Pornichet : Un succès éclatant pour la formation aux premiers secours
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Le bus de la Protection civile stationné sur le parvis des Océanes, en février 2025, proposait une initiation, pas un diplôme. La distinction n'est pas de la pinaillerie administrative : entre les vingt minutes passées à appuyer sur un mannequin devant le centre commercial et les sept heures d'un PSC1, il y a un écart de contenu que personne n'a intérêt à masquer. L'opération a rempli son rôle, qui était d'attraper des gens qui ne seraient jamais allés s'inscrire. Reste à savoir ce qu'ils en font ensuite.
Ce qu'on apprend en vingt minutes sur un parvis
Le format court tient en trois choses. Reconnaître un arrêt cardiaque, c'est-à-dire une personne qui ne répond pas et ne respire pas normalement. Appeler le 15 ou le 112, ou faire appeler quelqu'un d'autre en le désignant du doigt. Puis comprimer le thorax, au milieu de la poitrine, bras tendus, à un rythme d'environ 100 à 120 compressions par minute et sur une profondeur de 5 à 6 centimètres.
C'est peu. C'est aussi ce qui sauve. Une réanimation cardio-pulmonaire lancée par un témoin, même imparfaite, avant l'arrivée des secours, multiplie les chances de survie de la victime. Le vrai obstacle n'a jamais été la technique : c'est la peur de mal faire et l'attente passive des pompiers. Vingt minutes de mannequin sur un parvis lèvent surtout ce blocage-là.
Le défibrillateur, la partie que tout le monde oublie
Pornichet compte plusieurs défibrillateurs automatisés externes en accès libre, sur les équipements publics, le front de mer et les bâtiments municipaux. La plupart des gens qui passent devant tous les jours seraient incapables de dire où se trouve le plus proche de chez eux. C'est probablement l'exercice le plus utile à faire ce soir, en dix minutes, sur le registre national des DAE ou simplement en marchant dans son quartier.
L'appareil parle. Il analyse le rythme cardiaque, décide seul s'il faut choquer, et refuse de délivrer un choc si ce n'est pas indiqué. On ne peut pas tuer quelqu'un avec un défibrillateur : c'est la crainte la plus répandue et elle est infondée. La seule vraie erreur est de perdre du temps à le chercher au lieu de commencer les compressions, ou d'arrêter le massage pendant que quelqu'un va le chercher.
L'initiation n'est pas le PSC1, et c'est important
Le PSC1, Prévention et secours civiques de niveau 1, dure environ sept heures et se termine par une attestation. Le programme couvre l'arrêt cardiaque et le défibrillateur, mais aussi l'étouffement, les hémorragies, le malaise, les brûlures, les traumatismes et la position latérale de sécurité. Chaque situation est travaillée en mise en scène, avec un formateur qui corrige les gestes un par un. Ce contenu ne rentre pas dans une démonstration de rue, et ceux qui l'ont suivi le savent.
Les organismes agréés du secteur de Saint-Nazaire, Protection civile, Croix-Rouge, sapeurs-pompiers via l'UDSP 44, proposent ces sessions autour de 60 euros pour un particulier. Des prises en charge existent : par l'employeur, par les collectivités pour les bénévoles associatifs, ou via des sessions gratuites ouvertes ponctuellement aux jeunes. Le site aide-sociale.fr recense les cas où la formation ne coûte rien.
Le vrai enjeu commence après le stand
Une commune de bord de mer a des besoins spécifiques. En juillet et en août, la population de Pornichet est multipliée par plusieurs, les plages se remplissent, et les délais d'intervention s'allongent mécaniquement dans les rues encombrées du front de mer. Le témoin présent sur place est celui qui agit dans les quatre premières minutes, et il n'y en a pas d'autre.
C'est aussi une population âgée une bonne partie de l'année, chez elle, souvent seule au moment du malaise. Le voisin de palier compte plus que la proximité du centre de secours. Une opération comme celle du parvis des Océanes a donc du sens, à condition d'être suivie d'un vrai passage en formation pour une fraction des personnes touchées.
Sur la fréquentation du stand, aucun chiffre précis n'a été communiqué, et un parvis animé ne dit pas grand-chose du nombre de gens repartis avec un geste en tête. Ce qui se mesurera, c'est le remplissage des prochaines sessions de formation. Si le bus a rempli deux ou trois stages de PSC1 sur l'année, il aura été utile bien au-delà de ce qu'on a vu ce jour-là.
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