord, parce que c'est là que les effets se voient le plus vite chez un enfant ; la concentration ensuite ; enfin l'équilibre émotionnel, sujet plus difficile à objectiver mais que les parents décrivent spontanément quand on les laisse parler.

Le format questions-réponses vaut souvent mieux que l'exposé. Les parents arrivent avec des situations concrètes : l'adolescent qui emporte son téléphone dans sa chambre, l'enfant de six ans qui pleure quand on éteint, le désaccord entre les deux parents sur ce qui est autorisé. Ces cas-là ne se règlent pas avec une statistique nationale, ils se règlent avec une règle de maison que les deux adultes tiennent ensemble.

Des jeux et des activités sans écran étaient également proposés pendant la période, principalement à destination des plus jeunes. L'intention est transparente : montrer qu'un après-midi peut se remplir autrement. Cela fonctionne surtout auprès des enfants de moins de dix ans, et c'est déjà une tranche d'âge qui compte, puisque c'est là que se prennent les habitudes que les parents tenteront de corriger cinq ans plus tard.

Les repères existants, et leurs limites

En France, la référence la plus connue reste la règle dite 3-6-9-12, formulée par le psychiatre Serge Tisseron : pas d'écran avant 3 ans, pas de console personnelle avant 6 ans, pas d'internet accompagné avant 9 ans, pas de réseaux sociaux avant 12 ans. Elle a le mérite d'être mémorisable et de donner un cap aux parents qui n'en ont aucun.

Elle a aussi ses limites, et autant les dire. Un enfant de dix ans dont toute la classe communique sur une messagerie se retrouve isolé si ses parents appliquent la règle à la lettre. La question n'est plus seulement le temps passé mais le contenu et le contexte : trente minutes d'appel vidéo avec une grand-mère et trente minutes de vidéos courtes en boucle n'ont pas le même effet, même si le compteur affiche la même durée.

La campagne nationale « Enfants et écrans » de 2024 poursuivait le même objectif de sensibilisation auprès des parents. Les fiches et les recommandations publiées à cette occasion par l'Arcom restent une base de départ correcte pour qui veut poser des règles chez lui sans partir d'une page blanche.

Ce qu'une commune peut faire, et ce qu'elle ne peut pas

Soyons clair sur le résultat attendu. Une opération municipale ne fera pas baisser le temps d'écran moyen des enfants de Pornichet, et personne ne dispose des données qui permettraient de le mesurer. Ce qu'elle peut faire est plus modeste et pas négligeable : donner à des parents un lieu où poser une question sans passer pour de mauvais parents, et leur montrer que le voisin galère avec les mêmes disputes du dimanche soir.

Le levier réel, dans une commune de bord de mer, se trouve peut-être ailleurs que dans les conférences. Un créneau de gymnase le samedi matin, un club de voile accessible, une bibliothèque ouverte le mercredi après-midi : ce sont des alternatives concrètes au temps passé devant un écran, et elles relèvent directement du budget municipal. Une semaine de sensibilisation qui ne s'accompagne d'aucune offre de ce type reste un discours.

Le programme détaillé des rendez-vous a été diffusé par la ville de Pornichet, et le suivi de ce type d'initiative locale se retrouve dans les pages Pornichet d'Ouest France. Pour les familles qui n'ont pas pu venir en 2025, le contenu tient de toute façon dans quelques décisions prises un soir, à table, entre adultes qui se mettent d'accord avant d'en parler aux enfants.

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